V. plus haut, p. 238, n
2. « Me pergentem in Historicis laboribus adversa valetudo nonnihil remorata est, respirare tamen incipio et in spem profectus ulterioris erectus sum. » Lettre à Struve, 31 mai 1712. À. f. G. d. PREMIERE
3. « Nescio, an R. P. Turneminio significaveris, me annales molientem inde ab initiis regni Caroli M. jam Carolingos ultra usque ad Saxones Rexes vel Imperatores pervenisse, quæ occasione etiam Papissam discutiendi necessitas fuit. » Lettre au P. des Bosses, 15 février 4719. GERS ERP EL TT ET (Durens, t. IT, p. 296).I1 ne faut pas comprendre cette expression des Rois ou Empereurs, c’est-à-dire de Henri Ier à Otton Ier; mais de leur dynastie (cf. note suivante), car le 16 septembre 1713, Leibniz écrivait de Vienne : « En dressant mes Annales depuis le commencement du règne de Charlemagne (que J'ai poussées jusqu'à Henri l’Oiseleur, avant mon départ d’'Hanover) » Lettre à la Croze. Korru., t. I, P- 427-8 (Durens, t. V, p. 505).
4. « Je ne partiray d’icy qu'après avoir mis en état un grand travail fort avancé; ce sont les Annales de l’empire d'Occident en Latin, depuis le commencement du règne de Charles Magne jusqu à La mort de l’empereur Henri surnommé le Saint,qui est le dernier Empereur ou Roi de Germanie des cinq consécutifs de l’ancienne maison de Brunsvie.….l’ancienne Maison de Bronsvic y est enchassée. Des gens capables de juger ce travail trouveront que, quand je n’aurois jamais fait autre chose, les graces de l'Empereur envers moi ne seroient pas mal employées. » Lettre à Schmid, s. d. (30 décembre 1714). BoDEMANN, p. 258, n° 815 presque textuellement reproduite dans la lettre au P. des Bosses de même date, citéenotesuivante. Déjà ilavait écrit à Bernstorff, le 8 décembre 1714 : «je mapplique à achever pendant cet hyver un tome de mes Annales. Il ira jusqu’à la fin de Henri le second, vulgairement dit le saint, c’est à dire jusqu’à l’extinction de la ligne des Empereurs de l’ancienne Maison de Bronsvic..…..Apres cela la race des Wibeling est parvenue au trône de Empire et ses contestations avec les papes... rempliront depuis une bonne partie de l'Histoire de l'Empire et de mon second tome. Ainsi je puis dire que mes Annales de Bronsvic sont indispensablement en même temps des Annales de l'Empire. Mon travail sera tel, que si Dieu disposoit de moy avant que je puisse finir le second tome, le premier sera un ouvrage achevé en son genre sur nos antiquités, et contiendra des découvertes considerables pour la maison. » KLorp, t. XI, p. 22-23 (Feper, p.222; trad. par Perrz, t. T,p.xviri-x1x). Ainsi Leibniz avait déjà l’idée bien arrêtée de n’aller que jusqu’en 1025: mais il ne le devait faire savoir à Hanovre que beaucoup plus tard, comme le prouve le rapport d'Eckhart du 18 décembre 1715, Dœgner, p.17, bien qu’il l’eût fait pressentir dès le 15 mars (lettre citée plus haut, p. 291, n.1) |
wick; à mesure qu'il creusait davantage son sujet ct étendait, en quelque sorte, son histoire dans l’espace, Leibniz sentait la nécessité de la restreindre dans le temps.
De retour à Hanovre, il pensait rester tout l'hiver dans son cabinet et finir l’année suivante l’ouvrage (1) auquel, disait-il, il n'avait plus à mettre que la dernière main (2). Il exécuta la première partie de sa promesse, fut atteint de la goutte sans cependant abandonner son travail (3). Il donnait à celui-ci tout le temps que lui laissait son service ordinaire ou le soin de sa santé et ne s’occupait plus de mathématiques, de droit ni de philosophie, négligeant même sa correspondance (4). Aussi son ouvrage avança-t-il
1. « Je serai fixé à Hanover durant cet hiver, où je prétends mettre en état un grand ouvrage historique presque achevé. » Lettre au comte de Paar, s. d. (fin de 1714). Bopemann, p. 259. Lettre à Schmid du 30 décembre : « L'affaire étoit déjà bien avancée et je la presse avec succès de sorte que j'espère qu'au printemps elle sera comme achevée. Ce sera justum volumen in-folio. » Zbidem. « Je me suis enfermé maintenant dans mon cabinet pour pousser les Annales dont une grande partie est faite. » Lettre à Bernstorff, 14 décembre 1714. Dœgwer, p. 99. « La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m’escrire de Hanover m’a appris que vous comptiez de passer tout l’hyver dans votre cabinet. Je ne doute point que vos collections historiques ne soient tres curieuses et tres rares. » Réponse de Remond, 9 janvier 1715. Grnr., Ph, t. III, p. 631. « Tota hac hyeme, ac paulo amplius etiam fortasse hic hærebo, ut Annales Latino sermone affectos, et prope confectos absolvam.» Lettre au P. des Bosses, 30 décembre 1714. In., t. II, p. 489 (Durens t. VI, p. 199).
