Id., t. II, pp
Autant qu'à leur morale elle avait nui à leur politique. Leibniz attaque ici sans réserves. Non seulement dans un pamphlet comme le Mars Christianissimiis , où il combat le P. de La Chaise \ mais dans des lignes impartiales, il reproche aux ecclésiastiques et en particulier aux Jésuites de se mêler des affaires d'Etat. Dans une lettre inédite au Landgrave, dont il ménage pourtant d'ordinaire le catholicisme, il s'écrie violemment : « Quant à leur politique, V. A. S. sait mieux que moi qu'ordinairement les gens du cloître (dont je n'exclus pas les Pères de la Société) , ont des fausses maximes - . » Il faudrait maintenant se garder de conclure que Leibniz crut à la toute-puissance politique des Jésuites. Les confessions royales, grâce auxquelles les Jésuites dirigeraient le monde, lui paraissaient des fables^. Et il classe la bonne intelligence du pape avec les Jésuites, parmi les « opinions fausses et en partie ridicules, vulgairement reçues^ ».
Comment accorder et fixer ces opinions divergentes ? A la surface Leibniz était en partie régi, dans ses jugements sur les Jésuites, par des souvenirs personnels. Les Jésuites qu'il avait vus n'étaient pas atteints de la mauvaise morale. C'est pourquoi il crut sans cesse que l'ordre total était intact '\ Plus profondément, Leibniz semble avoir fait d'avance, en faveur de son admiration pour les Jésuites, le sacrifice de leur insuffisance morale. C'était pour lui comme un postulat négatif qu'il fallait accepter.
Enfin, plus intimement encore, Leibniz apercevait les