‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 65 sur 306 · Guerrier, éd. cit., p. 30. Lettre à Sparfenfeld · texte numérisé non relu

Guerrier, éd. cit., p. 30. Lettre à Sparfenfeld

3. Les Novissima Sinica. — Voir à ce sujet : chapitre ii, p. 99, note 2.

4. Cf. F. de Careil, éd. cit., t. VII, pp. 429-430 et surtout le mémoire de Leibniz pour Le Fort, pp. 430-38.

5. Ce point de vue s'oppose tout à fait à la théorie habituelle sur les rapports de Leibniz et de Pierre le Grand. Mais quand on examine les textes, on s'aperçoit que l'année 1697 est décisive, relativement à Tenthou-

PIERRE LE GRAND 1-3

Il fallait à Pierre le Grand des collaborateurs. Leibniz, en cherchant de toutes manières à jouer ici un rôle, n'obéissait pas seulement à son instinct; il était vraiment fidèle à l'esprit même de l'œuvre commençante. Il laissait le désir d'autant plus impérieusement s'accroître en lui que sans doute il sentait choir l'entreprise. Les guerres, qui au début semblaient passagères, se maintenaient dominatrices. Le choc de la Suède et de la Russie ne se pouvait achever que par la mort de l'une ou de l'autre; Par delà, on entrevoyait des comphcations orientales. Le Tsar n'allait-il pas nécessairement abandonner ses premiers desseins pacifiques ?

Leibniz ne recherche donc point seulement par fantaisie le rôle et le titre de conseiller. Volontiers on le représente déjà comme un homme du xviii^ siècle, qui par dilettantisme ou vanité se plaît à correspondre avec les souverains; mais n'est-il point plutôt travaillé par un incessant désir d'action multiforme et lointaine? Jusqu'à ce que le bien entrevu comme possible ait chance de se réaUser, il souffrira et espérera. Enfin il a trouvé l'intermédiaire attendu: Urbich, ministre du Tsar à Vienne : « J'ai souvent souhaité », lui écrit-il le 3 janvier 1708, « d'avoir quelque connaissance médiatement ou immédiatement avec ceux par lesquels le Gzar fait exécuter un si grand dessein; car je pourrais suggérer et trouver une infinité de choses pour cela; peut-être que le Gzar n'a plus maintenant de tel instrument en chef,,., depuis la mort du général Le Fort et du premier ministre Golowin \ » Leibniz désire donc une direction. Mais il prévoit les jugements du

siasmede Leibniz; et dès lors, on doit considérer comme J^n^ erreur absolue la thèse partout soutenue de l'influence détermmante de Toitava sur Leibniz. ,

1. Guerrier, éd. cit., p. 76. Lettre à Urbich, 3 janvier 1708. Non souligne par Leibniz.

l'expansion vers l'orient

monde, qui a coutume de railler ou de suspecter. « Je » ne f< voudrais avoir parlé » de tout cela « qu'à vous », ajoute-t-il, «la plupart des gens jugent... sans raison, et ne comprennent rien dans les intentions les plus louables, qu'ils interprètent mal selon leur propre humeur^ )). Le 2 septembre 1709, il parle sans réserve -. « L'honneur que j'ai », dit-il, « d'être des plus anciens membres de toutes les sociétés royales..., sans parler des découvertes des plus importantes qu'on reconnaît de moi, me donne lieu d'espérer la direction d'une si grande entreprise ; et je la préférerais à toute autre occupation \ » En de telles phrases se révèle la vraie nature de Leibniz. Généralement ses confidences sont voilées ; je ne sais quel détachement se mêle à l'expression de ses rêves. Mais tout d'un coup on découvre, au-dessous de la sérénité apparente, quelques mots décisifs, révélateurs d'un impérieux désir. Désormais Leibniz osera développer librement ses projets. Un mémoire est daté de décembre 1708 \ D'autres sont vraisemblablement contemporains des diverses conférences avec le Tsar. Leibniz, en effet, parlera avec le Tsar, trois fois. Pierre fut heureux du conseiller, puisque, lors de la seconde réunion, il voulut l'emmener avec lui jusqu'à Teplitz". Comment préciser davantage? Qu'apprenons- nous, quand nous savons que Torgau (1711), Karlsbad (1712), Herrenhausen et Pyrmont (1716) sont les lieux des trois entrevues^?

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