‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 293 sur 305 · Plolin, Ennéacles, IV, m · texte numérisé non relu

Plolin, Ennéacles, IV, m

divine ni par conséquent toute la nature en général*. » Affirmation à la fois panthéistique et inséparable de l'existence d'un Dieu personnel ; car les seules prophéties qui paraîtront à Leibniz surnaturelles seront les prophéties « qui vont au détail- ». Telles furent certaines prophéties d'Israël.

Sans doute, les prédictions d'une visionnaire sont dépourvues de réalité objective. Et par là elles se séparent des prophéties de vrais inspirés. Mais l'état spirituel d'une simple extatique est-il donc dénué de valeur ? Cette prophétesse, dit Leibniz, ne voit que Jésus-Christ, « parce qu'on n'emploie guère d'autres saints chez les Protestants. Cet amour si ardent qu'elle porte au Sauveur, excité par les sermons et par la lecture, lui a fait enfin avoir la grâce d'en voir l'image ou l'apparence : Car pourquoi ne l'appellerais-je pas une grâce ? Cela ne lui fait que du bien ; elle en est joyeuse ; elle conçoit là-dessus les plus beaux sentiments du monde ; sa piété en est réchauffée à tous moments... On voit que des apparitions semblables... animèrent » lès martyrs à souffrir. « C'étaient donc des grâces ; et peut-être beaucoup de saints n'en avaient point d'autres. Il ne faut pas s'imaginer que toutes les grâces de Dieu doivent être miraculeuses. Quand il emploie les dispositions naturelles de notre esprit et des choses qui nous environnent à donner de la lumière à notre entendement ou de la chaleur pour bien faire à notre cœur, je le tiens pour une grâce. Cette multitude des prophètes du peuple d'Israël apparemment n'était pas d'une autre nature ^ »

Si l'on voyait en toute cette profonde théorie du mysticisme prophétique et extatique une négation de l'inspiration

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