F. de Gareil, éd. cit., t. VIL p. 580. (Dernier mémoire
3. Guerrier, éd. cit., p. 277-79. Lettre à Stepliane lavorsky, (1712).
4. F. de Careil, t. Vit, p. lioS. Lettre à Pierre le Grand, 26 octobre 1713 : « Zumahl aile œcumenische Synodi so bei den Russen gelten, auch in ganz Europa angenommen, bisz auff concilium Nicœnam secundum exclusive, welclies von Carolo Magno,... verworffen worden. »
L EXPANSION VERS L ORIENT
autant qu'une pratique voit une science. Et c'est pourquoi, dans son programme d'enseignement élémentaire pour les enfants russes, il ne mêle pas la religion à l'école de vertu, mais l'introduit dans l'école d'art ^
Toutes ces réformes ne sont réalisables que si Pierre le Grand donne des ordres formels. Dès 1697, Leibniz déclarait que ses enquêtes linguistiques elles-mêmes ne pourraient être méthodiquement conduites qu'avec l'appui du Tsar-. Or, de 1700 à 1708 environ, tandis que Leibniz écrit de plus en plus aux divers conseillers du Tsar, celui-ci se trouve avant tout en face d'un problème militaire : Comment laisser Charles XII errer dans les affaires de Pologne, afin qu'il prépare luimême sa ruine? La bataille de Poltawa ne terminera qu'une première guerre. Et l'entrevue de Leibniz et de Pierre le Grand en 1711 sera contemporaine de la malheureuse guerre contre les Turcs, dont le traité final forcera d'abandonner la glorieuse conquête d'autrefois : Azof ''.
Ce rapprochement entre un grave traité et des entretiens dont nous ne pourrons jamais sans doute préciser l'importance n'est peut-être pas artificiel. Qui sait si Pierre le Grand n'était pas à cette époque plus préparé que jamais à des desseins pacifiques? De même, si l'on considère les faits attentivement, on ne s'étonnera pas que les projets de Leibniz apparaissent quelquefois d'une application incertaine, puisque de 1711 à 1715 Pierre entreprend une nouvelle guerre contre la Suède. D'autre part, la situation de Leibniz était sans doute, à ce moment, extrêmement délicate : l'Allemagne du Nord, jus-