Lettre inédite à l'abbé de Saint-Pierre, 4 avril
2. Lettre à Conrad Wida, in Kortholt : Leibnitii epislolx ad diversos, Leipzig, 1734-4i, 4 vol. in-S». Cf. ici t. III, p. 350, et Dutens, éd. cit., t. V,p. 476.
3. F. de Gareil, éd. cit., t. I", p. 178. Lettre à M"»» de Brinon (s. d.).
Leibniz se confine d'abord en cette expérience et découvre des Eglises nationales. Or, si l'on considère Tétat actuel de ces Églises sans faire appel à leur histoire, qu'est-ce qui, dans leurs qualités vérifîables, pourra faire croire que l'Eglise d'Italie, par exemple, est supérieure aux Églises d'Allemagne ou d'Angleterre '■ ?
Toutes les Églises nationales semblent en même temps particulières. L'Église romaine elle-même est nationale et ne doit être considérée « que comme jjarticidière, à l'égard des abus qu'elle tolère". » L'universalité, en effet, est proportionnelle à la perfection. Toute Église sera « particulière » selon son imperfection. Les Églises diverses semblent autant de « possibles », qui n'auront droit de prétendre à l'existence qu'à mesure de la perfection qu'elles envelopperont ^
Ainsi toutes les Églises, protestantes ou catholiques, devront être dites « particulières ». On parle généralement de « vérité » et d' « erreur ». Mais c'est confondre l'ordre de l'esprit et l'ordre de la « vie ». On ne peut dire qu'une doctrine est totalement vraie, une autre totalement fausse. Sur un problème particulier, on aura raison de chercher une réponse entièrement vraie ; mais que signifie une vérité en général '* ?
Ni la polémique catholique, ni la polémique protestante ne se trouvent, dès lors, justifiées. Que font ces Chrétiens, sinon s'accuser d'erreur les uns les autres ? Ils se fondent, disentils, sur ces paroles de Jésus : « Quiconque n'écoutera pas
1. F. de Careil, éd. cit., 1. 1", p. 193. Note d. Note à une lettre de Pellisson à M"» de Brinon (s. d.).