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CHAPITRE VI

LES VOYAGES DE LEIBNIZ EN PRUSSE ET EN SAXE, LA PRÉPARATION DES ( ANNALES IMPERII »

ET LES ( SCRIPTORES BRUNSVICENSIA ILLUSTRANTES ) (1701-1711).

Avec lavènement de George-Louis avait commencé pour Leibniz une période d’instabilité. Désireux d'échapper à la tyrannie du prince, poussé par le goût des voyages et par le besoin d’étendre sans cesse le théâtre de son activité, à partir de 1700, il fera régulièrement, pendant plusieurs années, à chaque printemps, ou chaque été, un voyage en Prusse et en Saxe et ses occupations historiques s’en ressentiront. :

La nouvelle royauté fondée en 1701 en Prusse attirait Leibniz et comblait ses vœux en créant un roi protestant en Allemagne (1); comme président de la Société des Sciences, il pouvait rendre facilement visite aux nouveaux souverains. Appelé par Sophie-Charlotte (2), il fut retardé par l’arrivée de l’ambassade anglaise venue à Hanovre pour apporter à l’électrice Sophie l’acte de succession protestante (3). Réclamé de nouveau par la reine (4), il

1. «Nec video cui id agere majori jure conveniat (?) quam regi inter protestantes potentia, dignitate, laudibus primo ». Lettre à Gehr. Meier (corr., fol. 194 vo), 8 octobre 1697. }

2..Lettre à celle-ci, s. d. (avant août 1701). KLopp,t. X, p. 81.

3. Lettres à J.-A. Schmid, 12 avril 1701. VEESENMEYER, p.125 : à Nicaise du 24. Geur., Phil, t. II, p. 598.

4. Lettre à Sophie, 23 septembre 1701. KLopp, t. VIII, p. 287.

partit sans avertir l'électeur, qui en fut mécontent (1). I allait à Berlin, soi-disant « pour travailler aux interests de la nouvelle Société royale des Sciences (2) » en réalité pour glorifier la nouvelle dignité de Frédéric IT par des publications historiques.

Leibniz avait dû en concevoir l’idée dès le couronnement de Koœnigsberg (19 janvier) : dès le printemps, il s’occupait de réunir des extraits concernant la nouvelle royauté (3). Bientôt il demanda à André Morell, l’ancien président du Cabinet des médailles de Louis XIV devenu surveillant de celui du duc de Schwarzhurg-Arnstadt, de lui envoyer l'empreinte des médailles de Gratien portant l'inscription GLORIA NOVI SECULI(4),et d'envoyer le dessin de toutes celles que possédait son maître à Fôrster, éditeur du Monatlicher Auszug, dont il destinait un numéro entier «à ne faire que la recension de plusieurs pièces en vers et en prose sur la nouvelle royauté (5) » et où elles parurent au mois de décembre (6). En même temps, il faisait imprimer à Hanovre, chez Ammon, une dissertation spéciale dont il comptait envoyer un certain nombre d’exemplaires à Berlin (70

L'impression fut terminée à la fin de septembre et Leibniz en reçut vingt-cinq numéros (8). C’est la De nummis Gratiant Augg. Aug. cum gloria novi seculi dissertatio (9). L'auteur y déclarait que, le nouveau siècle étant marqué par le couronnement du roi de Prusse, celui-ci pouvait se servir comme Gratien de l'inscription GLORIA NOVI SECULI (10). Il expliquait cette inscription et celles des

1. Lettre de la même, 19 octobre 1701. In., p. 29.— Ilétait à Berlinle 30 septembre. HARNACK, t. I, p. 126.

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