Id., t. V, p. 69. Nouveaux Essais, L. l, ch. i
2yO L ÉGLISE UNIVERSELLE
Sophie ^ Xc nous étonnons point, d'autre part, que FEglise ne puisse rendre compte de ses décisions ultimes. Il s'agit ici de forces infinies, que seul analyserait Tentendement suprême, et qui sont quelque chose d'analogue aux instincts^. Si « les maximes innées ne paraissent que par l'attention qu'on leur donne », l'infaillibilité n'exclut pas reff6rt\
11 faudrait d'ailleurs se garder de forcer les analogies et de réduire à un pur mysticisme la doctrine de Leibniz, Nous pouvons, selon cette doctrine, vérifier si les dogmes qu'on nous impose comme de foi sont réellement fondés. Et le critérium terminal est l'Ecriture. Ici s'accordent, de façon ultime, la méthode catholique et la méthode protestante. En d'importants fragments inédits, Leibniz réprouve, avec les Catholiques, que l'Ecriture soit imposée comme juge de toutes les controverses pratiques ou théoriques. 11 veut que, là, une indétermination soit maintenue : Ce qui permettra de décider entre les doctrines, ce ne sera point quelque chose d'extérieur à leur substance, mais seulement leur lumière et leur pureté intimes. Tout autrement en devra-t-il être pour les problèmes concernant le salut. Ici, il ne faudra pas faire appel à des inlerprétations, mais se soumettre au texte et ne lui rien ajouter. Y a-t-il contradiction ? Nullement. Les questions qui sont de foi et qui se rapportent au fondement du salut « ne doivent pas »>, dit Leibniz, « être dérivées du texte par conséquence, mais y être contenues en propres termes^ ». Quand
1. Gerhardt, Phil. Schr.,éd. cit.. t. V, p. 91. N. Ess. L. I, ch. n ; « C'est le combat dont la Sainte Écriture ne ])arle pas moins que la philosophie ancienne et moderne. »
2. Id., iV. Essais, passiin; cf. surtout L. 1, ch. II. sub. fin., p. 92, éd. Gerhardt, t. V. '