‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 26 sur 305 · Id., t. IV. p · texte numérisé non relu

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raux... est trop sec'. » Il a transporté cette abstraction jusque dans les sciences naturelles; et sa médecine est plus riche en hypothèses qu'en observations'. « Il s'amuse trop à raisonner sur des parties invisibles de notre corps avant que d'avoir bien recherché celles qui sont visibles'' ».

Ce procédé de simplification abstraite persiste même dans sa morale. Descartes veut que nous suivions la « raison », ou la « nature des choses ». Mais tout le monde en demeurera d'accord \ Là encore c'est un schématisme que ce stoïcisme rajeuni, qui édifie une « patience sans espérance^ ».

Comment, d'ailleurs, une espérance vivrait-elle dans un monde où Dieu lui-même n'est qu'une puissance matérielle ? Le Dieu de Descartes « n'est pas un Dieu comme on le souhaite * ». Il n'aura pas plus de soin des créatures intelligentes que du mécanisme naturel ; chacun sera heureux ou malheureux selon la loi des tourbillons'. Dieu devient « une certaine puissance démesurée dont tout émane, qui mérite plutôt le nom de la nature que celui de Dieu *». Qu'est-ce en effet qu'une volonté qui n'agit point suivant une fin ? La matière, selon Descartes, prendra successivement toutes les formes possibles'. N'est-ce pas déjà le spinozisme, qui rompra le passage du possible au réel ?

Sans doute cette critique du Dieu cartésien n'est pas toujours exacte. Mais Leibniz se révèle ici homme d'action plus

1. Gei-hardt, Phil. Schr., édit. cit., t. IV, p. 309. 1». Id., t. IV, p. 316.

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