Lettre de Tentzel citée plus haut, p. 126, n
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Halle, en parla dans un de ses ouvrages (1). A Paris, où le président Cousin en fit, dans le Journal des Savans un résumé intéressant et élogieux (2), Louis de Verjus, comte de Crécy, frère du Jésuite Antoine Verjus, qui avait été plusieurs fois en Allemagne et devait participer au traité de Ryswiek, le loua fort (3). L'ouvrage fut de même bien reçu en Italie. Ce qu’on avait le plus capplaudi en France. et en Italie », c’était le « choix » que Leibniz avait fait dans son recueil, tandis que la complication de Léo nard, y paraissait un véritable « fatras » (4). En Hollande,
le Codex diplomaticus était, pour les mêmes raisons, loué
par Basnage, qui en admirait surtout la préface et appréclait la résolution de Leibniz de rechercher l’inédit (5). En Angleterre enfin, où Edouard Bernard, professeur d’astronomie à Oxford, philologue émérite, applaudissait au projet de l’auteur (6), le succès ne fut pas moins grand, puisqu'il y décida une publication analogue.
Thomas Rymer, qui s'était d’abord occupé de littérature, ayant été, à la suite de savantes recherches sur le Parlement anglais (7), nommé historiographe de Guil-
Jaume TIT en 1692, fut chargé, le 26 août 1693, de publier
les traités conclus entre la Grande-Bretagne et les autres états et autorisé à rechercher dans les dépôts publics «toutes les ligues, traités, alliances, capitulations, confédérations » passés entre la couronne d’Angleterre et les pays étrangers (8). L'idée d’un pareil recueil paraît avoir été suggérée au gouvernement anglais par lapparition du Codex
1. «J'ai vu ce que Mr. Thomasius a dit danssa preface de nævis jurisp. il paroist qu'il est en partie de mon sentiment sur l’histoire et en partie qu’il ne l’est point ». Lettre à Becker, 4/14 janvier 1699. Feper, p. 144.
2. J. des 55. 1693. CF. plus haut, p. 136, n. 8, et « Auctor Diarii Eruditorum Parisini honorifice admodum de opere meo judicavit ». Lettre à Magliabechi, 29 décembre 1693. Epistolæ, p. 49 (Durens, t. V, p. 104).
. Lettre à Basnage, 3 /13 janvier 1696. Geur., Phül., t. III, p. 120. . Ibid. et lettre au même citée plus haut, p. 128, n. 2.
. Lettre du 15 janvier 169%. Genr., Phül., t. III, p. 107.
. Lettre de Bernard, juin 1693. Frper, p.. 199.
. Ofthe Antiquity, power, and decayÿ of Parliaments, 1684.
. Art RyMER, D. of N. B., t. L, p. 65-67.
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diplomaticus (1). Rymer prit d’ailleurs pour modèle l’ouvrage de Leibniz, le reconnut et lui demanda ses conseils(2) : il en sortit les Fœdera, (3). Leibniz a répété à plusieurs reprises (4) que l'exemple du Codex juris gentium avait fait entreprendre cette publication à Rymer, qui se croyait, par suite, obligé de lui « en destiner un exemplaire de chaque tome qu’il publiroit » (5).
En Allemagne, l'ouvrage de Leibniz ne devait pas de suite susciter des imitateurs (6). Le Code diplomatique Y
4. Ch.-V. LanGLois, p. 324, d’après Durrus Harpy, Descriptive Catalogue of materials relating of the history of Great Britain and Ireland, t. I, 1862, p. LItr, qui suppose seulement ce fait.
2. Art. cité plus haut (p. 137, n, 8), p. 67. — Leibniz reçut de Rymer un diplôme d’Otton IV concernant l’île d'Oléron et lui envoya un traité entre Philippe III et Edouard Ir. Lettre à Rymer, 16/26 juillet 1695. British Museum, Harleian, ms. 4.713, fol. 14.
3. Fœdera, Conventiones, Lüteræ et cujuscumque generis Acta publica inter reges Angliæ et alios quosois imperatores, reges, pontifices, principes, vel communitates. LANGLoOIS, p. 324-5. Titre complet dans la Mantissa, préf., $S xxxiv. DurTens, t. IV, part. 3, p. 327.
