Nouv. Ess., 1. IV, ch. xvi, $ 19. GEHR., p
2. «Tides autem quæ testi habenda est, ex animo ejus, et judicandi præsidiis aut impedimentis æstimari debet.… Porro animus fallendi in teste partim ex studio partium et venalitate nasci ut in Paulo Jovio; partim ex ambitione dicendi res magnas et singulares,affectato quodam ingentis politici supercilio, quod Marechallus.. Franciæ Bassompetræus rectè in Scipione Duplexio, Historiographio tum florente reprehendit peculiari libello. Quod ad Historiæ præsidia attinet,utique ex paucis suppeditantur ex voto....Cæterum qui aliena fide scribere cogantur sæpe decipiuntur à malignis aut occupatis relationibus.….. Equidem ita arbitror : causas veras raro subjici hominum oculis…. Sibi enim qui plurimis negotiis ab eo auctore descriptis interfuerit, comper tum esse quam $sæpe et quam graviter erraverit homo eruditissimus cujus tamen nec judicium nec industria, nec fidem in dubium vocari possit.…. Fatendum est tamen viros in actu rerum occupatos sæpe justissimam habere causam contemnendi scriptores umbraticos. Sed mirabilius est aliquando scriptorem egregium in illis etiam labi quæ ante pedes erat». Le citée pl. haut, p. 465, n. 3.
. «Difficilis et ambigua jurisdictio erat, cum pauca scriptis, pleraque ie agerentur, quorum et labilis memoria et obnixia sæpe fides.» Ann. Imp. 814, $-5, t. I, p. 294.
4. « Vos loix seroient excellentes, si vôtre Jurisprudence étoit moins attachée à la lettre, et si on y avoit un peu moins égard aux témoins. » Lettre à Th. Burnet, 17/27 juillet 1696. Geur., Phul., t. III, p. 183 (Durens, t. V, p. 238-9). Cf. pl. bas, p. 469, n. 7.
Quand le témoin est unique, il n’a de poids que par soimême et ne compte que pour un, quel que soit le nombre de ceux qui l'ont répété (1); ainsi l’histoire de Régulus, racontée par tant d’historiens, se ramène peut-être à un témoignage douteux (2). Dans ce cas, en bonne logique, on devrait douter du fait rapporté; mais cette attitude est très rare, même chez les grands historiens modernes (3), et Leibniz n'échappe pas à la règle: quand un fait est connu par un seul auteur, il ne lui reconnait ordinairement que plus de valeur (4). Et cependant, lui qui cite la règle testimonia numeranda (5), devait connaître l’adage juridique, testis anus, testis nullus; il est vrai qu’il ne l’a jamais appliqué.
Telle est la règle quand il n°y a qu’un témoin ; lorsqu'il y en à plusieurs ou plusieurs témoignages, il faut, non les compter mais les peser, e’est-à-dire chercher leur valeur respective (6). Plusieurs cas peuvent se présenter. Si les témoins sont libres et indépendants, et qu’ils s'accordent, le fait est établi (7). C’est le principe de la concordance,
1. «I est seur que lorsqu'on a un seul auteur de l’antiquité pour garant d’un fait, tous ceux qui l’ont copié n’y ajoutent aucun poids, ou plustost ne doivent estre comptés pour rien.» Mouv. -Ess., 1. IV, ch. xvx, $ 11. HEAR. Phrl NCA p. 450. « Exscriptores numerum tantum faciunt, » Flores, $ 18, p. 309. Cf. pl. haut, p. 467, n. 6.
2. « Multitudo tamen autorum per se non fidendum est, nam plerumque alter alterum exscribit.» Suit l'exemple de Regulus.Lettre à Eisenhard citée pl. haut, p. 465, n. 8. Cf. « Vita Magnæ Mathildis.… thesaurum continet præclaram notitiam nugis explosis, quas vulgo ex se mutuo transcribunt Historici. » Lettre à Magliabechi, janvier 1697. Durens, t. V, p. 117.