Sur ce catalogue, v. FELLER, S. V. L., p
2. Lettre à du Cange, copie (Bibl. de l’Arsenal, ms. cité, fol. 18-19), du 6 janvier 1686, qui commence ainsi : « J’ai de grands remerciements à vous faire pour avoir receu le mémoire que vous avez communiqué à M. Brosseau pour servir de réponse à quelque billet que je lui avois envoyé touchant un certain point de genealogie. » On lit plus loin : « Je souhaiterois que vous puissiez encore employer quelque temps à cette matière, mais je n’ose presque point le temoigner. et ce seroit bien assez... si quelque savant de vos quartiers avoit le loisir d’etudier cette matiere en suivant vos directions et en profitant de vos lumieres. »
3. « Il faut parcourir toutes les anciennes chroniques d’Alemagne et de france... les conferer avec les titres qui sont copiez dans les histoires particulieres d'Italie, et ensuite en dresser des plans de généalogies pour voir si l’on n’y pourra pas attacher» Azon d’Este. « Et comme il est probable que le Marquis estoit de la mesme famille de la fameuse comtesse Mathilde, Il en faudrait faire la genealogie egalement sans s’arreter ny à Sigonius ny à Hieronymus Faletus, ny à Pigna et autres semblables sur lesquels on ne peut asseoir aucun fondement. » Leibniz a recopié textuellement cette dernière phrase dans un coupon. Ms. XIIB 713h , n° 353. « Il n’est pas aisé de demesler les familles auant que Les surnoms aient esté en usage, ce qui ne se peut faire que par la possession des titres, mais Je suis toujours persuadé qu'avec un peu d'application et d'etude on pourroit en decouvrir quelque chose, mais [l y en faut et du temps.» Lettre de du Cange (corr., fol. 1-2), 7 février 1686.
4. « D’apres certains diplômes cités par Francesco Maria Fiorentini; mais, il nous faudroit des preuves plus fortes. » Lettre du 17/27 février 1686. Bibl. de l’Arsenal, ms. cité, fol. 186. Original (extrait à Hanovre, Ms. XXIII 181, n° 85), au fol. 187 vo, se trouve un extrait, par du Cange, de documents con-
cernant AZOn. ,
faire sur les lieux des recherches relatives aux origines de la maison d’Este, en lui faisant espérer « quelques autres choses servans à ses autres recherches (1) ». Mabillon reçut ce mémoire à Rome et, étant sur le point de partir d'Italie, chargea de cette recherche « un habile religieux de son ordre (2) »; mais 1l semble qu’elle n’aboutit pas. Quant à du Cange, Leibniz essaya de le persuader de faire encore quelques nouvelles perquisitions (3); mais elles restèrent également sans résultats.
Tout en cherchant des éclaireissements en France, Leibniz, sur l’ordre d’Ernest-Auguste, demandait des renseignements en Allemagne.lis’adressa à Gaspard Sagittarius, qui avait succédé à Bose comme professeur d’histoire à Téna et s’occupait de l’histoire du Brunswick-Lunebourg (4). Il avait trouvé, lui disait-il, dans une chronique, qu’Azon, marquis de Monte Calim, avait épousé Cuniza, d’où étaient issus les marquis de Mantoue et se demandait si ce dernier nom n'était pas mis pour Ferrare; sachant que les princes d’Este avaient été seigneurs de Monselice et de Calaon, il proposait
1. « Puisque le R. P. Mabillon est en Italie personne au monde est plus propre que luy de nous éclaircir. Il règne dans cette sorte d'étude, il est sur les lieux, il a des connoissances et des amis, il est obligeant. Il est de l’ordre de Saint-Benoist, et c’est principalement des monumens des Eglises de cet ordre qu’on doit attendre ce qu’on cherche. Asseurement, Monsieur, si vous le pouvez disposer à prendre cette recherche à cœur, vous rendrés un service à 5. A. 5. qui en désire la poursuite, et le R. P. Mabillon, en nous faisant cette grâce n’obligera pas des ingrats..…..Je joins icy un mémoire qu’on pourroit envoyer à ce père.» Lettre à Brosseau, 17 février 1686. F. CHAMBON, p. 3. Le mémoire est peut-être la lettre s. d., d’une forme impersonnelle, Ms. X XIII, 181, n° 66.
2. Lettre de Brosseau, 2 septembre 1686. Foucner Dr Careiz, t. V, p.47. — Il s’agit sans doute de Ruinart, avec qui Leibniz fut, paraît-il, en relations (De BrocGuie, t. II, p. 268, d’après qui il « lui écrit comme à un homme dont l’avis mérite d’être entendu, et il le charge d’exposer divers points d’érudition à Mabillon, comme le meilleur intermédiaire qu’il pût choisir. ») Nous n’en avons trouvé aucune lettre à Hanovre, pas plus que de Leibniz dans la correspondance de Ruinart (Bibl. nat., ms. franç. 19.665-6). —— Brosseau devait encore consulter personnellement Mabillon sur la généalogie d’Este : lettre de Foucher, 28 décembre 1686. Gemn., Phül., t. II, p. 386. we
3. Lettre s. d. (postérieure à celle du 7 mars 1686 à Papebroch, citée plus bas, p. 58, n. 3, dont Leibniz indique les résultats à du Cange). Ms. XXIII, 481 n° 84. (Copie à l’Arsenal, ms. cité, fol. 187.)
&. WECELE, p. 595-6.
d'identifier ce dernier nom avee Monte Calim (1). Sagittarius prétendit ne pouvoir répondre, faute de documents, demanda à quelle date les princes portaient ces noms et Conseiila de rechercher des documents dans les monastères fondés par les Guelles et les Henris (2). Leibniz soumit aussi à Spener les questions qu'il avait déjà posées à du Cange, à Mabillon et à Papebroch (3); mais n’en obtint pas plus de lumière. Il questionna enfin Henri Meibom jeune, professeur d'histoire à l’Université de Helmstædt, ui soupçonna, d’après un ouvrage d'Aventin, qu’il s’agissait des marquis d’Asti et non d’Este (4).
Après s'être adressé vainement en France et en Allemagne, Leibniz essaya de tirer des renseignements de l'Italie et des Pays-Bas. Comme c'était dans la première qu'il trouverait la solution (5), il envoya à Magliabechi, le savant bibliothécaire de Florence, l'indication des diffi- Cultés qu’il rencontrait (6). En même temps, il expédiait une table généalogique au P. Papebroch (7), l’un des plus fameux Bollandistes et des initiateurs de la diplomatique (8). Depuis longtemps Leibniz avait essayé de se met-
1. Lettre à Knorr, s. d. (antérieure à celle de la note suivante). Corr. de Sagittarius, fol. 1. .
2. Lettre de Saggittarius (crer., fol. 2-8), 12 novembre 1685.