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Ex. Ann. Imp. 8614,.$ 18, t. I, p

10. « In familiarum originibus, distinguenda essent incerta a minus certis, ope monumentorum, quod nondum fecere Spenerus et Imhofius. » Lettre à Bierling, 7 juillet 1711. GEexr., Phul., t. VII, p. 499 (Konrtu., t. IV, p. 42; Durens, t. V, p. 371).

diplômes,les interprétant de la façon la plus compréhensive mais il s’efforçait d’aller plus loin encore. Son procédé ordinaire consistait, lorsqu'il retrouvait un même nom chez une et plusieurs personnes se suivant de près et dont les dernières sont de la même famille, de croire que la première devait appartenir aussi à cette famille (1); parfois, la possession des mêmes biens chez certains personnages vivant à des époques assez rapprochées lui faisait admettre qu’ils avaient dû se les transmettre par héritage et qu’ils étaient, par conséquent, parents ou alliés (2). Ce sont là deux principes qu'Eckhart lui empruntera et érigera en axiomes (3). Plus il y a naturellement de concordance entre les conditions requises, noms, lieux, temps et circonstances, et plus on à de chances de ne pas se tromper (4). Appliquant, d’ailleurs, le précepte qu'il avait recommandé, il indiquait parfois, dans les tables généalogiques qu’il dressait, le degré de cer-

1. Ex. Ann. Imp. 829,$ 13 et 15,t. 1, p. 325 et 326, 824,8 32-34, p. 342-9, 902, $ 15-17, II, p. 200-1, 9147,$ 17-18, p. 297-8, 960, $ 21, t. III, p. 54.

2. Id. 917,818, t. II, p. 298, 960, 25-26 et 31,t. II, p. 56-57 et 60; Cf. lettre à Muratori, 46 août 1715. Camporr, p. 224 (DurTens, t. IV, part. 2, p. 105). S

3.' Il déclare que, avant l’emploi des surnoms, les pères donnaient à leur fils leur nom propre ou celui de leur propre père et que, dans la même famille, les biens patrimoniaux se transmettaient héréditairement ainsi que les dignités importantes, comme celles de ducs et comtes. Origg. Guelff., t. 1,1. I, ch.1 d’après la préface, p. 40.

4. Le 19/29 mars 1693, Leibniz écrit à d’Hozier que la mention d’Orderic Vital confirme son hypothèse et qu’il reverra l’ouvrage de Campi « pour considerer plus attentivement ce qu’il dit des Marquis dont les noms sont les mêmes avec ceux qui estoient familiers aux nostres. Ce qui joint à la convenance des temps et des lieux est un indice considérable » Ms. X XIII, 181, n° 49. « Teutbaldum Teutbaldi patrem crediderim, qui Hugonem Italiæ regem genuit. Nam tempora, loca nominaque conspirant». Ann. Imp. 841, $ 2, t. I, p. 490; « Itaque nomen Arnulfi, a familia receptum, dignitatis seu officii in Bajoaria successio, temporumque consensus Concursu suo fidem faciunt conjecturæ. » 907, $ 11, t. IT, p. 225. « Atque hæc omnia circa eadem tempora et consentientia loca.» 950,$ 11, t. III, p. 54. Cf. plus haut, p. 302, n. 7. la fameuse discussion avec Muratori sur les trois frères, dont Leibniz écrivait, le 30 janvier 1716 : « Enfin puisqu'on ne sauroit faire la moindre objection de quelque apparence, et puisqu'il y a cinq ou six convenances, du tems, des lieux, des noms des personnes, de leur nombre, des évenemens qui difficilement se rencontreroient sans l’identité;et puisqu’enfin l'identité posée en forme d’hypothèse tout cadre à merveille, la chose paroit aussi bien prouvée que 100 autres points d’histoire qu’on reçoit sans difficulté. » Campori, p. 243 (Durens, t. IV, part. 2, p. 109).

titude de ses résultats en réunissant les personnages par des lignes ou des points, selon que la parenté était réellement établie ou seulement supposée (1).

