F. de Careil, éd. cit., t. VII, p
t. Cet essai de synthèse des « Sciences et des Arts w est extrait autant du Discours touchant la méthode de la Certitude, et des « Préceptes pour
L EXPANSION VERS I/ORIENT
PIERRE LE GRAND
Peut-être la pauvreté de nos systèmes vient-elle de ce que nous ne spéculons que sur des idées ou sur des choses schématisées. Coutume que Leibniz déjà veut rompre. Et c'est pourquoi, remarquant combien nous serions étonnés si Ion nous disait que nous ne connaissons qu'une infime partie des trésors les plus proches de nous^ il déplore que nous ayons jusqu'ici évité de nous pencher sur les techniques. Sans doute pouvons-nous encore ravir les secrets dont nous sommes contemporains ; mais comment retrouver les procédés anciens qui ne furent pas décrits'-? Essayons donc pour le temps présent : Il faudra une foule d'hommes de bonne volonté qui s'adresseront aux cultivateurs, artisans, chasseurs, pêcheurs, marchands, ouvriers de chaque profession ; (c chaque pays a ses matériaux et avantages particuliers. Cependant, parce que l'on doit attendre ce que d'autres pays veulent faire ou ne point faire, on peut commencer par soi et traduire en précises descriptions ce qui a déjà été étabh en Russie' ».
Un tel système ne dérive pas seulement d'une foi en la toute-puissance de la raison. Sans doute, il est possible de ne voir en toute cette intuition leibnizienne qu'un schématisme abstrait, finalement réductible à la Caractéristique universelle. Leibniz crut certainement en l'absolue maîtrise des formules; et la diversité infinie de l'expérience lui eût paru inorganique,
avancer les Sciences », que des mémoires destinés à Pierre le Grand. Ce sont en réalité des œuvres inséparables, comme on le verra plus loin.
1. Cf. Gouturat, Opuscules et fragments inédits, édit. citée, p. 93 • « Si omnia egregia quie homines sciunt aut sciverunt annotata âtque cognita essent, credo felices essemus, et plerisque malisatque incommodis humanam vitam urgentibus superiores. » (Fragment de mai 1676.)