‹ Leibniz et l'organisation religieuse de la terre [microform]Chapitre 7 sur 306 · Id., t. II, pp · texte numérisé non relu

Id., t. II, pp

l'égypte

peuples. Les Portugais, déclare-t-il, seront contenus par les Espagnols, qui se réjouiront certainement d'une expédition égyptienne. En effet, les Espagnols redoutent par-dessus tout les projets du Tafliletta, qui pourrait barrer Gibraltar et fermer définitivement la Méditerranée au monde océanique. Sans doute Leibniz parle avec quelque naïveté d'une expédition marocaine possible jusque vers Grenade^ Mais, quand il conçoit que Toccupation française de l'Egypte préparerait la puissance chrétienne dans toute l'Afrique septentrionale, il devance de plus de deux siècles la politique africaine dans laquelle encore nous nous débattons. Il continue d'envisager les divers intérêts nationaux. Naturellement, il songe à exploiter l'alliance de la Suède et de la France. « La nature », écrit-il, « semble avoir façonné les Suédois pour cette mécanique assez grossière, par laquelle sont vivifiées les guerres- ». Il analyse en cette nation une « lenteur profonde et soupçonneuse, l'obstination dans les desseins, l'arrogance envers ceux qui lui font obstacle^ )>. La Suède doit être à la fois utilisée et maintenue. Si en effet elle devient trop puissante, elle inquiétera la Pologne, la Moscovie, le Brandebourg.

De la Pologne il n'y a rien à craindre ; et même on peut espérer d'elle qu'elle s'alliera à notre lutte contre le Turc. Dès les premiers jours de sa vie intellectuelle, Leibniz s'était soucié de la Pologne. Plus tard, fasciné par Pierre le Grand, il la négligera. Mais, à l'âge de vingt-trois ans, lors de la succession de Jean Casimir, il rédige tout un plan de cons-

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