F. de Careil, éd. cit., t. I", p. 196, note
4. Lettre inédile à Pfaff, 18 juin 1715. f » 4 : « Antequam finiam, monere volui, mihi appellationem Lutheranorum, qua nostri ipsi sœpe utuntur, ac lu qiioquc non al)stines, semper haud ex dignitate Êcclesia; visam ; id autem te credo nenio melius agnoscere potest, qui scis quantum talis nomenclatura, ab homine sumta, sit contentibiiis apud alios (etsi nostri vulgo exassuetudinenon sentiant) etquam fuerit improbatum veteri l'Jcclesiae sectaî nomen. » Cf. aussi Inédits, Théologie, vol. Vil, 5, f" 79 :
Réformé ne doit pas « croire le Réformateur à cause de son autorité, mais parce qu'il juge que la doctrine du Réformateur s'accorde avec TEcriture, par lui-même souvent lue et entendue »^ Que signifierait un Protestantisme qui se prétendrait « achevé » et qui ne se modifierait pas incessamment, grâce au travail volontaire et libre des Protestants ?
Leibniz songe donc seulement à rapprocher des Catholiques ceux des Protestants qui admettent le grand principe de l'infaillibilité de l'Eglise dans les questions «salutaires^ ». A ceux-là les Catholiques accorderont certains points de discipline : la communion sous les deux espèces, le mariage des gens d'Eglise, la messe en langue vulgaire^. Concessions dangereuses, dira-t-on ; en réalité, seulement destinées à ne pas choquer des usages populaires déjà enracinés. Voilà, dès lors, des Protestants soumis à TEglise, respectueux et dociles, séparés uniquement par des divergences dogmatiques. En attendant le Concile, toutes les controverses, plus théoriques que pratiques en général, seront approfondies. Et dans ce Concile même, les Protestants paraîtront non en accusés, mais en membres de TEglise, puisque par hypothèse ils en font partie. Les GathoUques ne renoncent pas à Trente, ni les Protestants à Augsbourg : la charité sauve les partis discords *.
« Gleichwie die Reformirten nichtgern ZwinglianeroderCalvinisten heiszen wollen, so sind auch viele Ewangelischen, die nichtgern hôren dasz man sie lutherisch von einem Menschen nenne, von dem iiire Lehre nicht hehrriihret, dem sie auch in verschiedenen Stiicken nicht anhengen. »
1. Inédits, Théologie, vol. III, 7 e, Animadversiones, etc., note 9 : « Reformatus non crédit Reformatori propter ipsius auctoritatem. sed quia putat doctrinam Reformatoris consentira cum scriptura sacra a se ssepe lecta et audita. » (Fol. 1).