‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 53 sur 306 · Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. III, p · texte numérisé non relu

Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. III, p

2. Lettre inédile au P. Verjus, 2 décembre 1697, phrase déj. citée, p. 92, note 1.

3. Id., 20 avril 1699. Fragment donné par Bcdemann, catalogue cité, p. 359.

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tait l'expansion catholique, puisqu'il encourageait avant tout les Jésuites ; mais il réclamait également des missions évangéliques \

S'étonnera-t-on d*un tel libéralisme ? Leibniz attendait avant tout, la fusion de deux mondes inconnus Tun à l'autre. Que toutes les activités soient pour cela en avant, aussi bien protestantes que catholiques! Si TEgUse protestante eût, à cette époque, organisé ses missions comme elle le fit plus tard, Leibniz eût sans doute modifié sa méthode ; mais au xvii^ siècle, les missionnaires jésuites dominaient tous les autres : s'attarderait-on à discuter leur excellence ?

Leibniz, d'ailleurs, s'indigne de la torpeur protestante. En 1697, il essaye d'insuffler à l'anghcan Burnett de Kemney l'idée d'une mission. C'était le moment où l'empereur do Chine venait d'autoriser dans son Empire le culte chrétien, et où Leibniz publiait à part, comme état de la question, quelquesunes de ses correspondances avec des missionnaires jésuites -. « Je souhaiterais », écrivait-il à Burnett, « de pouvoir animer les Protestants à prendre part à cette grande mission, afin

que le parti romain ne leur en enlève tout l'avantage Le

monarque de Chine cherche avec passion d'attirer les habiles gens d'Europe ; pourquoi donc n'en profitons-nous pas ^ ? » <( Il est incroyable », écrit-il à Ludolf le 2 octobre 1697,

1. Gerhardt, Leibnizens mathematische Schriften. 7 vol. in-S». Berlin- Halle, 1849-63. Cf. t. IV, p. 28. Lettre à Wallis.

2. Cf. Novissima sinica historiam nostri temporis illustratitra^ in quitus de Christianismo publica nunc prunum auclo^ntate propagato missa in Europam relatio exhibetur, deque favore scientiarum Europaeaium ac moribus gentis et ipsius prœsertim monarcfiœ tum et de bello Sinensium cum Moscis ac pace constitiifa multa kactenus ignola explicantur. Edente G.-G. Leibnitio. Anno MDGXGVII. — La préface est publiée par Dutens, éd. cit., t. IV, 1, pp. 78 et suiv. — Je cite le titre d'après Cordier : Blbliotheca Sinica, t. II, article Missions, pp. 392 sqq.

3. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. III, p. 204. Mai 1697.

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L EXPANSION VERS L ORIENT

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(( combien ce prince chinois affectionne les sciences et les arts de TEurope, et c'est ce qu'il chérit particulièrement dans les Jésuites, à qui notre néghgence abandonne un si grand champ '. » Cette même année 1697, il s'exprime plus nettement encore en des lettres à Morell : Dans la préface des Novissima Sinica, « j'insinue qu'il serait de la gloire de Dieu et de l'honneur des Protestants de prendre part à cette grande moisson ouverte dans le champ du Seigneur. Afin que la religion repurgée soit portée dans ce pays, aussi bien que les superstitions romaines ^.. Vous verrez, par ma préface, que mon dessein est d'enflammer nos gens à travailler à la propagation de la véritable piété chez les peuples éloignés \ » A toute accusation de dupUcité Leibniz a, d'avance, répondu par cette phrase admirable : « Le dessein de porter la lumière de Jésus-Christ dans les pays éloignés est si beau que je ny distingue point ce qui nous distingue*. » De quelque côté, d'ailleurs, que l'on place l'hérésie, Leibniz se fonde sur l'histoire pour montrer que la force d'expansion est inhérente au Christianisme lui-même et non à telle Église chrétienne privilégiée. « Qui ignore », écrit-il au P. Papebroch, « que les Goths et les Vandales et tant d'autres nations ont reçu le Christ des Ariens? » Et il ajoute : « Je prie Dieu de faire naître de plus en plus en nous la vraie charité ; ainsi une fois déposées les querelles de factions, nous ne chercherons pas

1. Lettre médite à H.-W. Ludolf, 2 octobre 1697. Cf. aussi Klopp, éd. cit., t. VIII, p. 105, lettre à G. Burnett, évêque de Salisbury (1698), lequel ne doit pas être confondu avec son parent Thomas Burnett de Kemney.

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