Telles sont, pour Leibniz, les sciences auxiliaires fondamentales. Il en admettait d’autres, servant directement à utiliser les différents matériaux de l’histoire. Nous avons vu comment 1l employait la diplomatique, l’épigraphie, la numismatique, la sphragistique et la héraldique, à l’occasion des diplômes (2), des médailles (3), des inscriptions (4), des sceaux (5) et des insignes (6); il nous reste à parler de la philologie et de la paléographie. |

Leibniz connaissait le terme de philologie (7); il rattachait cette science à la linguistique en y comprenant les étymologies et la regardait comme la clé de l’histoire (8). Lui même parlait couramment l’allemand, le français et sans deute le latin, écrivait dans toutes ces langues et entendait à peu près toutes celles dont on a besoin en histoire : les langues anciennes, y compris le grec et l’hébreu, les langues modernes, surtout l’italien et l’anglais; à la fin de sa vie, il s’était mis aux langues slaves (9). Quant à la paléographie,

#. Ex. 954, $17,t. II, p. 600 et 955, $ 37 (table au débutet à la fin du

volume).

. V. pl. haut, p. 395-399.

: V. pl. haut, p. 390-393.

. V. pl. haut, p. 393-394.

. V. pl. haut,.p. 390.

: V. pl. haut, p. 389-390.

« Elle (l'Histoire humaine) comprend... la connoiïssance des langues et ce qu’on appelle la philologie, qui enferme encor les origines linguistiques. » Mémotre de 1694 environ. Kcopp, t. X, p. 13.« Proximis nundinis Paschalinis, Deo volente, prodibit specimen quoddam meum Apparatûs ad Philologiam, præsertim Germaniam, in quo aliqua nova inspergentur. Cæterum hoc penitius persequendorum aliis junioribus relinquo. Erui nuper origimem vocis Hornung ». Lettre au P. des Bosses, 6 janvier 1712. GExr., Phu., t. II, p. 428 (Durens, t. VI, p. 195-6). V. aussi pl. haut, p. 283, n. 7.

8. Il écrivait au P. des Bosses, le 11 avril 4716, de van der Driesch : « Est in elegantibus litteris versatior, quam plerorumque hodie captus fert; atque hkæc est meo judicio basis veræ eruditionis, præsertim in eo, qui ad Jurisprudentiam, et studia civilia adspirat; ubi magnum est pondus in Historiæ et Antiquitatis cognitione. » Korrx., t. IV, p. 161 (DuTENs, t. V, p. 444).

9. V. pl-haut, p. 274-277.— Vers 1698, il s’était mis à apprendre le hongrois. Muer, t. VIL p. 170. Il avait, pour cela, pris, à son service, le jeune Zabany. Bons MANN, p. 397, n° 1020.

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avant que le P. Montfaucon lui ait rendu le mot familier par sa Palæographia Græca (1), Leïbniz l’appelait simplement « la science des manuscrits », tout comme il appelait lPépigraphie la «science des inscriptions » et ces deux sciences constituaient pour Jui, avec la numismatique et la diplomatique, une grande partie de la critique historique (2).

A ces sciences auxiliaires s'ajoute la bibliographie. Jei encore, Leibniz connaissait le mot et surtout la chose, qu'il appréciait à sa juste valeur (3). Il déclarait que le domaine en était si vaste qu’on ne pouvait le parcourir complètement, que le travail y tenait lieu de perfection et s’étonnait qu’on n’en comprit pas la portée, puisque la bibliographie est linventaire de lérudit (4). Si le monde dure encore mille ans et si l’on écrit toujours autant de livres, l'imprimerie les multiplicra tellement que des cités entières suffiront à peine aux bibliothèques (5). Aussi

1. Le Long (corr., fcl. 40-41) lui en avait envoyé le catalogue le 29 no- :vembre 1707; aussitôt Leibniz en faisait savoir le projet à Hansch le 15 décembre et à la Croze le 2 janvier 1708. Korrx.. t. IIL, p.78 et 396-7 (Durenws, t. V, p. 16% .et 489); à Cuper le 29 décembre 1707, ms. original. L'ouvrage pa- Tutien 1708 0 à