2. À propos de ses Annales, dont lui avait parlé le comte de Sinzendorf,Leibniz écrivait au conseiller Schmid, le 27 février 1715: « Vous pouvez encore dire, Monsieur, que $. E. ne doit pas trop douter de l'ouvrage dont vous lui avez parlé, puisqu'il est presque fait et desiderat ultimam manum, quam impono. » Korru., t. III, p. 249 (Duréns, t. V, p. 529) et BODEMANN, p. 259,5. d.
3. Lettre au P. des Bosses,15 mars 1715. Gexr., Phil., t. IT, p. 429 (DUTENS, t. II, p. 308). Il y avait, du reste, « plus d’incommodité que de douleur ». Lettre à Greiffencranz (corr., fol. 261), 2 mai 1715.
&. « Versor in opere ingenti historico, suscepto jussu superiore collectoque insigni apparatu, idque ut absolvam, studeo, dum vires superint, ne intercidat labor, urgetque desiderium Magni Regis eteximiorum Principum. Huic curæ nunc omne tempus meum impendo, quod necessaria vitae officia ac valetudinis cura mihi reliquunt : omnesque meditationes Mathematicas, Philosophicas, Juridicas, quas adfectas habeo, seponere cogor. » Lettre à Michalotti, 17 septembre 1715. Korra., t. III, p.380 (Durens, t. II, part. 2, p. 89). Reprod. par Perrz, t. I, p. x1x et Bopemann, p. 185, n° 650. Cf. « Toute l’année que j'ai été ici a été employée à des travaux historiques, dont je tâche de me débarrasser. » Lettre à Widow, 7 décembre 1715. Korta., t. III, p. 340 (DUTENS, t. V, p. 472). « Cependant dieu m’ayant donné encor assez de santé pour mettre mes Annales en estat de paroistre, j’y travaille jusqu’au delà de mes forces jour et nuit et ne voy quasi personne pour finir ce travail. » Lettre à Bothmer, 26 novembre 1715. D&@BNER, p. 142.
310 î LEIBNIZ HISTORIEN
rapidement, sans cependant répondre à toutes ses prévisions. Après un an de travail environ, il avait fini Henri [er et Otton [er (1): le 6 septembre 1745, il en était à l’année 963 (2); le 14 octobre, à 972 environ (3); un mois après, il abordaïit le règne d’Otton IT et espérait avoir terminé le tout à la fin de l'hiver (4). Au début de 1716, attaqué de nouveau par la goutte, il n’espérait plus finir que l’année même (5). Il avançait cependant régulièrement : au commencement du printemps il était sur le point de finir le xe siècle (6).
Leibniz aurait donc pu, avant sa mort, pousser son travail jusqu’à la fin du règne de Henri 1; la polémique ne le lui permit pas. À ce moment, il était en contestation avec le P. Tournemine et Gundling au sujet de l’origine des Francs et surtout avec Newton au sujet de ses découvertes mathématiques. Jusque-là, il n'avait été attaqué que
1. Lettre de Pfeffinger (corr., fol. 269-70),10 octobre 1715,félicitant Leibniz de ce qu’il a terminé les Annales jusqu’à la mort d'Otton Ier.
2. « Herr von Leibnitz arbeitet auch noch wie er kann, ist aber wegen einiger kritischen Untersuchungen und Rangirung seiner Sachen nur bis 963 avanciret. » Rapport d’Eckhart à cette date. D&œBner, p. 17. Cependant, un peu avant le 14 octobre, Leibniz était occupé « à achever et à perfectionner l’année 960 », l’une des plus importantes des Annales. Lettre à Muratori. CAm- PORI, p. 224.
3. Rapport d’Eckhart annoncant que Leibniz allait avoir fini Otton le Grand. DœBxer, L. c. ù
4. « J'ai déjà laissé en arrière Otton le Grand, et je finirai avec ia fin du règne de Henri le Saint; ce que j'espere de faire cet hiver. » Lettre à Muratori, 18 novembre 1715. Cambon, p. 236 (DüurTens, t. IV, part. 2 P. 107), trad. par Per, t. I, p. xx.
5. Lettre à Jean Fabricius, du 17 janvier 1716,dont la fin est : « Ego in Opere Historico sum assiduus, idque hoc anno absolvere spero, si vires manent. » Konru., t. I, p. 162 (Dürens, t. V, p. 301). « Ego nunc totus sum in abéolvendo magno Opere Historico meo.... Si Deus mihi iis quæ adhuc superant viribus amplius uti concedit, hoc anno Colophonem imponam. » Lettre à Jean Bernouilli, 81 janvier 1716. Com. ep. Bern., À. Î1, p. 372 (Grur., Math. t. III2, p. 957). Le 11 février 1716, il écrit à Bernstorft : « I] y à déja plusieurs mois que je travaille au lit... Dans l'état où je me trouve... peu de gens travailleroient peut estre avec mon assiduité, où du moins ils travailleroient à des matieres plus agreables que celles où il faut à tout moment chercher dans les livres et éclaircir les faits, comme je fais quasi jour et nuit sans relache. » DŒBner, p. 157.
