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pour Péking, où il avait bâti un temple mosco\ite et baptisé vingt Chinois \ Mais Leibniz eût sans doute voulu voir des missions protestantes se joindre aux missions romaines et orthodoxes : l'œuvre à réaliser était complexe. On n'atteindrait la Chine que finalement. Il fallait d'abord pénétrer l'Empire russe lui-même et le convertir à la culture européenne. Leibniz eût souhaité peut-être que là, comme partout, s'organisât une active collaboration : Les prêtres grecs cherchant à se tracer une route terrestre jusqu'à la Chine; et les Protestants apportant leurs rites purifiés à d'immenses peuplades barbares. Un projet d'union des Eghses, tout secret, s'ajoutait à cet efîort d'expansion. Le 46 novembre 1707. Urbich avait averti Leibniz que Pierre travaillait à unir l'Église grecque à l'Eglise latine, et que le prince Kourakine était chargé de l'œuvre*. Le 15 octobre 1710, Urbich parle d'un projet de concile œcuménique^ Il écrit à Leibniz, en style diplomatique, qu'il a « proposé Leibniz- qui était fort capable de dresser le système' ». Mais le concile serait difficilement rendu œcuménique, car il faudrait que le Sultan permît aux patriarches orientaux d'y assister. Or cette permission est douteuse.
Leibniz ne parlait du concile qu'en passant et toujours dans le même style secret. Mais la persistance même de ce style prouve que quelque chose d'important se préparait. Selon sa prudence habituelle, Leibniz ne craignait rien tant que les indiscrétions : « Je comprends bien. Monsieur m, écrivait-il à Urbich, « que vous avez raison de ne rien précipiter sur le