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V. pl. haut, p. 609, n

8. «Ses premiers mouvements n’etoient pas d'aimer la contradiction sur quoi que ce fût, mais il ne falait qu’attendre les seconds ». FONTENELLE. Eloge (Du-

faces des choses (1), il demandait de tous côtés des jugements et des objections et savait en profiter (2). D’une façon générale, il eût voulu restreindre la critique des personnes pour y opposer celle des idées (3); d’ailleurs, al avait l’esprit tellement vaste, si attaché aux divers aspects de la vérité et 41 naturellement optimiste, qu’il était rare que, dans un livre, 1l ne trouvât pas son compte, c’està-dire plus de quoi approuver que réfuter (4). I n’y a guère

TENS,t. I, p. Lit). Cf. « Ira est subita sed brevis. » KLopp, t. I, p. xLiv; « Facile effervescit quidem, sed ira, ut subita est, ita cito defervescit ». GUHRAUER, & I, Beil., p. 60 (FoucnEr pe Cargiz, Nouo. lettres, p. 389).

1. HôrrpiNG, Hustoire dela philo., t. T, p. 361. Cf. : « les demi-savans sont les plus emportés, mais ceux qui connoissent le fond des choses sçavent ordinairement les grandes difMicultés qu’il y a de part et d’autre ». Lettre au landgrave Ernest, s. d. (après le 1/11 juillet 1681). Rommez, t. 1, p. 299.

2. Lettres à Malebranche, 1er janvier 1700. A. f. G.d. Ph. N.F, t. XI, p. 319-20; à Hert, qu’il loue d’avoir changé d’opinion comme il l’a fait souvent lui-même, 25 février 1707. Zd., t. X, p. 377-8. « Contradicentes non aegrè fero; et si quid afferant speciosum et novis illustrationibus profuturum etiam laudo ». Lettre à Cuper, 19 septembre 1712. Ms. original. « Je me plais extrêmement aux objections des personnes ‘habiles et moderées, car je sens que cela me donne de nouvelles forces, comme dans la fable d’Antée terrassée ». Réponse aux objections de Bayle. Durens, t. II, p. 90. « J'ai toujours aimé les objections ingénieuses contre mes propres sentiments, et je ne les ai jamais examiné sans fruit. » Théod. Disc. préléminre. Genr., Phil. t. VI, p. 66. Il demandait, par exemple, des observations sur la Nova methodus à Bierling et à Kestner. Lettres des 19 avril 1712 et 197 novembre.1713. Durens,'t. V, p. 382 et t. IV,rpart. 3, p. 266. s

3. De même qu’il voulait faire l’histoire des idées et non des personnes, v. pl. haut, p. 351, n. 2 ot p. 352, n. 6. — I] désapprouvait la querelle de Winckelmann avec Tentzel à qui il écrivait : « Ich habe gegen'ihn, dessen ohngemeine Gelehresamkeit ich sonst hôchst schätze, vorlängst zu erkennen gegeben, dass fast man nicht circumspect und moderat genug sein kônne in examinandis et censendis aliorum sententiis, zumahl in ôfjentlichen Schriften, und dass man es nicht thun solle als mit solchen Bezeigungen, die den lectorem zu vergnügen auch einem vom autore besorgenden tort zu verhüten dienen kônnen. » $. d. BobEMANN, p. 390, n° 1006. Cf. « Mons. Ittichius a eu raison dans les fonds, mais je voudrôis qu’on eût pu eviter leclat et laigreur ». Lettre à Th. Burnot, 2 août 1704. Grnr., Phi, t. III, D 2907:

k. «Bien souvent je trouve qu’on a raison de tous cotés, quand on s'entend ; et je n’aime pas tant à refuter et à detruire, qu’à decouvrir quelque chose et à bâtir sur les fondemens déjà posés ». Lettre à Bossuet, 13 juillet 1692. Kzopp, &. VIT, p. 208 (Durens, t. [, p. 541). Dans la lettre à Chappuzeau (corr., fol, 3-4) du 12 Septembre 1692, il se déclare mauvais critique, préférant goûter ce qui est bon. «Outre que de plusieurs qui sont promts à la Censure on peut dire que ce sont laboris alieni judices inepti sed severi.» « Je suis prevenu contre les refutations et il faut qu’elles soient bien bonnes pour être passables. » ‘Lettre à Hertel, 16 juillet 1694. BurcxmaRD, t. IL, p.800: Plusieurs ne remarquent dans les livres que ce qu’ils croyent y pouvoir reprendre ; et moy, tout

que deux auteurs pour lesquels Leibniz semble s'être départi de cette règle : ce sont en philosophie Descartes, en droit et en histoire Pufendorf qu’il a, toute sa vie, amèrement eritiqués parce qu'il y voyait des rivaux de sa gloire et de sa situation (1). Son optimisme lui donnait une remarquable largeur d'esprit dans les jugements. Aussi s’efforçait-il de tout tourner en bien (2) et de prendre les idées dans un sens favorable plutôt que de les réfuter (3)

