V: pl haut, p. 508, n
7. Lettre à Gehr. Meicr (corr., fol. 42-43), 31 décembre 1692. vita sinceritatem semper amavi ». Lettre à Lincker s. d. ( KLiopp, t. V, p. 15 (Durens, t. V, p. 214).
8. Il écrivait à propos de controverses : «il faut dire la vérité opportunè et
tmportunè dans les occasions suivant saint Paul: et au reste en laisser le soin
à Dicu, qui sçaura la conserver ». Lettre à Hertel, 22 novembre 1692. Burek- HARD, t. II, p. 319.
«In omni 1680 environ).
sincérité dans la façon dont il traitait l’histoire du protestantisme et lui opposait Seckendorf qui, selon lui, réunissait ces qualités (1), si rares en histoire ecclésiastique. Il opposait encore Seckendorf au P. Maimbourg et déclarait qu’il fallait dans l’histoire religieuse laisser à chacun son jugement, exiger de tout le monde la vérité quand il s'agissait de faits et utiliser surtout les ouvrages de ceux qui avaient montré du zèle et de la sincérité à réunir et à utiliser des documents (2). C’est pourquoi on devait toujours, d’après lui, jusque dans les références, rendre justice à ceux dont on s’inspirait (3).
Aussi Leibniz a-t-il recherché dans ses jugements l’impartialité (4). Bien des causes pouvaient lui faciliter la tâche : son propre esprit philosophique,si vasteet si mesuré,
4. « Je ne doute point que vous n’ayez fait l'effort dans l'Histoire des Variations, de rapporter seulement exactement les faits. Cependant votre ouvrage ne fait voir que quelques imperfections qu’on a remarquées dans ceux qui se sont meslés de la reforme; il semble que celuy de M. de Seckendorf estoit nécessaire pour les montrer aussi de leur bon costé. Il est vray qu'il ne dissimule pas les choses, que vous reprenez, et il me parait sincer et modéré pour l'ordinaire. » Lettre du 8/18 janvier 1692. Kzcopp, t. VII, p. 185. Il écrivait de même sur la réponse de Bossuet à Basnage, au landgrave de Hesse, le 27 novembre /9 décembre 1691 : «Il dit bien de bonnes choses, mais a l'adresse de dissimuler une infinité d’endroits de M. Basnage, qui pouvoient embarasser, et se retranche presque au seul point de larebellion et de la prise d’armes des sujets Protestans.... Mais il ne dit pas, que les Ligueurs n'ont gueres moins fait contre l'autorité Royale... M. de Seckendorf m'a fait présent d’un exemplaire de son excellent ouvrage sur l’histoire de la Réforme, où il y a une infinité de bonnes choses, et il faut avouer que le jugement, lerudition et la séncerité y paraissent également... luy-même aussi avoue souvent les faiblesses de Luther.» Rommez, t. II, p. 346-7. Il se plaignait aussi de l'absence de sincérité de Bossuet dans leur controverse au sujet de la réunion. Lettre à Antoine-Ulrich, 7/17 novembre 1698. KropPr, t. VII, p. LXXVI-VIt (reprod. Z. d. h. V. f. N. 1888, p. 121). REBELLIAU, qui loue, p. 124 et 465 ss., la sincérité de Bossuet dans l’histoire religieuse, rend dans son Bossuet, p. 117, justice à Leibniz.
2. « Judicium suum cuique relinquimus, fidem in actis gestisque exhibendis ab omnibus exigimus, et fruimur merito eorum opera, quibus et copia monumentorum et in utendo industria candorque fuere». Lettre à Papebroch (corr., fol. 32-33), 10 septembre 1696. Cf. à propos d’un synode de Jean XIII : « Placet ipsa acta integra.. subjicere, ne quid parti licet improbare detraxisse videamur. » Ann. Imp. 961, $ 3, t. III, p. 133.
3. «Il est bon de marquer le passage du bon auteur, et generalement de ne pas manquer de reconnoissance à l’egard de ceux, dont on a tiré profit » Lettre à Basnage, 12/22 septembre 1692. FeDER, p. 52.
4, V. la citation de W£eGeLe, p. 658, n. 8.
sa nature optimiste (1) et l’absence à peu près complète de préjugés. Leibniz, en effet, ne partageait pas la plupart de ceux qui régnaient de son temps, particulièrement en Allemagne : il n’admettait pas les démons (2), la sorcellerie (3), l'astrologie judiciaire (4), les arts divinatoires (5), l’alchimie (6), il s'élevait contre la vertu de la saignée (7). Il ne voyait dans le divorce (8) ou dans la polygamie (9) rien qui blessât la morale et savait comprendre l’héroïsme même dans les cas les plus spéciaux (10). Il n’y a guère que pour les miracles et pour la torture qu'il ait partagé les
1. Sa tendance aux apologies vient, d’après LANGE, p. 45 « quod omnia modo objectivo accuratissime et optime perspexit... Qui rem, quomodo sit, non quomodo esse debeat, judicat, qui omnibus conditionibus et rationibus justum habet respectum et vere et non severe necessario judicio. Talis igitur mollities, quæ nascitur ex vera omnium contemplatione, non ex animo nimis miti, quæ historiæ injuria et detrimentum infertur, ei propria est, qui objectivè historiam Perscrutatur.Qui nimis austere et amare omnia dijudicatur, se suis foretum rationibus neque Satis veritate nisum historiam conspiscere demonstrat ». A Leibniz, Lange oppose Gervinus.
2. Lettre s. d. n. a. «sur la Conversation de Dee avec les esprits, rapportée par Casaubon ». Anecdota Boineburgica, n° 463 (Durens, t. V, p. 565). Par suite, il ne .craignait pas de demeurer à Herrenhausen dans une chambre qui passait pour hantée. Lettre citée pl. haut, p. 211, n..18.
3. En partie d’après les conversations qu’il avaït eues avec le P. Spée, jésuite de Basse-Allemagne. V. Boneman N; Briefwechsel, p. 105 et Handschriften, p. 8-9 et sur le P. Spee, Chr. Prisrsr, Vicolus Remy et la ‘sorcellerie en Lorraine à la fin du xvre siècle: Paris,1907, p. 29, n. 4. Voirie chapitre intitulé «Leibniz als Bekämpfer der Hexenprozesse » dans GRoOTE, p. 209-36,
4. «Je ne méprise presque rien (excepté l’Astrologie judiciaire et autres tromperies semblables). » Lettre à Bourguet, 3 janvier 17414. Gexr, Phu., t. II, p. 562 (Durens, t. VI, p. 211)
5. C£. lettre à Behrens (corr., fol. 94-95), 21 janvier 1698 et surtout Leibnitiana, $ XCVIII-1x. FELLER, p. 186-8 (Durens, t. VI, p. 314-5).
6. «A l'égard de PAlchymie le meilleurest de s'en garder. Car l'apparence de réussir est moins qu’à cent mille. Je ne voudrois pas qu’on la discrédität entièrement, parce que nous devons à cette imagination une foule de belles réalités ». Lettre à Block, 29 août 1699. FEDER, p. 367, notes.