‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 189 sur 305 · Id., t. I»', p. 495. Même lettre · texte numérisé non relu

Id., t. I»', p. 495. Même lettre

3. Rommel, éd. cit., t. II, p. 431. Cf. Lettre inédite au comte de Bonneval, 17 mai 1716, où Leibniz souhaite avoir à Vienne l'avantage de consulter le manuscrit du Concile de Trente.

l'obstacle 329

tente une indulgence provisoire? De là, l'exemple du Concile de BcMe; delà, les recherches historiques sur l'authenticitéduConcile de Trente. Un docte de la Sorbonne, l'abbé Pirot, au lieu de répondre par une simple lettre aux objections de Leibniz, rédigea toute une dissertation sur le Concile de Trente'.

Leibniz fut donc amené à exprimer longuement son opinion. Bossuet lui-même, dansV Histoire des Variations, écrit que jamais le Concile de Trente ne déclara représenter l'Eglise universelle. Peu importe, d'ailleurs, ajoute-t-il, « puisque ce n'est pas cette expression qui constitue un Concile". » On doit se demander uniquement si le Concile a été reçu. Leibniz ne réclame pas autre chose. Mais il parle d'une « réception » moins mystique, et toute politique. Le Concile a-t-il été reçu en France?

En ce qui regarde la foi, les Catholiques prétendent que tout fidèle, en France, approuve le Concile. Sans doute ; mais on peut tenir une opinion pour véritable sans proclamer pour cela qu'elle est de foi, c'est-à-dire sans obliger ses adversaires, sous peine d'hérésie, à la professer également '\ Par exemple, le clergé de France juge véritables les déclarations de l'Eglise gallicane et cependant n'accuse pas les docteurs italiens ou espagnols qui pensent différemment. D'autre part, les particuhers peuvent considérer le Concile comme œcuménique, tandis que l'opinion de la nation est contraire. On a vu des

1. F. de Careil, éd. cit., t. I", p. 363. Lettre de Pellisson à Leibniz, 20 juin 1692 : « ... Je vous annonce un grand ouvrage de M. l'abbé Pirot, que vous devez mettre sur votre compte et dont vous êtes l'unique cause. »

2. Bossuet, Hisl. des Variât. Livre VII, éd. Guillaume, t. III, p. 272. Cf. Pallavicini : Isloria del Concilio di Trenla, Roma, 1656-57. L. YI, ch. v et VI ; cf. Traduction Iranvaisc de Migne : Montrouge, 1844, pp. 45-49. Même théorie.

3. F. de Careil, éd. cit., t. I", p. 453. «Réponse de Leibniz au Mémoire de l'abbé Pirot touchant l'autorité du Concile de Trente. »

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assemblées transformant, par le fait môme de la réunion, l'opinion des particuliers ; et en cela peut-être consiste le privilèo'C spirituel des conciles œcuméniques. Le Saint Esprit serait ainsi la transposition surnaturelle de TEsprit universel*.

Or, le Concile n'a pas été « reçu » en France. Henri II déclarait, dans une lettre aux Pères de Trente, qu'il ne reconnaissait pas le Concile comme général, parce qu'on l'avait réuni à un moment où la guerre avait empêché les Français de s'y rendre'. En effet, pendimt l'absence des représentants français furent traitées d'aussi graves questions que la Pénitence et l'Eucharistie^. Les ambassadeurs français, irrités de la prédominance accordée, sur l'ordre de Pie IV, à l'ambassadeur d'Espagne, se retirèrent à Venise. Ils protestèrent contre la suppression de la liberté du Concile et contre la violation des libertés gallicanes". Finalement, ils s'insurgèrent contre les décrets du Concile. Pour procéder légitimement, il eût fallu reprendre toutes les questions qui avaient été traitées en l'absence des nations allemande et française ^

Le Concile, bien loin d'avoir été accepté en France, y fut donc en réalité récusé. Les particuliers s'inclinèrent-ils volontiers devant lui.^ Il ne semble pas que ce fût là l'opinion du président de Thou*.

D'après les comptes rendus des Etats Généraux de 1614, la majorité des membres parait avoir été contre le Concile.

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