Id., pp. 27 et
a. Id., p. 39.
6. Pallavicini, Istoria... trad. fr. cit., livre XVI. ch. x, cf. t. II, p. 1122.
l'obstacle 337
grande nation des Allemands ' ; les opinions « laïques » qu'ils développaient étaient plus vraiment « religieuses » que celles des partisans d'un Concile italien. D'ailleurs, parmi les Pères de Trente eux-mêmes, de nobles et hardies pensées furent opposées aux volontés de domination : quand le Cardinal Pacheco, par exemple, représenta qu'on devait traiter comme un abus la coutume de traduire l'Ecriture en langue vulgaire, Madrucci s'écria : « Pour moi, je sais en allemand l'Oraison dominicale et le symbole de la foi ; et le peuple allemand, qui les apprend communément, ne se trouve pas moins bien que moi de cet usage qui fait sa consolation ■ ». Leibniz eût voulu que l'on consultât ce peuple allemand. Quand il reproduit la demande des Protestants, qui, séparés, eussent désiré faire partie du Concile, il adopte un point de vue inconciliable avec les exigences romaines. Du moins eût-on pu obtenir le vote par nation et organiser un Concile vraiment représentatif. La critique essentielle de Leibniz se trouve donc justifiée par tous les travaux sur le Concile de Trente, même par celui du Jésuite Pallavicini. Le Nord fut écarté ; l'Est également, puisque les plus graves décisions avaient été prises avant qu'aucun Polonais fut arrivé ^.
Si donc le Concile de Trente ne représenta pas l'Europe chrétienne, peu importe la valeur possible de telles de ses décisions dogmatiques. Aux Protestants il ne pouvait paraître définitif. Us étaient en droit d'espérer un nouveau Concile, moins italien, plus accueillant à leurs exigences. Tout en se
1. Pallavicini, /s/ona... traduction française citée. L.XVI, ch. xi, pp. 1131- 32 de la trad. française, t. II.