‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 124 sur 305 · Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. III, p · texte numérisé non relu

Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. III, p

7. Cf. Id., t. 111, p. 195. Opuscules, éd. Couturat. éd. cit., p. 575. Un projet daté de janvier 1676 : « Proposuit mihi dux Roannesius : De numéro jacluum in tesseris ». Roannez aurait ainsi transmis ^à. Leibniz l'idée du

LA GENFSE RELIGIRUSE 221

durant la période mondaine. Il s'était finalement « converti », tandis que sa sœur, Mademoiselle de Roannez, s'était vouée au cloître v€rs 1056. Or les lettres à Mademoiselle de Roannez, pressées et denses, ne célébraient pas seulement le détachement et la vie en Dieu ; vraiment, elles palpitaient de cette « tendresse du cœur » que Pascal avouait ressentir « pour ceux que Dieu lui avait unis plus étroitement S). « Je ne sais pourquoi vous vous plaignez », lui disaitil un jour, « de ce que je n'avais rien écrit pour vous; je ne vous sépare point vous deux et je songe sans cesse à l'un et à l'autre ^ »

Le duc de Roannez initia Leibniz à ce calcul des hasards que Méré autrefois avait suggéré à Pascal. Ainsi que M. Périer, Huyghens et Arnauld, il lui fît, sans doute connaître le Traité des Sections coniques^ et les autres écrits mathématiques de Pascal, tels que ces opuscules signés Amos Dettonville en qui Leibniz nous dit avoir perçu tout à coup, en les lisant, une « lumière^ ».

Cette influence fut-elle donc uniquement mathématique? Songeons que Pascal déclarait les mathématiques bonnes

calcul des hasards, suggérée autrefois à Pascal par Méré. Ct. Couturat, Lofiique de Leibniz, ouv. cit., p. 241, note 2. Cf. encore Gerhardt, Phil. Schi'., éd. cit., t.I, p. 329, lettre à Malebranche, 13 janvier 1679: «Je souhaite d'apprendre des nouvelles de Messieurs des Billettes et Galinée; et je vous supplie de charger l'un d'eux de ma part de me recommander à M. le duc de Roannez, si vous ne le voyez pas vous-même; car en ce cas je vous supplie de lui témoigner que je n'ai pas oublié de méditer quelquefois sur quelques-unes des belles pensées que je lui dois. »

1. Pascal, Pensées : Edition des Grands Ecrivains, i. II, p. 432.

Page 1