Id., t. I", p. 572. Syst. Théolog
3. «Pour moi, je reconnais qu'il faut exciter fattention des hommes par quelque chose de sensible, pourvu que cela ne détourne point l'esprit (dont la capacité est bientôt remplie par des images qui viennent des sens) de l'adoration en esprit et en vérité que Dieu demande. » Lettre inédïle au Landgrave von Hessen Rheinfels. Liasse I'«, f° 264.
4. Cf. Inédits, Philosophie, vol. III, 11 (10 f»' in-8"). /«ét/zï capital, dont on trouvera d'importants fragments plus loin. Conclusion pp. 486-491.
L OBSTACLE 32î}
de placer dans une église, comme on Ta vu depuis lors, des statues indépendantes de l'architecture, véritables idoles, cette fois, puisque leur existence devenait particulière et se manifestait comme une fm adorée, au lieu de se maintenir simple prolongement, plus durable, de Fadoralion humaine? Au Moyen Age, au contraire, l'image spéciale se fondait dans l'Image totale, ensemble de peinture, de sculpture, d'architecture et de musique, qui se voulait un mouvement humain vers Dieu. Qu^importent les superstitions, où alors çà et là s'attardèrent les élans des âmes? En fait, l'art du Moyen Age se magnifiait par l'espérance de formuler matériellement et comme d'anticiper la gloire de Dieu; il ordonnait, par de puissantes excitations extérieures, les pensées internes et confuses des fidèles.
Principes que par malheur un penseur du wif siècle ne pouvait vérifier historiquement. Certainement, d'autre part, la foi réformée du xvii® siècle exigeait un art nouveau. Mais l'abondance des idolâtries était sans nul doute hâtée par la multiplication des idoles « fabriquées » sans inspiration et sans ferveur. Il y eut là une série d'actions et de réactions que l'on n'a pas assez remarquées.
Problèmes graves pourtant. Car pour un Leibniz les sources persistantes du schisme étaient les pratiques et non les théories. Depuis longtemps, il pensait que théoriquement la Réforme, par l'intermédiaire du Jansénisme, regagnerait l'Eglise romaine, sans difficultés insurmontables \ Au contraire, des pratiques injustifiables s'obstinaient ; abus que les Catholiques constataient et voulaient supprimer, mais sans cette décision évidente et hautaine qui donne confiance à l'ad-