Inédits, Théologie, vol. IX, 7, f
6. Inédits, Théologie, vol. VII, 5, f» 45. Original allemand, WolfenbûtteU 14 mai 1105.
êlre attribués, non pas formellement, mais personnellement, à rhumanilc du Christ'. Il n'y a pas deux omnipotences en Jésus-Christ: l'une, relative à sa nature humaine, l'autre, à sa nature divine ; c'est une seule omnipotence, qui lui est appropriée aussi intimement qu'il est possible, et grâce à laquelle il devient parfait, sans jamais pourtant être luimôme omnipotent. L'omnipotence et l'omniscience enveloppent si essentiellement l'immensité que celui qui serait omnipotent ne pourrait pas ne pas être en même temps immense'. 11 faut par suite distinguer entre les attributs qui enveloppent l'immensité et ceux qui ne l'enveloppent point. Du premier genre seront l'omniprésence, l'omniscience, l'omnipotence ; du second genre, la force vivifiante, la toutepuissance « — r. 7:av,3aT'.).£'la, — » concédée dans le ciel et sur la terre; forces dans le premier cas essentiellement divines, dans le second personnellement divines. En définitive, les Réformés et les Evangéliques s'accorderont sur ce théorème : « La nature humaine a l'omnipotence comme elle a la divinité ; et, de même que la nature humaine possède la divinité qui lui est donnée dans la personne du Christ, ainsi elle possède, également en cette même personne, l'omnipotence. Mais de même qu'on ne peut dire que la nature humaine est divine ou est Dieu, ainsi on ne doit pas dire que la nature humaine est omnipotente '. »
1. Inédils, Théologie, vol. VII, o, f» 7, Dresde, 19 octobre 1704; Cf. surtout, f» 60, 28 février 1708.
2. Inédits, Théologie, vol. VII, 5, f» 60, fragin. original latin.
3. Inédils, Théologie, vol. IX, f» 385 : « Natura huniana habet omnipoientiam, sicut habct divinitatem; et quemadmodum habet natura humana divinitatem. sibi datam in persona Christi, ita habet in eadem et omnipo- (entiam; scd quemadmodum non dici potest naturam humanam esse divinam, seu esse Deum, ita non dici débet naturam humanam esse omnipotenlem. »
Baruzi. 27
Tout aussi grave apparaît la controverse sur la Gène, d'où est sorti le schisme ^ Les Réformés pensent que le corps et le sang de Jésus-Christ sont autant éloignés du pain et du vin que le ciel l'est de la terre. En fait, les Évangéliques et les Réformés ne sont pas si distants qu'ils le supposent. Que la Substance de Jésus-Chrit soit réellement unie à la nôtre, grâce à la Toute-Puissance divine; cela, plus que l'avènement de son corps dans le pain que les communiants reçoivent, importe aux Evangéliques^. 11 s'agit d'une présence hyperphysique. En de nombreux passages, Calvin et les Réformés ont déclaré que la substance du corps et du sang nous est communiquée grâce à un mode hyperphysique ^ Si nous savons extraire la valeur positive de la théologie calvinienne, nous conclurons que la manducation physique matérielle est absorbée et comme régénérée par la vertu hyperphysique du sacrement.
Reste enfin le problème du décret divin. Les Réformés conçoivent ce décret.de Dieu comme absolu*. Les Evangéliques s'indignent qu'on l'ose prétendre nécessaire. De leur côté, les Réformés objectent que toute autre doctrine est semi-pélagienne, que Dieu est anthropomorphisé dès qu'on lui attribue des volontés conditionnelles ; mais ces difficultés cesseront si Ton s'aperçoit que toutes les volontés sont conditionnelles dans l'esprit de Dieu, quoique absolues; elles sont