Monadolo.gie. » Par
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à cet esprit qu'une seule genèse ? Si Ton a pu \ avec raison, trouver dans les premiers écrits théoriques de Leibniz, tels que la « Gombinatoire" », le germe de sa future pensée, on doit aussi essayer de saisir ce système se formant au contact même du réel. Une métaphysique telle que le leibnizianisme nous appar-aît intégrale. Pourquoi seuls les problèmes abstraits mériteraient-ils de la nourrir? Dès lors, si le projet de conquête de l'Egypte annonce les idées de Leibniz sur les devoirs et les droits des souverains, sur l'action civilisatrice, ne contient-il pas en même temps une « philosophie » ?
De même, tout profane en apparence, cet écrit nous réserve des sources mystiques. Leibniz croira, quelque jour, en l'intense pénétration des cœurs. « Rien, plus que l'homme », dira-t-il, « n'est utile à l'homme^. » Or, qu'on y réfléchisse. Pourquoi veut-il avant tout détruire la Turquie ? Parce que, déclare-t-il, on « n'y voit presque plus d'amour de l'homme pour l'homme '. »
Ne peut-on craindre, il est vrai, que Louis XIV ne conquière à son tour une autorité tyrannique? L'arbitrage suprême exclut toute domination. Par suite, cette théorie de l'arbitrage suprême a peut-être servi à former en Leibniz la doctrine ultérieure du Bien général. Louis XIV serait l'organisateur politique du Bien général. Peu importe qu'il ne l'ait pas été ou que de toutes façons il ne Tait pu devenir. En fait, s'il exécutait les vœux de Leibniz, ses commandements se
1. Louis Couturat : Lu Logique de Leibniz d'après des documents inédits. Paris, 1901, gr. in-8». Livre d'uiu' documentation riche et précise, l'un des plus importants que l'on ait écrits sur Leibniz.
2. Disserlatio de arle combinatoria 106G, publiée par Gerhardt in Die Philosophischen Schriften von Leibniz, éd. cit. Cf. ici t. IV. pp. 27-104.
3. « Nihil... homini homine est utilius. » Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. VIL p. 02.