‹ Leibniz HistorienChapitre 57 sur 854 · Ritren, t. II, p · texte numérisé non relu

Ritren, t. II, p

8. CoururarT, p. 511. Leibniz l’a dit lui-même:«haereo ad Sisyphum histo-, riæ nostræ saxum ». Lettre à Kochansky citée plus haut, p. 40, n.2 bis.

mis à cette histoire. Ce fut, semble-t-il, dès le règne de Jean- Frédéric, peut-être à l’occasion du Cæsarinus Furstenerius.

Après avoir rejeté comme également fabuleuses les généalogies qui faisaient descendre la maison d’Este de G. Actius en Italie ou du saxon Witikind en Allemagne, Leibniz y déclarait que, d’après presque tous les écrivains allemands et italiens, Azon d’Este est la tige commune des maisons de Brunswick et d’Este (1) et affirmait que la première est la branche aînée et la seconde la cadette (2). Il rejetait ensuite comme peu établie l’origine lombarde de cette maison et relevait les calomnies dont elle avait été l’objet (3). Ce passage montre que Leibniz connaissait alors à fond les origines de la famille des Guelfes et avait un sens critique déjà très sûr. [Il semble donc bien qu'il se soit appliqué de lui-même à cette histoire, pour en débrouiller les origines (4); mais il était trop bon courtisan pour n’en pas parler à Jean-Frédérie. Un peu plus tard, en effet, Leibniz s’occupait en partie d'après les ordres du duc, de l’histoire de Brunswick et en faisait des recherches dans les archives (5).

1. « Atestina familia ultra omnem memoriam vetustate assurgit..….. Hujus originem Itali fere ad C. Actium quemdam Romanum retulere; Germani plerique ad Saxonem Witekundum : ambo potius consuetudinem Genealogistarum pessimam fingendi quidvis, quàm idonea argumenta secuti. Equidem illud constat inter omnes ferè Germanos pariter atque Italos scriptores Azonem Atestinum Henrici II. Caesaris tempore Brunsoico-Luneburgicæ atque Atestinæ Ferrariensis originem fuisse communem. » Cæsar. Furst., Chap. zu, Durens, t. IV, part. 3, p. 458.

2. « Est ergo Brunsoico-Luneburgensis domus familiæ Atestinæ caput, nam frater Guelphonis natu minor Azo in Italia Estenses propagavit.» Id., p. 454. CF. plus haut, p. 35, n.,6.

3. « Sunt docti viri qui asserunt Alestinam familiam Alboini Longobardorum Regis fortunam secutam, ducentis ante Carolum M. annis in [talia floruisse. Sed ab his testes idoneos exspectamus. » Rejet d’une opinion pontificale d'après laquelle les représentants mâles de la maison d’Este se seraient éteints dès la fin du xvit siècle et de celle d’un auteur déclarant « que le Duc de Modône est sorti d'un fils naturel de la maison d’Este, dont les princés de Brunswick et Lunebourg se disent estre les chefs. » Ibid.

4. « Mais quand je n’aurois jamais mis la main à la plume pour l'histoire de la Serenissime Maison de Bronsvic à laquelle je m'étois appliqué de mon propre mouvement, la voyant si mal menée par les auteurs.» Cf. lettre à George ICr, 18 décembre 1714. Dore, p. 97 (WEGELE, p. 626, n.1).

5. I écrit à Placcius, Sylloge, t. III, p. 45 ( Durens, t. VI, p. 22) dans une

Comment connaissait-il les prétendues origines des ducs de Brunswick ? Ce fut, croyons-nous, d’après l'ouvrage du généalogiste Bucelin. Gabriel Bucelin, né en 1599, à Diessenhofen en Suisse, d’abord moine bénédictin à Weingarten en Souabe, monastère fondé par les Guelfes, et finalement prévôt à Saint-Jean de Feldkirch dans le Vorarlberg (1), auteur de la Germania-topo-chrono-stemmatographia (1655- 1656) (2), contenant des annales allant de Clovis à 1654 où il était question entre autres d’Hildesheim et de Lunebourg (3), avait dédié avant 1669 (4) à Jean-Frédéric un ouvrage resté manuscrit, intitulé : Serenissimorum Potentissimorumque Brunsvicensium aitque Luneburgici Ducum et Principum allissima et probatissima… deductio. 11 y donnait la généalogie des ducs de Brunswick depuis Azon qu'il faisait venir lui-même de C. Attius ou Actius Balbus, aieul maternel de Jules César, et rattachait à Charlemagne par Lothaire IT, y indiquait parmi ses sources Aventin, Pigna, l’anonyme de Weingarten et différents documents, manuscrits et diplômes tirés de cette abbaye {5).

lettre malheureusement non datée (cf. BOoDERMANN, p. 222, n° 730). « Ego nunc quibusdam juris publici et historiarum nostrarum meditationtbus, ex mandato partim, occupor, eamque in rem archiva subinde inspicro. Incidi nuper in auream bullam, omnium, quas vidi, antiquissimam, Imperatoris Henrici IV. » 11 dit ensuite qu’il s’occupe beaucoup de la caractéritique, ce qui place la lettre en 1677-78 au plus tôt (cf. CosTurAT, Logique, p. 79-82 notes et Opusc., p. 673, table datée). Il décrit, d’ailleurs, au long ses occupations et envoie de l’argent à Placcius par un juif. C’est peut-être à cette lettre que répond son ami le 29 mai 1678 : « Quod occupationibus ascribo tuis..….Equidem heri de pecunia mihi..… solvenda mentionem fecit Weberus ». Sylloge, p. 31 (DuTENs, p. 16); à moins que ce ne soit à cette lettre que répond Placcius le 5 mars 1679 : « Responsum ad tuas, decimo septimo Septembris datas, jure mihi differe posse videbar » (Sylloge, D. 53; DuTens, p. 25) et en parlant de Sa Mauvaise santé pour laquelle Leibniz lui conseillait de changer d’air : la lettre du 17 septembre 1678 serait ainsi immédiatement postérieure au voyage de Hambourg.

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