BODEMANN, p. 35, n
&. GUHRAUER, t. II, p. 89.
5. « Memini in manus meas incidere olim sumtam ex Archivo quodam Germanico veterem Bullam Pontificam circa Otionum tempora datam, ubi Episcopus aliquis Germanus ob merita sua a Papa telatus fuisse dicitur inter Cardinales. Verba Bullæ quantum memini sunt : /nter Cardinales Episcopos nostræ sedis relatum ». Lettre à Ciampini (corr., fol: 2 et Ms. XII. V. 1, fol. 2), s. d., mais datant du séjour de Rome, car Ciampini y répond le 21 octobre 1689 (Ms. cité, fol. 3-4), par une lettre commençant ainsi : « In familiaribus collocutionibus Vir clarissime quae inter nos nudus tertius intercessere una fuit »,
6. Lettre à Bianchini, 12 /21 septembre 1690. Feper, p. 305. Cf. GUHRAUER, t'IT p.89
7. « Ipsius Casanatæ Bibliothecæ præerat vir doctissimus, qui idem erat secundus Vaticanus custos cum ego Romæ versarer. » Lettre à Magliabechi, 29 décembre 1693. Sylloge, p: 46 (DuTENs, t. V, p. 104).
souvent au cardinalat (1) », car « cette charge donne rang d’évêque et des bénéfices considérables (2) ». Parmi les cardinaux étrangers, César d’Estrées représentait Louis XIV à l’élection du nouveau pontife (3); dans son entourage se trouvait François Diroys, docteur en Sorbonne, avec qui Leibniz s’entretint de la chronologie biblique (4).
Outre les séculiers, Leibniz eut d’étroits rapports avec les religieux de tous les ordres. Il rêvait de les utiliser pour le plus grand bien de la civilisation par une sorte de division du travail amenant leur spécialisation dans les études qui leur convenaient le mieux : c’étaient, non les Bénédictins, mais les Jésuites qui devaient faire œuvre d’historiens (5), ce qui s'explique sans doute par l’admiration qu'il professait pour les Bollandistes et par la correspon-
1. Lettre à le Thorel, du 25 novembre 1698, citée par BODEMANN, p. 143, n° 554. ‘
2. Lettre inédite à Pfeffinger, s. d. (1701), citée par Baruzi, L. ce. Cf. lettre d’Antonio Alberti, du 4 février 1694. BODEMANN, p. 4, n° 8.
3. Cardinalis Estræus ad vos redit depositarius ». Lettre à Noris, citée Kzopp, t. VI, p. 44.
&. « Feu Mons. d’Irois,Theologien de M. le Cardinal d’Estrées, qui a fait un livre sur la Sainte Ecriture, me disoit à Rome que si... il se trouvoit un jour, par des Histoires verifiées de quelque peuple, que le monde est plus ancien que les 70 mêmes ne semblent le dire, on pourroit pourtant soutenir la verité de la Religion, parce qu il n’est point dit que ceux que Moïse nomme ayent esté engendrés les uns des autres réciproquement. Mais je n’apprehende point que nous soyons reduits à une si fâcheuse excuse, et les 70 peuvent suffire. » Lettre à Nicaise, 6/16 août 1699. Gexr., Phil, t. II, p. 590. Diroys, mort vers:1691, était l’auteur des Preuves et Prejugés sur la religion Chrestienne et Catholique. Même lettre, édon V. Cousin, Fragments philosophiques pour faire suite au Cours de l’histoire de la philosophie, 4e édition, t. III, Philosophie moderne (Œuvres de Victor Cousin, 3° série, t. III). Paris, 1847, in-12, p. 200-3.
5. Tandis que les moines « bien rentés » comme les Bénédictins « seroient hospitaliers et feroient des aumosnes », que « les moines mendians » s’appliqueroient «à la medecine, chirurgie », les « Dominicains et Jesuites resteroient Lecteurs et Professeurs avec les Carmes et les Augustins et seroient Predicateurs et Maistres d’Ecole....Jls feroient des recherches pour l’histoire ecclesiastique et profane, et seroient versés dans la lecture des Peres et dans les Humanités. Les Peres de la mercede et... d’autres Missionnaires.. dependant de la Congregation de propaganda fide, cultiveroient les langues orientales et autres et repareroient les ruines de la confusion de Babel, quant à la foy et quant à la langue. Outre qu’ils rendroient de fort grands services au genre humain en éclaircissant la Geographie », tandis que les solitaires cultiveroient les sciences abstraites. Lettre au landgrave Ernest, 21 avril 1690. ROMMEz, t. LI, p.-207-8-
dance qu’il entretenait avec eux (1). Il essaya probablement de tourner les Jésuites du côté des études historiques dans ses rapports avec le P. Tolomei et surtout avec le P. Grimaldi (2), président du tribunal mathématique de l'Empereur de Chine, qui l’initia aux études chinoises (3) et lui promit des renseignements sur les langues de l'Orient (4).
Leibniz s’efforca de faire tourner toutes ces relations au profit de la science. Il cherchait à arrêter les censures qui frappaient encore à Rome les systèmes astronomiques de Copernic et de Galilée, en montrant qu’ils n'étaient pas en désaccord avec la Bible (5). Il profitait surtout de son accès auprès des cardinaux pour faire des recherches à la bibliothèque du Vatican, à la tête de laquelle était un allemand Schelstrade, et aux archives du château Saint-Ange, dont le gardien était Jean Besaica. A la Vaticane, il se fit communiquer le manuscrit original de la vie de la comtesse Mathilde, par Domnizon, qu’il conféra avec l’édition donnée en 1642 par Tengnagel et dont il fit reproduire les gravures (6); il obtint du second bibliothécaire, Laurent Zaccagni, la table des chapitres du manuscrit de l’histoire de Widukind, abbé de Corvey, qui se trouvait alors au Mont-Cassin (7) et parcourut les volumes
1. Plus tard, il aurait voulu leur faire effectuer des recherches sur l’aiguille aimantée pour la géographie et la navigation. Lettre à des Bosses, 15 février 1712. Gexr., Phul., t. II, p. 437 (Durens, t. II, p. 296). Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il estima les Bénédictins comme historiens. Lettre à Widow, 7 décembre 1715. KorTu., t. III, p. 341 (DuTens, t. V, p.472).
2. « J’ay trouvé des Jesuites fort raisonnables à Rome, particulierement le P. Ptolemei Procureur General et le P. Grimaldi, qui estoit venu de la Chine et qui partit de Rome devant moy ». Lettre au même, s. d. (juin 1690). TD p.248
3. Baruzi, p. 79, n. 2; PRANTLz, p. 188 et GuHRAUER, t. II, p. 94-95.