V. pl. haut, p. 536 ss
2. La question est assez complexe. Dans la Nova Meth. pars 11, $ 26, Durens, t. IV, part. 3, p. 26, il écrit : «In materia torituræ hanc mihi generalem regulam concipio. Omnis et solus qui condamnaretur rebus sic stantibus si causa esset civilis, ile in causa criminalr est torquendus. Quia in causa criminali nemo condamnatur, nisi confessus ». Dans le passage cité pl. haut, p. 469, n. 7, dans une lettre à Tentzel du 1e octobre 16983, où il dit queles témoignages arrachés par la torture ne prouvent rien, et dans une lettre à Werlof du 413 août 1696 (BonEmann, p. 384-5), il semble la condamner nettement. IH écrit à Bossuet, le 8 janvier 1692 : « Rien n’est sujet à de plus grands abus, que la torture des criminels; cependant on auroit bien de la peine à s’en passer entiérement. » KLopp, t. VII, p. 187 (Durens, t. I, p. 525)..Il écrit, à propos du jugement par l’eau du moyen Âge : « Superest in tortura aliquid hodie cognatum judiciis illis, et vix excusari potest, nisi cum gravissima suspicione reus laborat, neque Successus eculei pro argumento, sed pro via ad argumenta veritatis haberi debet; modo scilicet res tanti sit, ut fas sit ad veritatem grassari etiam periculo innocentis.[taque tortura Romanis quæstio appellabatur, quia inquisitionis, non argumenti genus erat; neque id ab illis spectatum est, ut factum fateretur tortus, sed ut confessioni adderet, quæ novam rei lucem afferent : quodnisi obtineretur, quæstio causam non mutebat». Ann. Imp. 829, $ 13, t. I, p. 389. Peut-être aussi Leibniz l’admettait-il parce qu’elle était d’origine romaine, tandis qu’il trouvait absurde le wehrgeld et d’autres coutumes germaniques. d. 821, $ 13, p. 336. Cependant en 889, $ 12, t. II, p. 110, il la condamne résolument en lappelant «barbarus mos ».
3. LANGE, v. pl. haut, p. 630, n. 1 et Picuzer, t. 1, p. 56 et 58. KLopp, t. III, p. xxxr, montre avec raison que le récit d’une violation du droit des gens par les Impériaux est «une preuve de la haute moralité» comme historien de Leibniz qui « donne le jugement le plus objeetif sur cette affaire ».
&. Lévy-Brüaz, p. 15-16:
5. « Pourveu qu’il se fasse quelque chose de consequence, je suis indifferent que cela se fasse en Allemagne ou en France, car je souhaite le bien du genre humain ; je ne suis pas gen Où œguhopouaæios, mais os avbpwmoc. » Lettre à des Billettes, 11/24 octobre 1697. Genr,, Phil, t. VIL, p. 456. Cf. à propos de la Société des sciences de Berlin : « Vides enim non tam nostram aut Brandeburgicam quam generis humani rem agi». Lettre à Varignon, 6 septembre 1700. Grr., Phrl., t. IT, p. 211. Leibniz a toujours parlé de son goût pour le bien général plutôt que pour son intérêt particulier. Lettres à Habbeus de Lichtenstein s. d. (avril 4673). Kzopr, t III, p. 226; à Placcius, 4696. Durens, t. VI, p. 64; à Th. Burnet,s. d. (1698), Geur., Phi, t. III, p. 221; à Ferdinand de Médicis, 20/30 septembre 1699,
dément allemand et patriote (1); là encore il connaissait le mot et la chose (2). Lui qui essayait de relever sa patrie, de la protéger contre Louis XIV et de l’émanciper de l’influence française (3), qui, dans ses publications historiques
et dans un grand ouvrage songea toujours au bien de l’Alle- |
magne et aux droits de l'Empire (4), a dû naturellement écrire une œuvre avant tout germanique et impériale; bien plus, il eût été difficile que, dans un cuvrage entrepris à la gloire de la maison de Brunswick, il ne se montrât résolument guelfe, malgré ses protestations et ses réels efforts d’impartialité (5).
Si Leibniz était allemand, il était aussi foncièrement
protestant (6); ce sont des motifs de religion seuls qui l’a-
vaient empêché de s’établir en France; scn prétendu catholicisme est une chimère, appuyée sur le Systema thec-
logicum mal compris (7). Toute sa correspondance avee
Bossüet respire en quelque sorte le protestantisme et,
A, st. it. N.s:,t. IV, p. 47; à Urbich, 3 janvier 1708. Guerrier, p. 203 et 208, Cf. «Il n’est pas necessaire qu’on vive, mais il est necessaire qu’on travaille et qu’on fasse son devoir. » Lettre à Grote, 20/30 décembre 1688. Kiopr, t. V,-p. 4926.
1. V.surtout E. PrLeiperege. Cf. LÉvy-Brüuz, p. 10, 15-16 ‘et HarnacKx, t. I, p. 18-19.
2. À propos du traité de Ryswick, il écrivait à Hortense Mauro, le 5 novembre 1697 : « Mr. Goriz de Cassel disoit en bon Allemand ou en bon patriote qu'il ne tireroit pas un p.…. seulement pour l’amour de cette belle paix ». Kzopp, t. VIII, p. 40.V: encore ce mot dans une lettre à Charles VI, s. d. (fin mars 1713). 4. f. üst. Gesch., t. XL, P. 224; BODEMANN, Handschriften, p. 194 et PFLEIDERER, Leibniz als Verfasser, p. 4 en allemand et n° x1 en français.