Cf. fac-similé
mathématiques et leurs rêves religieux. Non que les idées de Pascal le satisfissent pleinement. Si la doctrine des deux Infinis lui apparaît « une entrée dans son système », en revanche il juge que l'apologétique des Pensées ne se fonde pas sur une science assez convaincante. « 11 est vrai », dit-il, « que » le « génie extraordinaire » de Pascal « suppléait à tout; mais souvent l'application et l'information est aussi nécessaire que le génie'. » Pascal ignorait l'histoire, la jurisprudence. « Et cependant Tune et l'autre est requise pour établir certaines vérités de la religion chrétienne. » Si donc Pascal croyait pouvoir, grâce à sa discipline scientifique, démontrer le Christianisme; que ne fera pas Leibniz lui-même, initié à la mathématique la plus profonde, à la jurisprudence, à l'histoire " ?
Rapprochement singulièrement instructif, que Leibniz nous transmet seulement en 1697, mais qui dut s'ébaucher en lui dès le séjour à Paris. Sans doute, dans cette môme lettre, Leibniz affirme que Pascal avait « l'esprit plein des préjugés du parti de Rome, comme ses pensées posthumes le font connaître^. » Mais une si médiocre accusation contre l'homme qui en appela à Jésus-Christ, tandis que le pape le condamnait % est formulée dans une lettre adressée à un anglican, et durant une période où se préparait un projet d'union entre l'anglicanisme et les Eglises évangéliques. Peut-être, d'ailleurs, certains dédains de Pascal ont-ils irrité Leibniz. Très
1. Gerhardt. Phil. Schr., éd. cit., t. III, p. 196. Lettre à Th. Burnett, il février 1697.