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Cependant Leibniz aurait voulu aller au-delà des suppositions et, par de nouvelles recherches en Italie, trouver des faits certains encore inconnus. Il profita de toutes les occasions qui s’offraient à lui. En 1712, Siegler, l’ancien archiviste de l’abbé de Fulda (1) passé au service d’un ministre de Saxe, devait accompagner en Italie le prince électoral de ce pays. Comme il avait été déjà deux fois en Italie pour les affaires de son ancien maître et qu’il était catholique, on pensa à la cour de Hanovre qu’il pouvait facilement faire en Italie quelques recherches d’histoire (2). Leibniz lui donna une instruction : Siegler devait d’abord s’entendre avec la maison d’Este et Muratori, aller ensuite à Modène et parcourir les bibliothèques des principales villes situées le long de l’Adriatique; mais le but principal de son voyage était Rome, où il consulterait surtout les manuscrits latins à la bibliothèque du Vatican, rechercherait aux archives du château Saint-Ange les privilèges donnés par les Empereurs aux Papes et s’efforcerait de trouver la suite du bullaire du Mont-Cassin; il irait ensuite à Lucques et dans les autres villes de la Toscane rechercher les manuscrits historiques et les diplômes du 1x€ au xre siècle, principalement ceux qui concernaient les marquis de Malaspina, de Massa, et de Carrara; il parcourrait enfin les principaux livres généalogiques se rapportant à la Toscane et à la Lombardie (3). Leibniz désirait que Muratori s’entendit secrètement avec Siegler et lui envoyât de son côté ses instructions (4); l’archiviste s’y prêta (5), mais Siegler ne paraît pas avoir fait les recherches demandées.
Alors Leibniz se rabattit sur Muratori. Il aurait désiré lui faire visiter les archives des marquis de Malespines, dont