Id., Th., vol. IV, 7, f
foi et qu'on n'a pas raison de s'excuser sur son ignorance ' ». Girysoslôme, affirme Sténon, ne veut pas qu'on soit autodidacte en matière de foi. ^Mais « où sont ces Protestants », répond Leibniz, « qui prétendent qu'on doit être autodidacte et qu'on doit apprendre la foi par la seule Ecriture sans aucun précepteur ? Il n'y a peut-être point de tels autodidactes dans toute l'Europe ; et nous ne sommes pas. Dieu merci, dans une île déserte où nous ne puissions avoir recours qu'aux livres seuls ». Les Protestants diront donc « que les Chrétiens doivent écouter ce qu'on enseigne, mais qu'ils doivent juger aussi si cela convient avec la parole de Dieu- ». Jamais Girysostôme n'a déclaré que tout Chrétien devait se construire sa foi à soi-même sans écouter autrui. Il demande que l'on consulte l'Écriture. De même, quand les Protestants et les Catholiques disputent entre eux, il ne s'agit pas d'édifier tout de nouveau la religion comme pour convertir un infidèle '. Pour lire sagement les Ecritures, il suffit d'avoir du bon sens et de la bonne volonté \ Et Leibniz ajoute en marge : «... Tirer la foi de l'Ecriture et la vouloir ressusciter tout de nouveau comme si elle s'était perdue, c'est une chose qui demande de l'invention ; au lieu que l'examen des doctrines qu'on nous enseigne n'est qu'un effet du jugement »®. Et il prend l'exemple fort clair d'un juriste, qui pourra aisément décider si le système de jurisprudence d'un maître est conforme aux lois qui y sont citées, mais qui bien plus difiQcilement créerait un système iiré de la simple lecture des