Lettre du 15/26 juin 1716. Kiorp, t. XI, p
40. V. surtout lettre à Caroline, 31 juillet 1716. Ip., p. 130.
11.Par rescrit du 10/21 février 1716(DœBNer, p.159), George 1er lui avait
Cependant, le grand ouvrage auquel s’attachait Leibniz ne l’empêchait pas de produire quelques œuvres de circonstance touchant la politique, la linguistique ou l’histoire du moyen âge. A Vienne, il avait reçu du français Varignon le projet de paix perpétuelle de l'abbé de Saint-Pierre, cousin germain du maréchal de Villars, avec prière de faire des remarques sur cet ouvrage (1). De retour à Hanovre, Leibniz envoya sa réponse (2). Il y défendait l'Empire d'Allemagne, y parlait de la Papauté et du grand dessein. Ces avis, « par le grand sens et les faits historiques dont ils sont soutenus », charmèrent son correspondant (3). Nicolas Remond, chef des conseils du duc d'Orléans, y admira surtout l’application de l’histoire aux matières Juridiques (4).
En étudiant les origines des nations, Leibniz faisait de plus en plus des recherches Hnguistiques. Après avoir amassé beaucoup de documents en vieil allemand, il en attendait encore d’Anderson, syndic de Hambourg (5): plus tard il s’occupait des remarques de Clauberg sur les étymologies allemandes (6). Il s’occupa des antiquités gauloises à propos d’un mémoire de Baudelot, directeur du cabinet des médailles de la duchesse d’Orléans, sur la description des bas-reliefs découverts en 1711
promis une récompense à l'achèvement de l'ouvrage; peut-être s’agissait-il de la charge d’historiographe. Le 27 octobre, Bothmer le lui faisait presque espérer. Z. d.h. V.f. N.1884, p. 236. Ainsi Leibniz, au moment desa mort, pouvait opter entre deux solutions : aller fonder une Académie à Vienne ou écrire à Londres l’histoire d’Angleterrre.
1. Lettre de Varignon, 3 mars 1714. GEHR., Math., t. IV, Pp.195-6; à Caroline, 29 mars 1715. KLopp, t. XI, D95. S
2. Lettre au même, s. d. (7 février 1715). GEHR., p. 198. Ce sont les (bsersations sur le projet d’une Paix perpétuelle de M. l'abbé de Saint-Pierre. Des Marzeaux, €. IT, 1re édition, p. 1793-84, 2e édition, p. 354-66 (Durens, t. V, P. 56-62 et Foucner pe CaREtL, t. IV, p. 328-36).
3. Lettre de Varignon, 20 Juillet 1715. Genr., Math., t. IV, p.199.
4. Leibniz lui ayant écrit, le 11 février 1745 : « Cette matiere curieuse pourroit recevoir de plus grands embellissemens, surtout par l'Histoire», Remond. répondit, le 1er avril :« Voila ce qui peut s’appeler savoir histoire, et quel en est le véritable usage ». Geun., Phal., t II, p. 637 (Durens, t. V, p. 21 et 641).
5. Lettre à J.-A. Fabricius, 14 août 1711. Konru., t. I, p. 261 (Durenxs, t. V, p. 424).
6. Lettre à Kortholt, 19 novembre LMI AID DAS ES (Durens, p. 334).
à Notre-Dame de Paris. Madame ayant envoyé à l’électrice Sophie, sa tante, un exemplaire de ce mémoire où l’antiquaire montrait que les monuments avaient été élevés par les Gaulois, Leibniz voulut prouver que tout, institutions, mots et mythologie, y provenait de la Germanie, d’où les Gaulois avaient pris leur langue (1). Baudelot répliqua en faveur des Gaulois, déclarant qu’ils étaient les ancêtres des Germains (2). Leibniz répartit que c'était plutôt le contraire d’après les historiens et les langues, mais qu'il attendait l’arrêt final de la duchesse (3). Cette décision ne lui futelle pas favorable ? Nous lignorons, mais après une seconde critique de Baudelot, Leibniz déclara qu'il ne connaissait pas assez les études celtiques et abandonna la discussion (4). Cependant, avant son départ pour Vienne, il donna au libraire Forster la lettre qu’il avait écrite à la duchesse, avec d’autres lettres et différents opuscules concernant les origines des langues allemandes et celtiques: l'impression de l’ouvrage fut retardée jusqu’en 1717 où il
14. Lettre à la duchesse douairière d'Orléans s. d. (30 septembre 1711). EcxaarT, Col. Etym., t. I, p. 75-81. (Durens, t: VI, part. 2, p. 88-90). C£. lettre à Cuper du 15 septembre 1711. Ms. original cité. — Notons que pour lui non seulement OGMION est le même que ORMION ou IRMIN. (ID. p. 51; Durens, p. 90): mais encore Theut où Tuiscon est le dieu des Gaulois (lettre à Kortholt, 1er février 1715. Konrtu.,t. I,p. 318; Durens, f. Vs p. 322).
