‹ Leibniz HistorienChapitre 603 sur 854 · Id. 850, $ 12,t. I, p. 549; 994, $ 26, t. IIT, p · texte numérisé non relu

Id. 850, $ 12,t. I, p. 549; 994, $ 26, t. IIT, p

cours des temps qu’il étudiait, On peut, en effet, avec ses divers ouvrages historiques, reconstituer dans ses grandes lignes l’historiographie complète du moyen âge et des temps modernes (1). D’une manière générale, Leibniz s’est toujours plamt de l'absence d'esprit historique et surtout de sens critique des écrivains qu'il utilisait. Dans son grand ouvrage, il ne cesse de regretter la pauvreté des historiens du moyen âge (2), leur stérilité (3), lenfance et la brièveté de l’histoire (4), son manque de critique (5). Cependant, il y a des joyaux dans cette boue (6) et parfois certaines personnes, comme Abbon de Fleury (7), montrent un sens critique déjà remarquable.

Cette amélioration sensible est due en partie aux efforts de Charlemagne, qui a relevé les lettres (8); mais elle est surtout manifeste au xe siècle avec les Ottons, où l’Allemagne brille dans les lettres comme dans la politique d’un si vif éclat, tandis que la France est comme endormie et, depuis Flodoard, n’a plus d’historien ; que l’Italie, livrée aux mœurs infâmes, se complait dans la médisance et la salomnie avec un Luitprand ou dans les fables ridicules

1. Même celle de l’antiquité.V. pl. haut, p- 510, n. 5-6. Il signale dans ses notes que Rutilius Namantianus a été le dernier écrivain romain et Bède le premier historien saxon. Ms. XI18, 713 h, n° 76 et 32!

2. A propos des détails d’une expédition de Charlemagne en Wigmodie : « neque locum, neque modum nos scire patitur scriptorum jejunitas. » Ann. Jmp. 797,$ 1,t. 1, p. 192. . s

3. « Hæc fere de hoc anno suppeditant boni autores, historia mire sterilescente. » 1d. 908, $ 13, t. II, p: 207.

4. «Infantissimi quidem scriptores, sed nonnihil tamen adjuvantes ?n ea penuria historiæ. » Id. 918, $ 10, t. IT, p. 266. « Multa alia in eo conventu circa rem publicam Sacramque acta dubium non est, sed quæ brevitate, vel infantia Scriptorum ignorantur. » Id. 959, $ 13, t. II, p. 36 et 972, $ 17, p. 298. CF. exemples cités pl. loin, chap. v.

6. «Ita ex cœno ineptiarum margaritas historiæ legimus, promota deductione tantæ genealogiæ. » A propos des Habsbourg. 74. 869, $ 12, t. I, p. 680. 7. Id. 4008&,$ 27, t. III, p. 866.

8. «Itaque cum sub Pippino et Carolo rariores essentscripturæ, Ludovicus tabulis mandari decisa jussit, quas ipse non raro manu sua roboravit. Quapropter multa Ludovici, pauca Caroli diplomata habentur. Paulatim scilicet Literarum studia.invalescebant in populis, manifesto Carolinæ providentiæ fructu. Novus etiam imperator ecclesiis passim privilegia, præceptis manu sua signalis confirmavit. » Zd. 844 PRSAO At lp 29%-5;

avec un Domnizon (1). L'Allemagne, au contraire, a ses grands historiens : Witikind, Rhoswita, Ditmar (2); deux siècles après, Otton de Freisingen sait encore distinguer le vrai d'avec le faux (3). Aux xt et xive siècles, au . contraire, la chute de l'Empire, le triomphe de la Papauté et la domination des moines mendiants, qui exercent leur subtilité dans le droit canon et la scolastique, font abandonner les documents éprouvés: le goût du merveilleux domine et les historiens tombent dans l’étrangeté, comme Arnold de Lubeck en Allemagne, Gervais de Tilbury en Angleterre, et surtout Ptolémée de Lucques en Italie (4).

La Renaissance, qui marque un nouveau développement des lettres, n’est d’abord pas favorable à l'étude de l'histoire,

Les écrivains s’y attachent, à l'exemple des anciens, à écrire. en style élégant, sans s’appuver sur des documents (©) Peu à peu, le souci de la vérité l'emporte, par exemple chez

Aventin en Allemagne, Paul-Émile en France, Mariana

1. Id. 1002, $ 20, t. III, p. 802, cité par WE GELE, p. 647, n. 4. «Sterilescit Galliæ historia, Frodoardo cessante ». 1d. 966,$ 41, p. 209; f. 966, $ 13-14, p. 181. «Italia scriptore rcbus contemporanco HT cessante hic Luitprando, unico Italo ejus temporis historico.... Domnizo fabulator id circumstantiis rerum a suo tempore remotarum hoc loco fundus illis historiæ fuit, cui nova commenta pro arbitrio inædificarunt. Ptolamæus Lucensis aliique posteriores etiam deteriores fucre. » Zd. 957, $ 1, p. 18

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