Urbjch à Golofkin, 5 mars 17412" GUERRIER, p
remettre un projet concernant l’organisation des sciences dans l'empire russe (1) et le plan « d’un conseil supérieur des sciences et des arts », sorte de ministère de l'instruction publique, d’où dépendraient toutes les écoles et les sociétés savantes, « le soin des langues avec les truchemens, l’histoire et la géographie tant ancienne qu’externe ». Leibniz y parlait de fonder une bibliothèque et une Académie, c’est-à-dire une Université, à Saint-Pétershourg (2). En même temps, il proposait au tsar de lui faire faire « un résumé secret de l’histoire contemporaine depuis quelques années (3) » et lui envoyait une machine arithmétique qui le ravissait (4).
Avant l’entrevue de Torgau, Urbich avait proposé Leibniz à son maître, comme « ministre pour obvier aux intrigues » du duché de Hanovre contre la Russie (5); à Torgau, Pierre le Grand fit promettre à Leibniz une pension de 500 thaler pour l’ «engager à donner quelques fois ses avis » (6), puis lui accorda une pension de 1000 thaler « échus à Noël (7)» et désira le voir aux bains de Carlsbad, où il se rendait. Leibniz devait prendre Schleiniz à Brunswick et faire route avec lui (8); mais, arrêté par la goutte à Wolfenbüttel (9), il ne put qu’envoyer un « mémoire concernant l'étude des langues et l’observation de la variation de l'aiguille aimantée dans l'empire russe (10) ».Il y montrait
1. Projet s. d. (avant le 9 septembre 1712, v. st.). Ip., p. 217-8 (FoucHER DE CAREIL, t. VII, p. 416-8).
2. Projet s. d. (comme ci-dessus). Ip., p. 219-20 (FoucHEeR, p. 516-8).
8. « Kündte man Seiner Czärischen Majestät mit einem Compendio Historico secreto nostri temporis von einigen jahren hehr an Hand geben, so zur den affairen nicht wenig dienen würde. » Mémoire pour Schleiniz, 1712. [p., p. 221.