‹ Leibniz HistorienChapitre 486 sur 854 · Lettre de 1697, citée pl. haut, p. 156, n · texte numérisé non relu

Lettre de 1697, citée pl. haut, p. 156, n

6. « Fidem non abnegandum puto: nam vidisse quædam, cælera & præsentibus audivisse se testatur. » SS. BB., t. IT, n° x1r, préf., p. 14.

7. « Henrici Leonis Pourtrait auss einem gleichzeitigen kürzlich ers! publicirten Italiänischen Autore, als testo oculari genommen ». Entw. der welf. Gesch. PerTz, t. IV, p. 252.

8. «lt Wandelbertus.. annotavit, ut testis.» « Translatio novissa in Saxoniam descripta est ab autore, qui se fert testem oculatum.» « Hæc Agnellus testis oculatus, quæ recitare operæ pretium putavi. » Nithardus, ut apparet, testis hæc refert. » Ann. Imp. 8314,$ 12, 836,$ 20, 838, 6, 842,615, t. I. p. 412, 461, 471 et 500.

plus eloigné de la verité originale, qui est dans la chose même (1)». Aussi, à défaut de témoins oculaires, s’efforce-t-il d'en avoir de contemporains (2). Lui-même estime fort les historiens qui ont participé aux événements, comme Flodoard (3), ou qui en ont été proches où contemporains comme Réginon et Ditmar (4). Il Opposera sans cesse le témoignage des écrivains anciens à celui des modernes (5), sachant que le jugement d’un seul ancien l'emporte sur le témoignage de tous ceux-ci (6). Cependant, dit-il, «on ne meprise pas toujours les auteurs postérieurs au temps, dont ils parlent, quand ce qu'ils rapportent est apparent d’ailleurs. Et il arrive quelques fois qu’ils conservent des morceaux, plus anciens », comme l’anonyme de Brunswick (7) ou Gervais de Tilbury (8).

Toutefois encore « un contemporain même ne mérite d’estre cru que principalement sur les evenemens publics; mais quand il parle des motifs, des secrets, des ressorts cachés et des choses disputables, comme par exemple des

4° Nouv” ESS, 1. IV, ch.-xvi,$ 29. GER. F Phil, t V, p. 448. &i

2. « Les critiques en matiere d’histoire ont grand egard aux tesmoins contemporains des choses. » Zbid. F

3. « Flodoardus... cui rebus æquali fidem habeo. » « Frodoardum non contemporaneum tantum, sed et participem rerum. » Ann. Imp. 928, $ 2, 942, $ 14, t. II, p. 384 et 510. Cf. pl. haut, p. 429, n. 4.

4. V. pl. haut, p. 430, notes 2 et.4 et : « Sed Ditmari pene spectatoris et rem minutatim narrantis auctoritatem præfero.» Ann. Imp. 9914, $ 5, t. III, p. 556; cf. 998, $ 15, p. 697.

5. P. ex. Ann. Imp. 774,$ 34, t. I, p. 55: « Autores sunt Henricus de Hervordia et annales Mindenses ; sed nihil tale veteres habent.» Id. 800, $ 6, D209% 810 /$06-7 in 260 0875 505712 p. 735 ; « Pliures illi uxores copulant recentiores, nulla veterum autoritate. » 899,4 8, £. II, p.181; « Hoc apud nullum veterum reperio ». 982,$ 9, t. LIL, p. 430. Réciproquement, une bulle de 963 est prouvée par un passage de Sigebert de Gembloux à l’année 773. Id. 774, $ 21,t. 1, p. 50-51.

6. «Vir veri studiosissimus nondum satis credulitaten erga recentiores exuerat, quorum ex arbitrio multa constituentium et se mutuo exscribentium, nubes untus veteris testimonio cedit ». Id. 992, $ 7,t. III, p. 574. Cf. « misero auxilio testimonium veterum ponderi numerum obiiciunt, recentiorum auro arenas; et mire triomphant, quoties varias opiniones enumerare possunt; vnde interdum medium eligant, quasi in pari iure suffragiorum; obliti, remotorum scriptorum testimonia nullius momenti esse. nisi anteriorum auctoritate nitantur, aut ex antiquioribus profecta credi possint. » Flores, $ 4, p. 301.

7. Nouv: Ess, 1. IV, ch. xvi, $ 19. Geur., Phül., t. V, p. 450.

8. SS. BB., t. IT, préf., fol. : v° (Durens, t. IV, part. 2, p. 33-34)

empoisonnemens, des assassinats » et surtout qu il « debite des medisances horribles », on doit être très réservé vis-à-vis de lui (1). Leibniz dtioene en effet, dans le témoin son caractère et les renseignements qu’il a eus ou qui lui ont fait défaut; l’un et l’autre peuvent être une occasion d'erreurs. Celles qui proviennent du caractère du témoin sont la partialité et la vénalité, comme chez Paul Jove, ou l'ambition de dire des choses grandes et singulières pour affecter la connaissance des affaires publiques, comme Scipion Dupleix, suivant la critique du maréchal de Bassompierre. Quant aux renseignements, peu d’historiens en obtiennent tels qu’ils les désireraient; obligés, le plus souvent, d'écrire d’après des témoignages étrangers,ils sont trompés par des relations malicieuses et intéressées. Rarement, surtout, l’on découvre les causes véritables; les hommes politiques eux-mêmes ne les distinguent pas exactement, bien qu'ils soient les mieux placés pour le faire (2). Leibniz sait aussi que les témoins sont sujets aux erreurs de mémoire et portés à faire de faux témoignages (3); c’est pourquoi, sans doute, il trouvait que la justice anglaise y avait trop égard (4).

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