au contraire, je donne mon attention à ce qui me paroist le plus solide. » Lettre à Sophie, 3 septembre 1694. KropP, t. VII, p. 301. Cf. lettres à Morell, 16 décembre 1696. BODEMANN, p. 190, no 660; à Th. Burnet, 1/11 février 1697. Geur., Phï., t. III, p. 187 (Durexs, t. VI, p. 241); à Ritmeier, 19/29 mars 1697. Nozren, p. 370: à Grimarest, 4 juin 1712. KorTE., t. III, p. 325-6 (Durens, t. V, p. 65); à Placcius, 28 avril 4695. Sylloge, t. III, p. 117 (DuTens, t. VI, p. 53). « Nemo est ingenio mins, quam ego, censorio. Mirum dictu : probo pleraque, quæ lego, etiam apud alios, nedum apud te. Mihi enim gnaro, quàm variè res accipiuntur, plerumque inter lecendum occurrunt, quæ scriptores excusant aut defendunt. Ita rara sunt, quæ mihi legenti displiceant; etsi alia plus aliis displiceant. » Lettre au même, 21 février 1696. Id., p. 141 (Durens, p. 64). « Ego ingredientes stadium Litterariorum plausibus potius animandos, quam censuris morosioribus deterrendos censeo ». Lettre à Biel, du 3 septembre 1715 citée pl haut, p. 416, n. 2, et Leibnitiana, $ zxr et G1V. FELLER, p. 167 et 192 (Durens, t. VI, p. 305 et 316 }).

1. Sur ses idées touchant Descartes, v. pl. haut, p. 478, n. 3, et Bourz.- LIER, &. 11, p. 405.— Sur Pufendorf, v. pl. haut, p. 423, n. 10, p.149, n.%et p.370, n. 6.[] lui reprochait surtout de critiquer à l’excès :«8i quelque chose m’a deplu en lui,c’est qu’il prenoit lui-même trop de liberté à satiriser les autres. » Lettre à Cuneau, 28 février 1696. HarnacKk, t. I, P. 45, note 1. À propos des Anecdotes de Suède qu'il lui attribue, il écrivait de Pufendorf : « Comme il aimoit à médire, on ne doit pas toujours compter sur son ouvrage ». Lettre à Huet, 24 avril 1716. Burkhann, t. II, p. 344. Leibniz le lui a bien rendu : outre les passages cités pl. haut, p. 510, n. 4, v. lettre à Kestner, 21 août 1709, où on lit : « Pufendorfius Vir parum jurisconsultus et minimè Philosophus ». Kortn., t. I, p. 247 (Durexs, t. IV, part. 3, p. 261); à J. Thomasius, 2 septembre 1663. Gexr., Phil, t. I, p. 7 (Durens, t. IV, p. 20), où il l’accuse d’avoir copié Ehrard Weigel.

2. «Er sprach von jedermann Gutes, kehrte alles zum Besten und menagirte auch so gar seine Feinde.» Eckhart dans MUuRR, VII, p. 199. «Mon principe est de regarder toujours les gens de leur bon costé sans m’arrester à ce que les Critiques y veulent trouver à redire lorsque cela ne peut nuire à personne ». Lettre au landgrave Ernest, 20 /10 janvier 4688, Rommez, t. IT, p. 123. «Si je me trompe, j'aime toujours mieux me tromper à l'avantage qu’au desavantage des personnes. J'y cherche, non pas ce que j’y pourrois reprendre, mais ce qui y mérite d’être approuvé, et dont je pourrois profiter. Cette méthode n'est point la plus à la mode; mais elle est la plus équitable, et la plus utile. Cependant quoiqu'il y ait peu de personnes et peu de livres où je ne trouve quelque chose dont on pourroit profiter, je sai faire la différence qu’il faut, entre les uns et les autres, par rapport à la confiance. » Lettre à Remond, 29 juillet 1715. Genr., Phil, t. III, p. 649 (Du- TENS, t. V, p. 27).

3. « La plupart des doctrines reçues peuvent souffrir un bon sens »

Nous avons déjà vu quelles sont les conséquences de cet état d'esprit : le syncrétisme, la conciliation à outrance, l’optimisme en critique historique (1). Il en est de même dans les jugements que Leibniz porte en histoire (2). Il se dit lui-même plus porté aux apologies qu'aux détractions (3) et 1l réhabilite l'Empereur byzantin Michel, le Pape Jean X et Marozia contre les accusations de Luitpand (4), le x° siècle entier, surtout en Allemagne, contre les préventions générales des historiens (5).

Leibniz, croyant que la vérité est l’âme de l’histoire (6), attachait en histoire, comme partout (7), une Importance capitale à la sincérité; il la voulait absolue (8). Ilreprochait à Bossuct de manquer d’impartialité ct même de

Nouv. Ess., 1. {, ch. 11, $ 21-22. « Fateor libertatem generosam non esse Supprimendam, veritatisque majorem esse rationem habendam quam auctoritatis. Ego tamen ipse usu demum reperi, p'erumque rectius aliorum senten— tias in commodum sensum accipi, quàm refutari, et magis nunc cogitandum esse de proferendis scientiarum promæriis quàm de evertendis, quæ jam sunt structa ». Lettre à Kettwig, s. d. (1696). FezLEr, Mon. ined., VI. trim., p. 3814 (Durens, £. V, p. 569).

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