‹ Leibniz HistorienChapitre 43 sur 854 · Lettre à Th. Burnet, 8/18 mai 1697, Z. c · texte numérisé non relu

Lettre à Th. Burnet, 8/18 mai 1697, Z. c

8. « Seis diffusam quidem Gudii eruditionem, sed primarium tamen in veteribus inscriptionibus colligendis, emendandis, exornandis studium

fuisse. » Lettre à Cuper, 10 novembre 1710. Corr. de CE (original à la bibliothèque royale de La Haye).

voir paraître ses ouvrages (1), l’excita sans doute à publier au moins le catalogue de ses inscriptions (2), tandis que Gudius le poussait lui-même à éditer le musicien grec Ptolémée (3).

Cependant, par ses offices de bibliothécaire et de conseiller aulique, par son rôle de publiciste et par la curiosité même de son esprit, Leibniz s’orientait de plus en plus vers l’histoire. Dès 1677, dans le de jure suprematus, 1l semblait réclamer qu’on lui ouvrit les archives des princes (4); deux ans après, dans un mémoire adressé à Jean- Frédérie, il parlait de l'utilité d’organiser celles de Brunswick (5). Il faisait ressortir aux yeux du duc leur importance pour établir les droits et les prétentions des princes, en donnant l’exemple de Théodore Godefroy, ambassadeur de France au congrès de Westphalie (6), mais

1. C’est « un des plus grands ornamens de nostre Allemagne pendant sa vie, il le sera pour toujours, quand ses ouvrages paraîtront ». Lettre à Spanheim, 23 février 1693. BODEMANN, p. 288.

2. « Tale quiddam (inventarium) cirea inscriptiones exspectamus à summo in his studiüs viro, Marquardo Gudio ». Lettre à Huet, éd. par Durens, t. V, p. 458, avec la date erronée de 1679 (l'original autogr. Bibl. nationale, nouvo. acq. fr. 6. 202, fol. 19-20 porte la date du 18 octobre 1678 : elle a donc été écrite aussitôt après le voyage de Hambourg). Après avoir raconté que la contestation avec Gudius avait fait naître l'ouvrage de Spanheim, Leibniz ajoutait : « Se tunc aliquid pro inscriptionibus æmulo labore molitum, sed per itinera distulisse, inde majus opus agressum quo Gruterus Reinesiusque supplerentur. Atque ën e0 erai, cum Hamburgi mecum colloqueretur, sed supervenêre viro negotia, per quæ scopa excidit. » Lettre à Cuper citée p. 32, n.8. C’est bien dans son voyage de 1678 que Leibniz a vu Gudius, car le 4 avril 1679 il lui écrivait” pour s’excuser de son silence, lui demander quand il publierait ses œuvres et si l'itinéraire de Rutilius qu’il a vu est édité. WivckLer, Anecdota historico- Ecclesiastica. Brunswick, 1757, t. II, p. 491.

3. « Miratus sum editos veteres Musicos omisso Ptolemæo qui haberti potest eorum princeps. Hunc tamen opportune publicavit V. CI Johs Wallisius meque illa cognitione liberavit, ad quem si quando vacasset, exercilii causa, ne intermissa literarum Græcarum studia plane exciderent, animum adjiceré deliberaveram, hortante me Marquarte Gudio qui apparatu exquisitissimæ doctrinæ prope incredibile instructus suum Codicem liberaliter obtulerat. »° Gsuxr., Phil., t. VII, p. 153.

&. « Voilà les exemples qui me viennent maintenant dans l'esprit... j'en apporterois bien d’autres sans doute, si j’avois eu le temps de faire des recherches, si les Ministres m’avaient communiqué des mémoires, et si J’avois eu les clefs des Archives. » Kzopp, t. III, p. 377.

5. Von nützlicher einrichtung eines Archivi. $S. d. (1679). In., t. IV, p. 4145-20 (FoucHer DE CAREIL, Î. NX, p-127sss:).

6. Qui connaissait parfaitement les archives et les droits de la couronne

paraissait se préoccuper assez peu de leur intérêt purement historique. Il eût voulu se faire nommer directeur des archives du duché (1), en tirer une sorte de « manuel » ou de répertoire politique et administratif, semblable au Breviarium Imperii d’Auguste (2), et « quelques autres collections plus amples que le manuel », comme celles des ordonnances, des édits, des privilèges, des titres de « possession de certains pays et droits », des « memoires et collections servant à la Geographie » et « à la chronique du pays (3)». Car il ne se désintéressait pas de l’histoire. Déjà au mois de septembre 1678, il avait dressé un plan complet de statistique administrative où il-projetait dé faire fournir par les secrétaires de chaque ville les documents historiques du pays (4). Il réclamait en même temps que la direction . de « l’archivariat », des bénéfices ecclésiastiques qui lui avaient été, paraît-il, promis pour faire avancer les sciences (5); une autre fois il demanda l’inspection des biens d'église et de l’Université de Helmstaedt, pour pousser les professeurs et les élèves à écrire l’histoire du Brunswick ou, tout au moins, à en recueillir les matériaux (6). Cependant, à peine fixé à Hanovre, Leibniz avait repris son ancienne activité de publiciste en faveur des princes

de France « pour ne rien faire perdre à la France et ne laisser passer aucune bonne occasion ». Ip., p. 416 (Foucuer, p.129)

1. « Pour empescher ou pour prevenir les desordres.… je ne trouve point de meilleur remède que l’establissement d’une charge particuliere d’un directeur

de tout ce qui depend de l Archivariat ». Lettre à Jean-Frédéric, s. d. (1679). Id., p. 410.

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