Ibid. et lettre de Ch. Schrader citée p. 104, n
âge et la période moderne (1). En même temps, 1l envoyait au duc deux mémoires, dont l’un sans doute établissait que la branche allemande était l’ainée (2) et demandait « un mot d'audience (3) » pour une entrevue où, comparant sa situation à celle des historiographes en titre, il comptait évidemment réclamer à Ernest-Auguste la pension que lui avait donnée son prédécesseur (4), après avoir prié la duchesse Sophie de le recommander (5). Il échoua dans ses réclamations (6).
1. Lettre à Ernest-Auguste, 5 janvier 1691. Dœ3BNer, p. 174-6. Le début est reproduit par WEGELE, p.634, n.4. Suit:« Ce qui m’arreste le plus est la sujetion ou je me trouve de recourir à tout moment aux passages des bons auteurs pour ne rien avancer sans fondement, et pour ne pas manquer dans le detail des circonstances. Je suis assez préparé et informé maintenant pour les choses plus anciennes arrivées jusqu’à l’erection du pays de Brunswick en duché, mais depuis ce temps sçauoir 1235 jusqu’au commencement du siecle passé les historiens ne sont pas si secourables et les archives et ecritures du pays y doivent suppleer et c’est où j ay encore beaucoup à travailler ». C’est évidemment à cette lettre qu’il est fait allusion dans celle de Bernstorff du 24 novembre 1714: « Ihr wendet nur, dafern er bey Lieferung dieses sich wiederumb zu Hannover befindet, mündlich, anderen falls aber durch Schreiben in Unserem Nahme ihm zu gemüth finden, wie es bereits Anno 1691 sancte promittiret, geodachtes opus historicum in wenig jahren fertig zu schaffen ». In., p. 93. De même, avec une légère erreur, dans la lettre d’Imhof, du 21 juin 4715 : « Qu'on avoit gardé une lettre de votre main de l’année 1691, dans laquelle vous aviez promis d'achever votre ouvrage dans un an. » Ip., p. 120. ‘
2. « Deux des plus belles connoissances et des plus importantes que j’ay rapportées d'Italie, qui nous estoient tout à fait inconnues auparavant et qui peut être valoient seules quelque chose de plus que ce voyage. je ne voy rien qu'on puisse dire de plus considérable pour conserver la mémoire des droits de cette Sme Maison en Italie». Lettre citée ci-dessus. DŒBNER, p. 174.
3. « A l'égard de quelques choses, qui me paroissent nécessaires, pour ayancer autant qu'il est possible l’ouvrage historique. » Ip., p. 176.
4. Ms. XXHI. VII, fol. 31-32 (Cf. Z. d. h. V. f. N. 1890, p. 136--8). S. d., mais rappelant une lettre à Rodolphe-Auguste. Bien qu’en allemand, elle ne peut lui être adressée, car ce n’est pas à lui qu’il pouvait réclamer la pension de Jean-Frédéric; elle est donc à un ministre d’Ernest-Auguste et date sans doute de 1690 ou 1691 comme la précédente et la suivante.
5. Lettre citée plus haut, p.102, n. 2, où il alléguait que son « dessein estoit de differer toutes sortes de sollicitations jusqu’à l’achevement complet de son ouvrage; mais qu'il se voyait forcé par les incommodités que lui causait un travail trop assidu. » Elle est sans date, mais Leibniz dit qu’il est depuis quinze ans au service de la maison de Brunswick, ce qui en reporte la date à la fin de 1690 ou au début de 1691.
6. En septembre 1691, il écrivait à Windischgrætz à propos de.son histoire : « C’est un ouvrage d’assez grand detail, mais comme j’y ay esté engagé même avant mon dernier voyage que j’ay eu ordre de faire expres pour ce sujet la
Ainsi, c’est surtout de l’ancienne histoire de Brunswick que Leibniz s'était occupé jusqu’à la fin de 1692. Toutefois, dans l'intervalle, il paraît avoir été prêt d’abandonner le moyen-âge pour l’histoire moderne et il réclamait des documents contemporains (1), ce quine l’empêchait pas de croire qu’il aurait bientôt terminé son ouvrage (2).
Cependant, comme il avait fait porter surtout ses recherches sur l’histoire du moyen-âge, qui lui paraissait la plus utile pour la maison de Brunswick (3), Leibniz semble avoir bientôt voulu s’arrêter à l’année 1235 en se bornant à la période qu’il connaissait déjà à fond (4). Le 1eT juillet 1692, il envoya à Ernest-Auguste un mémoire en français comprenant des réflexions générales sur l’histoire et sur la généalogie (5), suivi d’un plan de la future histoire de Brunswick, jusqu’à l’érection du pays en duché (6). Nous avons deux autres rédactions de ce plan : une seconde
bonne foy m'oblige de la pousser à bout, bien que les avantages n'ayant pas toujours coûtume de repondre aux travaux ». Il ajoutait qu’il espérait « d’en sortir bientôt avec l’aide de Dieu ». Kzoppr, t. VI, p. 28. Il renouvelle, d’ailleurs, ses réclamations par la suite.
4. « Car ayant maintenant presque surmonté la vieille histoire de la Maison de Bronsvic… je dois venir à l'Histoire moderne... I1 est temps de songer à cela pour ce que je commence à me préparer à ce travail et à prendre mes mesures sur la maniere de l’exécuter ». Lettre à Boinebourg, 25 septembre 1691. Ip., p. 33-34, et une lettre au même citée parWeceLr, p. 632, note 8. « Je seray bientost en estat de dépêcher l’ancienne histoire où je travaille... Estant presque sorti maintenant de ces recherches penibles et espineuses de l’ancienne Histoire. j'entreray dans le beau champ de l'Histoire moderne ». Lettre à Windischgrætz, 29 décembre 41691. In., p. 37-38. Bopemann, p. 389, n° 1005. — — Tous ces passages se rapportent à l’histoire de l'Empereur Léopold, que Leibniz comptait écrire en même temps que celle de Brunswick au xvire siècle. Cf. lettre de Consbrück, s. d. (fin de 1691). Kzopp, t. VIT, p. 30.
2. Le 1er mai 1692, il écrivait au comte de Viviers, qui lui avait fait des ouvertur:; pour l’attirer en France, en lui énumérant différents « empèchements » dont l’un est «que je suis engagé à l’histoire de Brunswick, pour laquelle on m'a fourni quantité de titres et de mémoires, e£ mon honneur ne me permet pas de quitter cet ouvrage, sans le mettre en état. Il est vray que cet empêchement est temporel et sera maintenant de peu de durée. » GUHRAUER, t. II, Beil., p.15 (d’apr. N. Lut. Anzeiger, 1807, p. 812).
3. « La partie la plus importante de mon travail pour esciærcir les droits de la Sme Maison de Bronsvic, surtout dans les conjonctures presentes ». Lettre à Boinebourg (citée plus haut, note 1), p. 33.