EHRARD, art. cité, p
6. « Mon opinion a toujours été et l’est encore qu'il faut qu’une bibliothèque soit une Encyclopédie, c’est-à-dire qu’on s’y puisse instruire au besoin en toutes les matières de conséquence et de pratique. » Lettre à Jean-Frédéric s. d. (1679). KLopp. t. IV, p, 426.
7. « Je me suis figuré qu'il faut avoir une grande variété et abondance de livres d'histoires, mais qu'il suffit d’avoir le nécessaire en toute autre ordre de science. » I1 affirmait qu'au moyen de ses nombreuses correspondances, on connaïtrait, «non seulement les livres NOUVEAUX », mais encore « les feuilles volantes, des petits discours qui se perdent et qui ne se remarquent presque point... les controverses qui sont en vogue parmi les doctes ». « Peut-être Sgaurons-nous par ce moyen des choses curieuses et utiles servant à l’histoire
dès 1677, Leibniz fit acheter la bibliothèque du publiciste hollandais Wicquefort, dont il se servit peut-être pour préparer le Cæsarinus Furstenerius (EE):
Cependant ïl voulait aussi enrichir la bibliothèque ducale d'ouvrages plus anciens, à l'exemple de la fameuse Bibliotheca Augusta, fondée à Wolfenbüttel (2), par le due de Brunswick Auguste (1644) et devenue une des plus riches de l'Allemagne en livres rares et en manuscrits. Il y faisait entrer des cuvrages nouvellement parus (3) et acheter des collections. Dès son séjour à Mayence, il était en relations avec le médecin Martin Vogel, professeur au gymnase de Hambourg, sur des questions scientifiques et littéraires (4); quand il apprit sa mort, il recommanda ses manuscrits au résident de Hanovre (5). Installé dans cette ville, ii décida son maître à les acheter (6) et alla lui-même à Hambourg, dans l'été de 1678, faire pour 2.000 thalers l'acquisition de la bibliothèque de Vogel (7), qui comprenait beaucoup d'ouvrages de sciences naturelles et quelques livres
et aux affaires de nostre temps qui pourront estre echappées à la diligence des ministres et residens de V. A. Sue. , Lettre s. d. (janvier 1677). Zd., p. 378 et 381-2. \
1. Lettres de Schuller, 3/13 novembre et 21/31 décembre 1677. Sræin, 0. c., p. 289-90. — Wicquefort était un ancien historiographe des Etats de Hollande, devenu à la Haye résident du duc de Brunswick. Schuller parle d’une « histoire de Wicquefort » dans sa lettre du 16/26 février 1677 (In., P. 286). Parmi les ouvrages de Wicquefort sont des Mémoires touchant les ambassadeurs.
2. « Je pourrois faire. quelques excursions à Wolfenbuttel pour y voir la Bibliotheque (ce qui me servira de beaucoup icy). » Lettre à Jean-Frédérie, s. d. (1677). KLopp, t. IV, p. 385.
3. Nôtamment la Demonstratio evangelica de Huet ( 1679). GUHRAUER, Serapeum, 1851, p. 6 (d’après la lettre à Huet du 4er août 1679, citée plus bas, pe 36, mn. 1). :
4. Lettres de 1671. Korrw., t. III, p. 314-9 (Durens, t. V, p. 539-42).
5. Lettre à Habbeus s. d. (janvier 1672)."Kropp, t. III, p. 231.
6. Dès 1677, Leibniz parlait d’aller « peut-estre mesme à Hambourg pour y faire quelque reveue en matière de livres et lettres »et demandaitun passe-port à cet effet. Lettre à Jean-Frédéric citée p: 385:
7. GUHRAUER, Biographie, t. 1, p. 198, et art. du Serapeum cité, p. 8 (avec date erronée d'octobre). D’après une lettre de George Heldt, Leibniz partit de Hambourg, le 23 août 1678 (v. st?), emportant 86 volumes de manuscrits. BODEMANN, p. 84, n° 388. Cf. lettre de Placius, du 4er août (NAS) Sylloge, p. 43-44 (Durenst. VI, p. 20).
d’histoire (1). Leibniz avait fort désiré visiter Hambourg, un centre littéraire et scientifique où 1l avait plusieurs correspondants (2); il y vit le fameux antiquaire Marquard Gudius, conseiller et bibliothécaire du duc de Holstem-Gottorp, qui avait fait un recueil considérable d'inscriptions grecques et latines (3), sur lesquelles il préparait un grand ouvrage. Gudius les montra et les commenta à Leibniz (4) ainsi que des manuscrits anciens inédits (5). Leibniz, qui passa quelques jours avec lui et un autre de ses correspondants, Graevius, philologue et historien (6), qui trouvait Gudius « d’une érudition immense (7) » et variée surtout dans l’épigraphie ancienne (8) et qui désifait vivement
1. Lettre-à Habbeus citée; cf. Mure, £. VIT, p. 149 et JaucourrT, p. 70.
2. Le juriste Placcius, le littérateur Hinüber, le philosophe Vagetius, le mathémathicien Siver. V. leur correspondance avec Leibniz, de 1676 à 1697. Sylloge, t. III, p. 1-192 (Durens, t. VI. p. 1-84).
3% Au D: BG it. XR pE 88-89:
k, Gudius étant à Rome en même temps que Spanheim, Pillustre numismate, « il y eut un agréable combat entre eux, savoir si les Médailles où les Inscriptions étaient les plus utiles et les plus instructives. Cette sçavante contestation produisit l'excellent livre de Mr. de Spanheim, De usu et præstantia Numismatum, auquel Mr. Gudius en voulait opposer un autre où il voulait montrer le grand usage des Inscriptions. Mr. Gudius me conta luimême cette histoire et Mr. de Spanheim me l’a confirmée. » Lettre à Th. Burnet, 8/18 mai 1697. Gouar., Phil, . III, p. 210 (Durens, t. VI, p. 257). Leibniz a souvent retracé cette anecdote, par exemple dans la lettre à Cuper, citée ci-dessous, note 8, dans le De nummis Gratiani, $ vr (Durens, t IV, part. 2, p. 254-5). V. son inseription sur le séjour de Gudius, Spanheim et Meibom à Rome, lettre à Kortholt, 17 juin 1742: Korrm., t: I, p: 305-6 (Durens, t. V, p. 318-9). Sur Spanheim, v. la notice de E. Bourcgois, édition citée plus haut, p. 20; n. 7. ;
5. « Feu Mr. Gudius a trouvé des fables de Phèdre non encore imprimées qu'ilkme montra » Lettre à Th. Burnet, 8/18 mai 1697. Gexr., p. 206. Durens,
6. « Gaudeo Gudiana pleraque nondum distracta esse... Coram aliquando, colloquio, ejus per aitquot dies usus sum. Aderat et Grævius, facile intelliges quanta voluptate me perfuderit tam insignium virorum consuetudo. » Lettre au même, 6 septembre 1709. In., p. 287 (Durens, p. 309). — Grævius était en relations avec Leibniz dès 1671, où celui-ci avait cherché à lui faire obtenir à Leipzig un manuscrit d'Homère. Lettre à Thomasius, s. d. (avant le 22 juillet 1671). Geur:, Phil., &. I, p. 388 (Durens, t. IV, p. 83).