&. « Professus est nostro se exemplo excitatum, eosdemque sibi limites præscripsit, a quibus Tomus noster primus cœpit, annum æræ Christianæ 1100. » Ibid., p. 326. « Thomas Rymerus... mei Codicis Diplomatici aspectu excitatus, ut ipse ad me scripsit, Diplomata Regia in Archivis Monasteriensibus, Turris- -que Londinensis excussit ». Lettre à Magliabechi, 21 juillet 1705. Æpistolæ, p. 107 (Durens, t. V, p. 135). Rymer n’en dit rien dans sa préface. :
5. Lettre à Bothmar, 18 mars 1715. Dœgner,p. 140. Cf. « Feu M. Rymer ayant entrepris à la veue de mon Codex juris gentium dipl. le grand dessein de recueillir les actes les plus considerables de la couronne d'Angleterre et me voulant marquer une espece de reconnoissance comme il me l’a temoigné luimême, il a fait en sorte que j’ay receu en don tous les volumes de son important ouvrage les uns après les autres ». Lettre au même, 24 novembre 1715. Ip., p. 110.
6. Les ouvrages de Luünic, Das teutsche Reisch-archie et Teutsche Reichs- Cantzley, Leipzig, 1713-22 et 1714, compilations méthodiques pour lesquelles l’auteur revendique hautement l'originalité (préface du tome I du Reischarchive) se rattacheraient, en effet, tout au plus aux Statuta et Rescripta Imperiala sive Constitutiones Imperiales de Goznasr (1607) et il n’y aguère que les titres du Codex Germaniæ diplomaticus et du Codex ltaliæ diplomaticus (Francfort et Leipzig, 1725-35) qui puissent se réclamer de Leibniz; ces ouvrages sont en quelque sorte des continuations du Reichs-archiv et procèdent de la même pensée. On retrouve encore l’influence du titre de Liebniz dans le Codex diplomatico-historico-epistolaris de Bernard Prz, Augshourg, 4729; le Codex diplomaticus antiquitatum Nordgauensium de I.-H. nr FALGKENSTEIN, Leipzig, 1733; le Codex diplomaticus Moguntiacus de NV.-Fr. pr ŒUDEN, Gœættingue, 1743. Toutefois il n’y à que pour Ch.-Louis Senerpr, historiographe de la maison de Brunswick et éditeur de plusieurs ouvrages de Leibniz -(v. pl haut, p. 108, n. 10 et plus bas, chap. vi) qu’on peut affirmer une influence de Leibniz dans les titres du Specimen Codicis Diplomatici Bauarici
avait eu cependant un tel succès, que le libraire Thomas Fritsch avait demandé à l’auteur de donner sous une forme coneise le résumé de l’histoire de l’Allemagne, de Charlemagne à l’époque contemporaine. Leibniz fut flatté de cette démarche, mais déclara que ses occupations ne lui permettaient pas d’accepter. Il renvoya le libraire à Schurzfleisch, professeur d'histoire à Wittemberg (1), qui, connaissant parfaitement les historiens du moyen-âge, était, à son avis, le savant le plus capable d’en tirer l’ouvrage réclamé (2).
A partir de 1693, Leibniz, tout occupé du Codex diplomaticus et dont la santé déclinait (il était incommodé par des fièvres et des phlogoses (3), paraît s’être moins occupé de l'histoire du Brunswick que par le passé : on en trouve dans ses lettres beaucoup moins de traces qu'auparavant. Toutefois, il était loin d'abandonner ses travaux : il faisait à ce moment des recherches linguistiques (4) et continuait à demander des documents pour éclaircir lhistoire du duché (5). Ayant appris la mort de Sagittarius, il écrivait à Leipzig pour s'informer de ses manuscrits où il y avait, non seulement beaucoup de documents concernant l’histoire d'Allemagne, mais tout un recueil servant à illustrer
(Bibliotheca historica Gættingensis. 1. Theil. Gœttingue, 1754, p.183-296) et de la Mantissa documentorum dans les Historische und diplomatische Nachrichten von dem... Adel in Teutschlaad, Hanovre, 1754, t. IT du Codex diplomaticus Brunsvico-Luneburgensis. Cf. À. D. B.,t. XXX, p. 711.