Id., L. VI, ch. XII, t. II, p. 82 de la trad. fr
3. Cf. Bronislaus von Dembinski, Die Beschickung des Tridentinmns durch Polen und die Frage von National Concil. Breslau, 1883, in-S». Brochure, p. 8, et Ranke, Deutsche Geschichte seit dem Zeitalter der Reformalion, t. IV, p. 346.
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contraignant à regarder comme leurs frères en Jésus-Christ les Catholiques qui s'inclinaient devant le Concile de Trente, ils pouvaient sans crainte d'hérésie implorer de n'être pas obligés à accepter pour toujours une condamnation si proche encore de la crise protestante elle-même.
Mais la réponse finale de Bossuet était à jamais décourageante : « 11 n'}" a rien à espérer pour la réunion, quand on voudra supposer que les décisions de foi du Concile de Trente peuvent demeurer en suspens'. » Le lo août 1693, il signifiait une volonté de rupture. « Voilà, Monsieur, la réponse à la réponse qu'on a faite à M. Pirot, et que vous m'avez envoyée sur le Concile de Trente : assurez-vous que c'est un point fixé sur lequel on ne passera jamais de notre part. J'aurais beaucoup de choses à dire sur les lettres que vous avez pris la peine de m'écrire ; mais il faut donner des bornes à ces disputes, quand les choses en sont venues à un certain point d'éclaircissement » '-. Cependant, Leibniz tente encore dans sa réponse une distinction déjà ébauchée çà et là dans ses projets. On peut admettre que le Concile de Trente soit fidèle à la vérité et conforme aux exigences de l'EgUse romaine. Estce un motif pour contraindre les autres Eglises à l'admettre ? « 11 me semble », déclare Leibniz, « qu'il y a bien de la différence entre suivre un principe et consentir que d'autres ne s'en départent point \ » Voilà pourquoi on pourrait espérer l'union de Protestants et de Catholiques qui n'abandonneraient pas dès l'abord les principes fixés soit dans le Concile de Trente, soit dans la confession d'Augsbourg. L'exemple du
1. F. de Careil. éd. cit., L I", p. i>01. Lettre de Bossuet à Leibniz. Entre juin et octobre 1693.
2. Id., t. l", pp. oû4-50o. Lettre de Bossuet à Leibniz du 15 août 1693.
3. Id., t. 1", p. 514. Lettre de Leibniz à Bossuet s. d.: Cf. encore p. 522. Lettre à Bossuet, 23 octobre 1693.
Concile de Bâlc ne tendait pas à aulre chose. Il faudrait seulement ajouter la croyance en rinfaillibilité de l'Eglise catholique et la soumission ecclésiastique. Ces trois points étant admis, un Concile nouveau n'aurait rien d'irréalisable. Mais Bossuet objecte que les discussions deformaUtés reviendraient encore. Pourquoi alors, se demande Leibniz, ne déterminerait-on pas une fois pour toutes les conditions d'œcuménicité d'un Concile ' ? Ilessaye de ressaisir Bossuetet de le persuader ; il lui reproche sa « réserve scrupuleuse » ; mais il se félicite de ce que Bossuet ait loué les discussions sous forme d'éclaircissements -. Les Prolestants formulent la même demande. Et un jour viendra, ajoute-t-il, où l'Eglise romaine enviera les termes actuels du problème \ Rome doit dire si elle peut accorder aux peuples du Nord ce que l'Italie et la France s'accordent mutuellement sur les Conciles de Constance, de Bâle et sur le dernier Concile de Latran \
L'examen sérieux des textes ne permet pas de douter que celte demande, tant de fois réitérée par Leibniz, soit absolument sincère. Des natures charitables, extrayant toute leur force de cette charité, ne s'y trompèrent pas ; et leur témoignage, jamais consulté, est peut-être plus précieux qu'on ne le croirait d'abord. Ainsi, M""* de Brinon, la religieuse secrétaire de l'Abbesse de Maubuisson, accueillait avec tendresse la prière de Leibniz : « Voilà M. Leibniz qui
1. F. de Careil, éd. cit.,t. I", p. 516. Lettre à Bossuet, s. d. «On dit que, s'il faut venir un jour à un autre concile, on pourrait encore disputer sur les formalités. Mais c'est pour cela qu'on en pourrait convenir, même avant la réunion ».