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PIERRE LE GRAND
point du concile; et j'observerai la même retenue. L'affaire est de la dernière importance et peut causer un grand bien et un grand mal pour l'avenir, selon qu'elle est ménagée*. » Probablement, d'ailleurs, Leibniz ne comptait guère sur les résultats immédiats du concile et attendait surtout de ce mouvement oriental un effort historique.
Il aurait voulu, sans doute, qu'une histoire générale de l'Éghse se préparât. Or les documents occidentaux ne permettraient jamais de reconstituer l'évolution de l'Eglise grecque. Dans son projet d'organisation des études, il demande que les ecclésiastiques soient capables d'interpréter les textes fondamentaux en grec et en hébreu, l'histoire de l'Éghse, ainsi que les écrits des Docteurs de TÉglise-. De quels Docteurs s'agit-il, sinon des Orientaux? Leibniz voudrait que l'on explorât les monastères russes; sans nul doute, pense-t-il, on trouverait des « codices » de Pères grecs non édités. Et ce n'est pas un simple vœu ; il s'adresse officiellement au Métropolite de la Russie, Stéphane lavorsky'. En 1713, il écrit à Pierre le Grand lui-même que l'on devrait étudier l'ancienne Église grecque, les Pères, les conciles, « surtout les synodes œcuméniques, qui en même temps valent pour les Russes et sont acceptés par l'Europe entière, jusqu'au second concile de Nicée exclusivement qui fut rejeté par Gharlemagne' ». Ce souci d'érudition en matière religieuse ne doit pas surprendre : en la religion Leibniz
1. (iueriier, éd. cit., p. I06. Lettre à Urbicii, 14 décembre 1710.