Securitas publica. Première partie, passim
4. Deu.xième partie, publiée par F. de Careil, éd. cit., t. VI, p. 145-2.j2, et datée du 21 novembre 1670.
comme Empereur'. Mais le rêve de domination universelle par la force armée est impraticable ; et Leibniz affirme que Louis XIV deviendrait plus facilement le maître de l'Europe par l'arbitrage suprême que par la monarchie universelle"-.
Arbitrage dont le succès est, pour ainsi dire, assuré. Leibniz regarde attentivement l'Europe à cette date. Où existe-t-il un pays capable de contredire un rêve d'arbitrage français? L'Allemagne est vacillante; l'Italie morcelée; l'Espagne près de se démembrer de nouveau ; l'Angleterre à la veille de se lier à la politique française ; le Xord divisé et s'entre-déchirant, que ce soit la Suède, le Danemark, la Russie, la Pologne^.
Dès lors, la France, pour obtenir l'arbitrage suprême, n'a besoin que de se fortifier elle-même et de diviser les autres*. Or, déjà ne commence-t-elle point à dompter les autres pays par leurs propres armes ^? Pendant que s'amassent en elle « d'indicibles richesses », elle pénètre par la corruption les plus intimes secrets politiques.
Cette seconde partie des Réflexions sur la sécurité publique est datée du 21 novembre iGTO. A la lire attentivement, on s'aperçoit que Leibniz est informé de tous les dangers qui menacent : le conflit entre le parlement anglais et Charles II; la probabilité d'un plan de réorganisation catholique en Angleterre, en dépit des volontés parlementaires; les traités secrets avec des princes allemands; le rôle passif des pro-
1. Traité secret de Louis XIV et de l'Electeur de Bavière, 17 février 1670.
2. Sur « l'arbitrage suprême ». Cf. plus loin, pp. 34 et suiv.
3. Résumé d'un remarquable passage, F. de Careil, éd. cit., t. VI. pp. 186-22i environ.