Lettre du 8 janvier 1716. In., p
renvoyer ses manuscrits (1). Ce procédé mesquin s'explique chez un homme qui avait toujours prétendu à l'originalité : au moment de jouir du fruit de ses longues recherches, il craignait de se voir devancé par Muratori, était dépité de le voir ne pas faire la moindre allusion à ses trouvailles, notamment sur l’origine de la maison et sur la façon dont elle s'était fixée de la Toscane dans le pays d’Este; il pensait aussi le rallier à son système, comprenant combien il eût été fâcheux de voir deux historiens s’occupant de la même question ne pas s’accorder sur la généalogie de leurs princes (2). Mais Île savant italien, sentant que Leibniz se servait de lui comme d’un moyen, croyait qu’il le copiait (or
A ce moment, en Angleterre, Leibniz était accusé de plagiat par les partisans de Newton à propos de la découverte du calcul différentiel ; Muratori s'étant plaint à l’envoyé de Modène à Londres, Riva (4), celui-ci s’empressa de déclarer que Leibniz pillait son compatriote (5) et le dénonça à George Ier, qui intima à son conseiller Fordre de renvoyer le manuscrit des Antiquités d'Este (6). Leibniz tenta de se justifier, en déclarant qu'il avait l'ouvrage depuis trop peu de temps pour l'avoir bien examiné (7), que la publication en serait prématurée tant que Muratori n’aurait pas examiné les documents de la Vangadizza et les archives des Malespines (8) et s’adressa au due de Modène, qui fit arrêter les bruits répandus par Riva (9) et força son archiviste à s’excuser en quelque sorte auprès de Leibniz(10);
1. Lettre du 30 janvier 1716. In., p. 241-2 (DuTENns, p. 108).