2. Il écrivit «que les Celtes ont dans l’Europe une priorité d’antiquité sur presque toutes les nations connues qui l’habitent » et dit des Germains « que ce sont les Celtes qui ayant esté les anciens conquerans ou les anciens chefs des colonies y ont porté et leurs coustumes et leur langage ». Lettre de Baudelot (corr., fol. 43-24), s. d. (17 octobre au 29 décembre 1711). ;
3. Puisque Baudelot accorde «ce semble que les Germains et les Gaulois estoient d’une même origine... la question est maintenant, si les Germains sont venus des Gaulois ou les Gaulois des Germains ». Cette dernière opinion est «la plus vraisemblable; car on n’y sauroit arriver à la certitude »; mais d’après César, « les Belges étoient une colonie (iermanique moderne... les Ceites une colonie Germanique plus ancienne... les Aquitains un reste des habitans anterieurs, de même race que les Ibères, et... la langue prouvoit abondamment leur origine germanique ». Lettre à Baudelot (corr., fol. 1-4), s. d. (29 décembre 1711).
4. EckHaRrrT, Coll. Etym., préf., p. 13-14 (Dürens, t.VI,part. 2, p-91). Cf. les pièces 5 et 6 citées par BODEMANN, p. 40, n°36, dont la dernière (fol. 37), S. d. (après le 1°T juillet 1712) commence ainsi : « Si nous continuions nos repliques, M. Baudelot et moy... nous tomberons apparemment dans des redites ». :
fut édité par Eckhart, (1) qui s’occupait, à l’instigation de Leibniz, de philologie surtout germanique (2).
À ces études linguistiques se rattache un mémoire sur les origines des Francs. Leibniz avait dit dans la Brevis designatio de originibus gentium que les Francs venaient des bords de la Baltique, cela passa pour un paradoxe; il résolut de l’expliquer (3). C’est évidemment dans ce dessein qu'il avait demandé au P. Lelong, vers la fin de 1711, des renseignements sur Ermold le Noir (4); mais, bien que ses idées fussent arrêtées dès le début de l’année 1712 (5)sil ne parait les avoir développées qu'après son retour de Vienne : l'ouvrage était écrit au début de 1715 (6). C’est une Courte dissertation en latin (7), écrite en partie d’après les documents manuscrits (8). Leibniz, après avoir rejeté la tradition qui fait venir les Francs de Troie (Set d'Alexandre le Grand (10),réfute le témoignage de Grégoire de Tours qui les fait venir de la Pannonie (11), déclare que, selon l’anonyme de Ravenne et Ermold le Noir, leur premier habitat connu est sur les bords de la Baltique (12). Leur second établissement est entre l’Elbe et la Weser,
1. Coll. Etym., p. 5-6. Cf. Mure, t. VII, p. 184. Le 6 janvier 1712, Leibniz avait écril à des Bosses qu’il espérait faire paraître à Pâques un Apparatus ad Philologiam, præsertim Germanicam. GEHR, Phil, t. II, p. #28 (Durexs, tVI, p. 195).
2. Leibniz l'y poussait, d'accord avec George-Auguste et Bernstorif. Lettres à Schmincke, 19 octobre 1712; à Kortholt, 25 avril et 19 novembre 1715. Sylloge, p. 6712 IKontre ct I, p. 320 et 348 (Durens, t. V, p. 466, 323 et 334).
3. De Origine Francorum disquisitio, début. — I] avait cette idée depuis 4692 au moins. V. plus haut, p. 114, n. 7.
:. Lettre de Lelong (corr., fol. 73), 19 janvier 1712; le 5 février (corr., fol. 73-75), il lui écrivait que d’après Ermold les Francs étaient venus de la mer Baltique et de Ià en Franconie et en Thuringe «et puis aux bords du Rhin ».