V. plus haut, p. 113, n
7. Après avoir parlé de l’histoire qu’il projette, Leibniz écrit à J.-A. Schmid, le 21 mars 1692 : « Codicis diplomatici edendi consilium cepi, quod mihi complura Manuscripta percurrenti multa hæc sese obiter obtulissent, nec ad edendum alia fere quam semel atque iterum legentis opera opus uiderentur. » VEESENMEYER, P. 1.
8. On peut « juger par la veue de l’ouvrage même, qu’il n’a pu me detourner beaucoup de l’occupation dont je suis chargé; et que ces choses se sont presentées en partie en travaillant à l'Histoire; car... on est obligé de parcourir
des recherches historiques et inspiré par des pensées Jjuridiques et politiques.
Comme la plupart des livres de Leibniz, c’est un ouv "age de circonstance : il est né à l’occasion de publications analogues parues à Vienne et à Paris. La première idée parait lui en être venue à propos d’un projet de Nessel d'éditer les traités de paix de la fin du moyen âge et de l’époque moderne: elle s’est fortifiée à la nouvelle d’un dessein semblable du libraire Léonard, concernant les traités signés par les rois de France aux mêmes époques (1). Leibniz, avertissant de ce projet le réfugié français en
bien des choses où on ne trouve que peu qui puissent servir. Comme j’ay fait entrer dans ma collection quelques actes peu connus des anciennes Elections, cela m’a donné occasion de f'aire quelques remarques dans ma preface sur Ja veritable origine des Electeurs ». Lettre à Grote, 2/12 mai 1692. K LOPP, t VI, P. 44. CF. lettre à Antoine-Ulrich, s. d, Z. d. h. V. f. N. 1888, p. 144-5.
1. « Mons. Nessel, le bibliothecaire de l'Empereur, a fait imprimer il y a deux ans où environ un Catalogue de quelques Traités publics qu'il veut faire imprimer. Il m'envoya le Catalogue et me pria de luy fournir ce que je pouvois avoir qui luy manquoit. Mais je trouvay que ce qu’il y à dans nos Bibliotheques et Cabinets avec ce que j’ay en particulier surpasse infiniment en nombre et en qualité ce que M. Nessel a dans son catalogue où il n’y,à presque que des pieces deja imprimées au lieu qûe nous en avons une infinité de Manuscriptes... Je pensay donc à en faire faire un recueil où j’omettrois presque tout ce que M. Nessel veut donner, afin de ne point faire tort à son ouvrage. {1 J'avois deja pris des mesures pour ce dessein, lorsque J'appris de Paris celui de M. Leonard, et que je reçus le Catalogue de ses traités. Je vis bien alors qu'il avoit une bonne part de ceux que j’ay, et même que je n’ay point, mais aussi Je trouvay qu'en revange j’en ay un grandissime nombre de ceux qui ne sont point venus à sa Connaissance, et qui Surpassent de beaucoup ceux qui nous sont connus. Ainsi j’ay le dessein de faire Poursuivre, sans m’arrester à l'ouvrage de M. Leonard, et ce qui se trouvera de plus dans le sien pourra estre un jour dans les additions du mien, autant qu'on le jugera à propos ».Lettre à Basnage, 16/26 octobre 1692. GEnnr., Phil, Lt. ITT, p. 90-91. Les ouvrages dont parle Leibniz sont, : 10 le Prodromus Pacificatorius.… seu Catalogus chronologicus tractatuum... in orbe lerrarum, ab anno 1400 ad annum 1685, Autore Daniele Nesselio, Viennæ Austriæ, 1690, LENGLET DurREsNOY, Méthode hisiorique, 2°édition, 1723, t.LV, p.455. V.le titre complet dans la Mantissa, pré IS xxx Durens, t. IV, part. 3, P. 324. Leibniz en parle dès le 16 juillet 1690. Lettre à Magliabechi, Epistolæ, p. 18 (Durens, t. V, P. 88). 29 les Preliminaires ces Trâites faits entre les Rois de France et tous les princes de l'Europe, depuis le regne de Charles VII. Paris et la Haye, 1692, œuvre d’Amelot de la Houssaye, destinée à servir d'introduction au Recueil des Traitez de Paix, de treves, de neutralité, de confederation, d'alliance, de Commerce, faits par les Rois de France avec tous les Princes et Potentats de l'Europe et autres depuis près de trois suecles, assemblez, mis en ordre et imprimez par Frederie Leonard, premier Imprimeur du Roi, qui devait paraître à Paris en 1693 en 6 vol. in-40, Une 3° édition des Préliminaires, plus ample, sous le titre d’Obseroations historiques et politiques
Hollande Basnage de Beauval, auteur de l'Histoire des Ouvrages des Savans, qu'il avait vu à Hanovre dans le Gourant de l’année (1), lui demandait « de detourner les libraires de Hollande » de réimprimer le recueil de Léonard, Comme voulait le faire Moetjens à La Haye, de ne pas faire encore mention de cet ouvrage dans son Histoire et de ne le « point nommer, ny le lieu où l’on pense cela, mais de temoigner seulement la chose en general (2) ».
Il était alors à Hanovre (3); il se rendit aussitôt à Wol- | fenbüttel (4), vit le due Rodolphe-Auguste, lui dit qu'il avait appris par le Journal des Savans qu’on allait publier en France une grande collection de traités de paix et d’alliances et le pria de l’autoriser à devancer cette publication par celle des pièces qu’il avait en grande partie tirées de la Bibliotheca Augusta, et dont beaucoup servaient à l’histoire de la maison de Brunswick (5). Le duc le lui ayant permis, Leibniz lui demanda de faire prendre à Vienne ou en Hollande un privilège général pour tout ce qui serait édité d’après les manuscrits de la bibliothèque de Wolfenbüttel, en particulier pour le Codex diplomaticus, dont il lui envoyait le titre complet (6). Rodolphe-Auguste ne le fit pas; mais Leibniz obtint à Lunebourg un privilège de dix ans pour son ouvrage (7).
Cependant Leibniz faisait annoncer son ouvrage dans les journaux de Hambourg et de Francfort. Comptant le
sur les Traitez des Princes, se trouve en tête de l’édition des traités de Léonard par Moetjens (v. plus loin, chap. V). Elle est reproduite dans le Corps diplomatique de Du Monr, 2° édition, 1726, &. IT, part. 2, p.158.
1. « Avant-hier et le jour auparavant estoit icy l’auteur des Ouvrages des, Savans, Monsieur de Beauval ». Lettre à Hertel, 29 mai 1692. BURCKHARD, t- II, p. 308.