2. Lettre à Nicaise, 30 avril 1697, citée par COUTURAT, p. 158 n. 5 et p. 161 n. 1. L'expression «art critique », qu'il y emploie traduit le latin ars critica. Cf. lettres à Huet, 1679: « ars ille eritica, planè necessaria, quæ in monimentis discernendis versatur, qualia sunt inscriptiones, numismata, et libri manu aut typis script. » Durens, t. V, p. 459.

3. « Ce sont les faits qui ont le plus besoin de collections, autorités et inventaires. » GERR., Phal., t. VII, p. 182. ; s

4. « Quisquis ille est, qui tibi persuadere conatur bibliographici operis omissionem, ex nostro certè sensu ut mollisimè dicam, minime loquitur. In re immensa, imo infinita, qualem hanc esse nemo diffitetur, nemo etiam urget perfectionem : et labor saltem progressus pro perfecto habetur….. De re tam manifestæ utilitatis miror illud cui bono ? vel quæri posse : quid ? an exiguæ utilitatis est bonum patrem familias inventarium, mercatorem libros negotia crudito. » Lettre à Spizel, 7 avril 1671. DüTEns, t. V, p.351. Il emploie le mot bibliographia en 1769. Foucher De careix, t. MED 227170; … 5. CRI mundus adhuc mille annos durabit, et tot libri, ut hodie, conscri- Fentur, vercor, ne e Bibliothecis integræ civitates fient. Sed incuria temporum et casus varii multas perdent. Opus itaque esset, ut e scriptoribus singularibus et archetypis, qui alios non excripserunt, Zcogæ Photianæ conficerentur, res memorabiles ipsis autorum verbis exponentes. Quænam autem res sint alicujus monmenti, non cuivis diversitatem ingeniorum et disciplinarum adjudicave licet. » FELLER, p.422. — «Salutare opus foret hodie, si a peritis judicibus ‘de «quoque libro ea duntaxat excerperentur, quibus autor thesaurum doctrinæ humanæ auxit, et majorum hæreditati aliquid adjecit. Ea una ratione mmensus Oceanus, quo aliter absorbebitur tandem humani generis curio-

recommandait-il de faire des bibliothèques de matières différentes (1). Il prônait la confection d'extraits de chaque livre original indiquant ee que l’auteur a ajouté au trésor des connaissances humaines (2).

En l’absence de tels travaux, 1! fallait des indications bibliographiques qui permissent à chacun d’utiliser le travail des autres (3), des inventaires et des tables servant de fil conducteur (4), tables alphabétiques ou de matières, générales ou particulières (5). Leibniz désivait vivement voir dresser des catalogues des bibliothèques (6), il “#Ooyait qu'un catalogue des ouvrages et de leurs éditions par ordre chronologique, depuis Je commencement de l'imprimerie jusqu’à l’époque contemporaine, serait une véritable histoire des sciences et des lettres : à défaut du travail entier, il souhaitait de le voir faire depuis le début du xvrre siècle (7). Il aurait voulu que l’on dressât un inventaire très exact des monuments de l'antiquité qui nous

sitas, in angustum aliquod fretum cogetur. Aliter enim, si sic pergitur, in tanta imprimendorum librorum facilitate aliquando non ædes, non plates, sed oppida integra vix bibliothecis sufficient. » Ann. Imp. 949, $ 16, t. IT, PAS 75 à

1. «Il serait bon de faire une brbliothéque des Auteurs qui ont écrit sur diffférentes matiéres, à l'exemple de la Bibliothéque des Péres, qu’on a faite en France, comme une Bibliothéque poétique, des choses qui regardent la chy: mie, l’œconomie et autres. » Leibnitiana, $ cLx1x. FELLer, p.221 (Durens, t. VE, p. 329).

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