‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 267 sur 305 · Id., t. YI. p. 74. Ibid., i)ar · texte numérisé non relu

Id., t. YI. p. 74. Ibid., i)ar

LA CLOIRK nr. i)ii:u 4GK

ici la raison éternelle, et l'on a peut dire que le triomphe de la véritable raison, éclairée par la grâce divine, est en môme temps le triomphe de la loi et de Tamour' ». Raison et Foi s'identifient; et toute dissociation serait inintelligible ^

On discerne, dès lors,, quelle méthode le philosophe doit suivre en face des Mystères. Ils s'accordent avec la raison, dira-t-il, en ce sens que nul ne pourra montrer une contradiction entre le dogme et la raison ; mais ils dépassent cette même raison, puisque nul ne pourra faire voir comment la raison s'accorde avec eux'\ Accord négativement indestructible et absolument incomj)réhensible. Accord dont les termes décisifs nous font défaut ; éminemment, ils sont; et nous les pouvons dire réels, en vertu de l'union intime de la raison universelle et de la raison humaine. Plus précisément encore : si la raison est l'enchaînement des vérités, les M3'slères la surpassent dans l'exacte mesure où ils « contiennent des vérités qui ne sont pas comprises dans cet enchaînenent'* ». Mais ils ne contredisent pas à notre raison ni « à aucune des

1. Gerhardi, Pliil. Schr., éd. cit., t. VI, p. 70. Théodicée, Disc. préL, par.4o.

2. Les textes abondent sur cette identification de la foi et de la raison. Cf. surtout Rommel, éd. cit., t. II, p. 54; Mollat, éd., cit., p. 52 ; Lettre inédile à Morell, 29 septembre IG'JS, citée plus loin p. 492, etc. — M. Couturat écrit, (p. 599 de La Logique de Leibniz (Addenda), que ces textes prouvent le « rationalisme » de Leibniz en théologie. Sans doute : Mais qu'entend-il ici par « rationalisme » "? Quand il affirme (p. 138) que la religion de Leibniz « est au fond essentiellement rationaliste, naturaliste et presque païenne, comme sa morale elle-même», il exprime une théorie qui serait juste, si ce mot de « rationalisme » n'était pas considéré ici par M. Gouturat à peu près comme synonyme d'irréductibilité au christianisme. Ailleurs [Rev. de Me'taphys., janvier 1903, ]). 93), à propos de la Théodicée, il écrit : « La religion n'est plus qu'un succédané de la morale; elle est inutile au sage. » N'est-ce pas toujours un point de vue personnel qui s'introduit? N'est-ce pas surSout partir dune conception de la religion « irrationnelle », — conception que Leibniz n'eût pas admise?

3. Gcrhardt, Phil. Sc/ir., éd. cit.. t. VI, p. 86. Théodicée, Disc, prélim, par. 63.

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