‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 34 sur 305 · Id.. t. V. p. 448, in Nouveaux essais, L. IV, cli. xvi · texte numérisé non relu

Id.. t. V. p. 448, in Nouveaux essais, L. IV, cli. xvi

3. Cf. sur cette logique du probable. Couturat, Logique de Leibniz, ouv cit., pp. 240 .sqq.

LES JÉSUITES 7i

faire une chose dont on sait qu'indubitablement quelques péchés s'ensuivront, pourvu qu'on soit assuré d'empôcher par là bien plus de péchés ou de maux spirituels. Il y a bien des questions en morale qui ont encore besoin de décision et je trouve qu'on n'a pas encore bien établi les principes qui doivent servir à les décider ; car on ne peut pas s'arrêter à la raison toute pure ; ily faut joindre les antiquités de la Sainte- Ecriture, des conciles, des canons et des Pères, et môme, en quelque façon, des docteurs. . . II faut suivre le plus probable. . . Or, d'examiner les degrés de probabilité, pour choisir le plus apparent, c'est une nouvelle discussion peu éclaircie jusqu'ici... Il serait donc à souhaiter que nous eussions une théologie morale bien établie et bien solide *. »

Leibniz ici encore part de l'expérience pour la modifier. 11 ne juge pas les doctrines. Analyste, il se demande si l'immoralité n'en viendrait pas surtout de ce qu'elles sont insuffisamment approfondies. Le probabilismc serait ainsi l'imparfaite solution d'un problème plus vaste que lui.

Intimement, d'ailleurs, Leibniz réprouvait les arguments des Gasuistes. Il déplorait qu'un homme aussi remarquable que le P. Fabri eût entrepris « de défendre cette morale ridicule de la probabilité et ces subtilités frivoles, inconnues à l'ancienne Eglise et même rejetées par les païens '-. » Mais historiquement, les dépravations de leur doctrine ne provenaient-elles pas, en partie, de l'extrême puissance des Jésuites ? Cette puissance, conquise en quelques années, les avait conduits à mêler trop sensiblement le bien de leur Société et le bien de l'Eglise ^

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