V. plus bas, chap
ä.« La vieille Histoire de la Maison de Bronsvic.. est la partie la plus importante de mon travail pour esclaircir les droits de la S®e Maison de Bronsvic ». Lettre à Boinebourg, 25 novembre 1691. Korpe t. VI, p. 33. Il mentionne les prétentions des Ottons sur la France d’après leurs titres. Entw. d. welf. Gesch. PerTtzit. IV, p.245. :
5. V. surtout, p. 11-13, 35, 40-41, 117-9, 170, 209-10, 281-2 et 292.
6. V. plus haut, p. 128, et 330. La lettre la plus significative à ce sujet est celle qu’il écrivit à Bergomi (corr., fol. 9) le 16 novembre 1710.
7. « Il est bon d'étudier les découvertes d’autrui d’une manière qui nous découvre la source des inventions, et qui nous les rende propres en quelque façon à nous-mêmes.Et je voudrois que les Autheurs nous donnassent l’histoire de leurs découvertes, et les progrès par lesquels ils y sont arrivés. Quand ils ne le font point, il faut tâcher de les observer, pour mieux profiter de leurs ouvrages. » Lettre à Bourguet, 22 mars 1714. Geur., Phul., t. III, p. 568 (Durens, t. VI, p. 215). Cf. « Inventionum historia conservanda, ut inveniendi methodus excolatur, et inventoribus erigenda sunt perennia monumenta, ut præclara ingenia tantis exemplis præmiisque ad similes ausus excitetur. » Mai 1681. GEnr., Phil. t. VI, p.66.
8. « Sæpe notavi egregia inventa, quæ pro novis habebantur, postea in libris fuisse reperta; sed neglecta aut ignorata. » De fundatione ad scientiam provehendam institutione, 13 mai 1676. KLopp, {. III, p. 308 (FoucHER DE CaRE1z, t. VII, p. 102)
il fallait, par suite, à la fois faire des expériences et rechercher dans les livres (1).
Malheureusement, l’histoire et le; matières d’érudition ne lui semblaient pas cultivées au point de vue de leur usage (2). Il reconnaissait que le droit, le cérémonial, l'étiquette et la plus grande partie de l’érudition critique étaient étudiés plutôt à cause de l'utilité qu’on leur prêtait qu’en raison de leur véritable usage, car e’est à peine si l’on en trouvait dans les livres un centième qui pût servir dans la vie(3).
C’est par l’utihté qu’elle pouvait avoir encore que Leibniz estimait l’histoire ancienne, sinon il lui préférait l’histoire moderne (4). Il eût aimé, par exemple, voir les savants s'attacher à étudier au profit de leurs contemporains les arts des anciens,en particulier ce qui a trait à l’art militaire (5).
. Id., p. 310-1 (FoucxERr, p. 103).
PA la suite du passage cité ci-dessus, p. 359,n. 4, il écrivait, à Th. Burnet;: « : ne méprise point cette érudition, au contraire, j'en reconnois l'importance et l’utilité, mais je souhaiterois pourtant qu'on s’attachat davantage au solide; car il y a partout trop peu de personnes qui s’occupent au plus important. »
3. « Sunt multa... quæ discenda sunt non ob naturalem, sed in opinione fundatam utilitatem, ut leges positivæ, ceremoniæ, stylus Curiarum, et magna pars eruditionis criticæ, cujus sæpe si grandes libros legas, vix centi- Simam partem reperies continere aliquid ad usum vitæ. » FeLzzer,p. 147-8 {Durens, t. VI, p. 297). Cf. pour l’histoire, lettre à Th. Burnet, 17/27 juillet 1696. GExR., Phil, t. III, p. 183 (DurTens, t. VI, p. 239.)
4. Ilécrivait à Grimarest, professeur de langues anciennes à Paris, à propos d’un dictionnaire des antiquités : « Je ne méprise point ces recherches, mais j'estime celles qui nous servent à présent, comme tout ce qui est utile à Ja connoissance de la nature et des arts. Ainsi votre France sous Louis-le- Grand et votre Cours militaire me plairoient davantage. » Lettre s. d., Korrx., t. III, p. 339-40 (Durews, t. V, p. 72).
5.« Puisque Messieurs de l’Academie des Belles Lettres ont formé de si beaux desseins pour l’éclaircissement de l’antiquité, je souhaiterois qu’ils pensassent à éclaircir les arts méchaniques et économiques des anciens, afin que notre siécle puisse tirer quelque utilité des recherches de l’antiquité. Surtout la milice romaine méritoit d’être considérée par quelque savant soldat. » « Je ne doute point que parmi vos savans il n’y en ait quantité d’habiles et de capables d’éclaircir les antiquités par le parallèle de nos arts, manufactures et ménages avec ceux des anciens. Il ne leur faudroit sans doute que la volonté, en choisissant quelque matiére particuliére. IL n’y a pas longtemps que Mr. Sperlingius, Antiquaire du Roi de Dannemarc, nous a donné une petite dissertation de Crepidis veterum. Il y a quantité de piéces semblables, mais on ne s'applique ordinairement pas assez à comparer l’ancien avec le moderne; ce qui seroit pourtant le plus utile, pour voir si l’on pourroit tirer qeulque usage des maniéres des anciens. » Lettres au même, 21 février et 4 juin 1712,
Il louait, par exemple, le Hollandais Cuper d’avoir, à l’occasion des vases murrhins, illustré un art des anciens, perdu depuis longtemps (1). Cette idée de tirer de l’histoire ancienne ce qui peut servir aux modernes hanta Leibniz jusqu’à sa mort : outre l’utilité propre qu’on y pourrait trouver, il y voyait un procédé efficace pour la critique de restitution (2).Ce n’était pas seulement à celle de l'antiquité, mais à toute l’histoire qu'il eût voulu faire appliquer ces principes en unissant la conception utilitaire à la conception morale (3).
