Dutens.éd. cit., t. H,- p
2. .Gerhardt, Phil. Sckr., t. IV, p. 143 : Dissertation préliminaire à l'édition des Principes de Nizolius : « Ita chymici saepissime nova hactenus ignorata corpora variis mixtionibus resolutionibusque producunt ».
3. Id. t. lY, p. 149 : « Equidem non ignora et philosophos Aigyptiorum veleres, et Sinensium hodiernos, et omnino Orientales, et qui eos seculus est, l'ythagoram apud Grœcos, apud Latinos autem, et Arabes, Chemicos aenigmatibussua occiduiss Quodeorum consilium nonpotestiisquequaqueimprobari ; neque enim omnia omnibus prostituenda sunt... In pliilosop/iando tamen..., id est in definiendo, dividende et demonstrando, dispellendas esse omties illas nebulas. non est dubitaiidum. » Ce passage est un des plus importants (ju'on puisse citer sur le leibnizianisme caché. Cf. Id., t. III, \). d03, une let.ie (1G93) où Leibniz demande qu'on publie les anciens chimistes giucs; il ajoute : « J'ai une bonne copie de quelques-uns des principaux. » Cf. Inédits, Chemie und Alchemie, passim et fol. 5-12 ; le tableau du « Septenarius numerus », f" 29; et f» 31, un fragment sur le « Guldnes Testament », daté du 22 janvier 1685.
époque, s'il n'eût palpé la féconde matière et entrevu, par delà les concepts, le lent et nécessairement obscur effort des laboratoires.
De même, n'est-ce pas au cours de ses rêves d'alchimiste que Leibniz entrevit une explication possible pour le dogme de la résurrection des corps? Chaque corps, qu'il soit humain, animal, végétal ou minéral, conserve un noyau qui se sépare dela« terre damnée». Xoyau si subtil qu'il persisterait jusqu'en des cendres brûlantes, véritable centre invisible. Lorsqu'on me coupe un bras, je continue de souffrir aux doigts que je n'ai plus; le même phénomène se produira quand tous mes membres auront disparu ; le noAau de mon corps se résorbera en un point insaisissable, d'une telle subtilité que ni le feu, ni l'eau, ni aucune puissance matérielle ne lui pourra nuire \
Explication bien mystique sans doute, mais déjà rattachée à une métaphysique qui se cherche, et plus tard richement harmonisée. Car lorsque Leibniz écrira à Lady Masham que «ni le fer, ni le feu, ni toutes les autres violences de la nature, quelque ravage qu'elles fassent dans le corps d'un animal, ne sauraient empêcher l'âme de garder un certain corps organique, d'autant que l'Organisme, c'est-à-dire l'ordre..., est quelque chose d'essentiel à la matière produite. . . , la production devant toujours garder les traces de son auteur- », il accordera avec l'immortalité de 1' « âme » la survivance de 1' « animal». La théologie n'est-elle pas ici dominatrice ? Cet Appendice sin' la Résurrection^ qui arrachait à Leibniz, dès sa jeunesse, sa future doctrine de la survivance, est destiné à convaincre les
1. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. I", pp. 53-54. Lettre citée au duc Jean-Frédéric.