‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 219 sur 305 · Cf. l'" partie, ch. iii · texte numérisé non relu

Cf. l'" partie, ch. iii

réel est sans doute cette lointaine et vaste tentative d'union protestante, qu'il importait de décrire à cette place. Que signifient désormais les superficielles et vaines critiques sur l'insincérité de Leibniz ? La correspondance avec Bossuet va reprendre, de plus en plus théorique et par suite de plus en plus violente. En fait, nous voyons Leibniz, durant les trois premières lettres, s'efforcer de résumer les problèmes autrefois traités ^ Enfin, le 11 décembre 1699, étonné sans doute de ne recevoir aucune réponse de Bossuet, il lui pose toute une nouvelle série de questions ' : Xe doit-on pas distinguer ce qui est de foi de ce qui n'est point de foi ? Ne doit-on pas déterminer d'autre part ce qui nous fait dire qu'une vérité est de foi ? N'y a-t-il pas des degrés entre les articles de foi ? Tout article de foi doit être révélé par Dieu même ; mais Dieu en a-t-il révélé autrefois seulement, ou en révèle-t-il encore? Si les dogmes ne furent révélés qu'autrefois, ils doivent être exprimés soit dans l'Ecriture, soit dans la tradition. Comment donc pouvons-nous, sinon par une inspiration nouvelle de Dieu, déclarer de foi certains Livres Saints, considérés comme apocr3^phes par l'ancienne Eglise^? Admettons-nous ce dernier point de vue, tout l'argument de Bossuet s'évanouit : « Hier on croyait ainsi; donc encore aujourd'hui, il faut croire de même *. »

Le problème était nettement posé et Bossuet devenait contraint d'apporter une démonstration. 11 convient, d'abord, du premier point : Tout article de foi doit être une vérité révé-

1. F. de Careil, éd. cit., t. II, leUres s. d-, pp. 238, 266; puis, lettre du 8 mai 1699, p. 272. — La lettre s. d. pp. 258 sqq. ne peut être de 1699. — Cf. plus loin p. 318, note 2.

2. Id., t. II, pp. 278-279. Lettre de Leibniz à Bossuet, 11 décembre 1699.

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