6. « Cet ouvrage est presque achevé, car je suis maintenant près de la fin du 3% Otton, et il ne me restera alors que Henri le Saint ou le boiteux ». Lettre à la Croze, 31 mars 1746. KonrH., t. 1, p. 445 (Durens, {. Né p: 912).
par un savant obscur du nom de Keil (1) et par l'abbé Conti, noble vénitien; tout à coup Newton lui-même, poussé peut-être par Riva, se mêla à la discusion en écrivant à Conti : Leibniz se crut obligé de lui répondre (2), en même temps que sa dispute avec Clarke, qui soutenait la philosophie de Newton, devenait de plus en plus vive et surtout de plus en plus longue (3). En vain essaya-t-0n à la cour de Londres de l'arrêter (4); Leibniz, qui tenait à sa gloire, continua. Dès lors, l’histoire en souffrit : au mois de mars 1716, Leibniz était encore tout à ses Annales (5); le mois suivant il ne s’en occupait plus assidûment (6). Le 11 mai, il n’en était qu’à l’année 1002; mais il comptait encore aller jusqu’à 1025 (7) et il parait l'avoir espéré jusque vers la fin de sa vie (8). Cependant, préoccupé par sa polémique et dis-
1j en était donc entre l’année 995, où il place la mort de Hugues Capet dont il parle un peu plus loin au même, et l’année 4002, où mourut Otton III.
1. V. lettres à Hans Sloane, président de la société royale de Londres, # mars et 29 décembre 4711. Commercium epistolicum de varia re mathematica. Londini, 1725, p. 224 (Dürens, t. III, p. 29-94). L’original de la première de ces lettres (ms. 4042, fol. 263-4) est exposé depuis 1898 dans la galerie du British Museum. — Leibniz croyait que cette opposition s’adressait en partie à la maison de Hanovre. Lettre à Jean Bernouilli, 19 août 4713. Com. ep. Bern., t. II, p. 320-1 (GenR., Math., i. IIT2, p. 920).
2. Lettre au même, 13 avril 1716. 1d., p. 375 (GEHR., p. 959).
3. Elle commence en novembre 1715 et finit peu avant $a mort; c’est le 8e écrit de Leibniz, s. d. (seconde moitié de 1716) qui est le plus considérable. KLopp, t. XI, p. 133-78 (DUTENS, t. II, p. 1442-70). Notons encore la lettre à Remond sur la philosophie chinoise, qui est très longue. Konru., t IF, p. 4143-94 (DuTEnS, t. IV, p. 169-216). Sur toutes les occupations de Leibniz à ja fin de sa vie en dehors de l’histoire, v. MURR, 4. VII, p. 188-9.
%. Lettre de Bothmer des 24 avril/5 mai, 18/29 mai et 29 juin /10 juillet 1716. In., p. 92, 114 et 128.
5. « Mon grand ouvrage historique m’empêche d'exécuter la pensée que j’ay de mettre la philosophie en démonstrations ». Lettre à Biber. BODEMANN,
k 6. Le 17 avril 1716, Eckhart écrivait que, depuis deux semaines, Leibniz n'avait travaillé qu’à deux années des Annales. Dœgner, p. 18.
9. « Mes Annales sont poussées maintenant... jusqu’à la fin du 3° Otton.… ce sont en effet des Annales de l’Empire d'Occident. jusqu’à la fin du dernier Empereur de l’ancienne Maison de Bronsvic. Ainsi il ne me reste plus que la quatrième partie d’un siecle à faire. Il est vray que je seraÿ encore OCCUPÉ à retoucher ce que j’ay fait. » Lettre à Lelong, 14 mai 4716 (corr., fol. 103), trad. par PerTz, t. I, p. xxt.
8. « Je travaille fort et ferme à depêcher mon grand ouvrage de l’histoire de l'Empire d'Occident depuis le commencement de Charlemagne jusqu’à la fin de Henri le Saint, » Lettre à M1 de Klenk, 20 septembre 1716. Kropp,
trait par ses derniers voyages,il avançait de moins en moins : en sept mois il ne composa plus que quatre années et en resta à 1005. Le 13 novembre, atteint de la goutte par tout le corps, il se refusait à travailler (1); le lendemain il expirait, laissant à d’autres le soin de compléter son ouvrage (2).
À ce moment, tout était prêt pour l'impression de la première partie, que la cour de Hanovre désirait fort (3) et que Leibniz espérait effectuer à son retour de Vienne (4). Leibniz paraît en avoir soumis le début à Bernstorff vers 1709 (5). C’estsans douteàcette date quele ministreréclama
t. XI. p. 192-3. — Les dernières années de l’ouvrage renvoient à la fois : 399, $ 8, LIT, p. 743 à l’année 1017: 4004, $ 1, p. 790 à 1007; 4002, $ 56, p. 824 à 1014; 4003, $ 11, p. 835 à 1018 ; 1008, $ 15, p. 860 à 1011 et $ 16, p. 861 sans doute à 1025 pour l’éloge de Henri le Saint enfin 4005, $ 1, p. 868 à