Cette dernière n’est guère moins importante aux yeux de Leibniz. Un des principaux usages de l’histoire consiste, dit-il, dans «la justice qu’on rend aux hommes qui ont bien mérité des autres hommes » et dans « les enseignements utiles que les exemples nous fournissent (4). » Ces enseionements sont d'autant plus frappants qu'ils viennent de
{0.,p. 322-3 et 324-5(Durens, p. 63 et 64). Leibniz désirait voir faire la même chose pour la philosophie ancienne. Lettre à Foucher, s. d. (avant le 2 septembre 1686). Genr., Phil., t. I, p: 880-1.
1. « De vasis Murrhinis elegans et utilis disquisitio est, et valde illis faveo, quibus artes veterum, præsertim deperditæ illustrantur. Ita enim ad utilitatem hodierni temporis inservit discussio antiquitatis. » Lettre du 27 février 1710. Ms. original cité.
2. Il écrivait sur le projet d’antiquité expliquée du P. Monfaucon : « Je voudrois qu’en traitant des antiquités, on nous montrât l’usage que les modernes en peuvent faire. » Lettre à Hugony, janvier 1716. GeuR., Phil, t. III, p. 683. « Utilissimum esset erui ex antiquitate, quæ nobis etiam prodesse possint, præcepta præclara philosophiæ et morum, egregias etiam praxes ad commoditates vitae, in re œconomica, militari, nautica, etc., ut vetera deperdita vel obliterata nonnihil restituantur. » Lettre à Kohl., 19 mars 1716. KorrTex.,p. IV, p. 239 (Durtens, t. V, p. 217).
3. « Je desirerois qu’il y eut des personnes qui s’appliquassent preferablement à tirer de l’histoire ce qu’il y a de plus utile, comme seroient des exemples extraordinaires de vertu, des remarqu es sur les commodités de la vie, des stratagemes de politique et de guerre- Et je voudrois qu’on fit expres une espece d'histoire universelle qui ne marquât que de telles choses et quelques autres de consequence; car quelques fois on lira un grand livre d’histoire, sçavant, bien ecrit, propre même au but de l’auteur, et excellent dans un genre, mais qui ne contiendra gueres d’enseignemens utiles, par lesquels je n’entends pas seulement de simples moralités dont le Theatrum vutæ humanæ et tels autres florileges sont remplis, mais des adresses et des connoissances dont tout le monde ne s’aviseroit pas au besoin. » Mouv. Ess., 1. IV, oh. xvi, $ 11. Geur., Phul., t. IN, p. 452-3.
L,d. p. 452. Ci les passages cités plus haut, p. 362, n, 7.
ESSAI SUR L'ACTIVITÉ ET LA MÉTHODE HISTORIQUES DE LEéIBniz 367
plus grands personnages (1).C'est de ceux-e1, d’ailleurs, que s’oceupe surtout l’histoire (2) ; l’espoir ou la crainte du jugement qu’elle portera sur eux est le principal mobile des belles actions (3). Aussi Leibniz eroyait-il que les généalogies des princes pouvaient les pousser à ne pas déchoir de la renommée de leurs ancêtres (4); il voyait dans les exemples de l’histoire « des leçons vives et des instructions agréables (5). »
«Le véritable suc de l'Histoire consiste dans les exemples instructiis sans lesquels la chronologie et la genealogie ressemblent à un esquelette décharné ou à un corps amaigri », dit-il encore (6). Il va même jusqu’à affirmer que la morale est la fin même de l’histoire (7).
Leibniz à dit de même qu’outre le plaisir qu’on en tire, l’histoire n’a pas d’autre usage que de démontrer la vérité du christianisme (8). C’est là utilité religieuse de l’histoire;
1. « Je veux que l'Histoire tienne quelquefois du Roman, mais elle en dit toujours assez pour nous faire nostre profit des evenemens; on y trouve partout des leçons excellentes, données par les plus grands hommes qui ont eu de bons et de mauvais succès et rien n’est plus commode que d'apprendre aux depens d’autruy. » Nouvelles ouvertures (citées plus haut, p. 474 n. 1), p. 255-6.
2. « L'Histoire, les Antiquités et les Langues servent à célebrer la memoire des Princes et autres hommes bien merités. » Projet d'académie de Dresde (v. Harnack, t. I, p. 137, n. 2). BopeMANN, Handschriften, p. 220, et Durexs, VD 0:
3. « L'Histoire seroit d’un grand usage quand elle ne serviroit qu’à entretenir les hommes dans le desir de la gloire, qui est le motif de la plus part des belles actions; et il est seur que le respect que les souverains mêmes ont pour le jugement de la postérité, fait souvent un bon effect. » Nouvelles ouvertures. « Spes posteritatis homines ad præclara gerenda inflammat, ut quemadmodum legunt veteres, ita ipsi vicissim secuturis legantur. » Access. hist., préf. Durens, t. IV, part. 2, p. 53 : « Equidem magnus est historiarum usus ad præclaras vitæ exempla, ad excitandos nostros homines, ut facere conentur ipsi quoque res dignas posteritatis, » Lettre‘à Huet citée plus haut, p. 362, n. 7.