‹ Leibniz HistorienChapitre 680 sur 854 · V. pl. haut, p. 670, n. 1 et Coururar, p.263 et 267, n · texte numérisé non relu

V. pl. haut, p. 670, n. 1 et Coururar, p.263 et 267, n

5. Th. Risor, l’Hérédité psychologique, 2° édon, 1882, p. 412; cf. pl. loin, P. 394$. à propos du déterminisme.

6. « Je suis tout À fait persuadé de cette Maxime : Maturam COgnosci per Analogiam. Et surtout je voudrois qu’on y pût trouver ce que j'appelle : Series, un ordre, une progression, qui est le resultat de plusieurs analogies Ou comparaisons. Lorsqu'on est venu ad series où à des garans de la vérité et le proces est gagné. Comme lorsqu'on trouve des series in numeris, » Lettre à Thévenot {corr., fol. 13-14), 24 août 1691.

2. (La production de tous los globes de Punivers en un moment … seroit un etrange ex abrupto ot fort contraire au grand principe dela raison suffisante ». Lettre à Bourguet s. d, (entre le 14 avril et le 42 juillet 4714). Ms. XXIIT, 23 a, no 46.

8. «Non concedendum quidem est... in prima creatione omnes fructus, arbros, plantas, animalia præsentia fuisse; admitti vero potest, viventia tune jam fuisse, à quibus Præsentia (attamen non sine multis mutationibus, et præformationibus) fuerint exorta ». Pensées de 1745. Dürens, t. V, p. 491. CF. à propos des fossiles de Brunswick et de Tonna, lettres à Sophie, 5 juillet 1692. Kooep, t. VIT, P- 202, et à Th. Burnet, 17/27 juillet 1696. Geun., t. III, P: 187 (Durens, t. VE, P. 239) ; et sur la géologie, lettre à Foucher, mai 1687, citée pl. haut, p: 108; n, 8.

sivement la formation de l'écorce terrestre et des êtres qui l'ont couverte, plus ou moins semblables à ceux qui lhabitent aujou-d'hui; en un mot, qu’il fonde à la fois la minéralogie et la géologie (1). C’est toujours d’après la même loi, qu'il eroit que la génération des animaux « doit avoir de l’analogie avec celle des plantes (2h et qu'il existe une continuité ininterrompue entre tous les êtres des trois règnes de la nature, sans qu’on puisse établir entre eux de démareation nette, qu'il affirme et déclare nécessaire l'existence des zoophytes (3) et croit possible celle des mierobes, comme des infiniment petits (4). Bien plus,

1.V. pl. haut, p. 108, ct pl. bas dans ce chapitre .Ces théories n’ont été définitivement acquises en géologie que depuis les Eléments de Lyrzz (1830- 1833), qui a substitué aux cataclysmes ou révolutions du globe l'effet des causes actuelles par évolution.

2. Lettre à Bourguet, 22 mars 1714. GEuR,, t. LIL, p. 564-5 (Durens, t. VI, p- 243):

3. A la suite du passage cité pl. haut, p. 670, n. 3, il écrit : « il est necessaire que tous les ordres des Etres naturels ne forment qu’une seule chaîne, dans laquelle les différentes classes, comme autant d’anneaux, tiennent si étroitement les unes aux autres, qu’il est impossible aux sens et à l'imagination, de fixer précisément le point, où quelqu'un commence, ou finit : toutes les espèces, qui bordent ou qui occupent, pour ainsi dire, les régions d’inflexion et de rebroussemrent, devant être équivoques et doués de charactères, qui peuvent se rapporter aux espèces voisines également. Ainsi l'existence de Zoophytes, par exemple. n’a rien de monstrucux, mais il est même convenable à l’ordre de la Nature, qu’il y en ait. Et telle est la force du principe de continuité chez moi, que non seulement je ne serois point étonné d’apprendre, qu’on eût trouvé des Etres, qui par rapport à plusieurs propriétés par exemple celles de se nourrir, ou de se multiplier, puissent passer pour des végétaux à aussi bon droit que pour des animaux, et qui renversassent les régles contmunes, bâties sur la separation parfaite et absolue des differents ordres des Etres simultanés qui remplissent l'univers; j’en serois si peu étonné, dis-je, que même je suis convaincu qu'il doit y [en] avoir de tels, que l'Histoire naturelle parviendra peut-être à les connaître. un jour quand elle aura etudié davantage cette infinité d’'Etres vivans, que leur petitesse dérobe aux observations communes et qui se trouvent cachés dans les entrailles de la terre et dans l’abime des eaux. Nous n’observons que depuis hier, comment serions nous fondés à nier ce que nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir? » Cf: Nouv. Ess., 1. III, ch. vi, $ 12, Geur., t. V, p. 285. Ce sont là les idées des naturalistes modernes. Cf. N. MIcHAUT, p. 41%44-6; extrait de lEloge de Blainville par FLourens dans FOUCHER DE Caretz, Now. lettres, p. 432. Déjà, au xvre siècle, le français Belon avait vu que tous les êtres formaient une série. Nowurrisson, p. 467; ce fut le genevois Ch. Bonnet, « disciple de Leibniz », qui introduisit la loi de continuité dans les sciences naturelles. FOUCHER pe Cart, Mémoire, t. II, p. 278. De même Linné appliquait le principe «natura non facit saltus » Th. Ribot, o. c.

4. Lettre ci-dessus et Observations sur une lettre de Hartsoecker du 4 octo

il pense que tous les êtres existant, même les monstres, sont dans l’ordre (1). A ses yeux, une maladie est dans son développement comme un organisme vivant (2). On peut encore considérer comme des applications de la loi de eontinuité le fait que Leibniz conseillait les remèdes qui aident doucement la nature sans la brusquer, surtout quand ils se confondent avec les aliments (3); d’une façon générale, il croyait qu’on devait ménager son corps pour lui faire rendre davantage et le faire du’er plus longtemps (4).

La loi de continuité n’a pas de moindres conséquences dans les sciences morales. Elle domine toute la psychologie leibnitienne. Le philosophe y a en effet introduit la théorie des « petites perceptions », qui sont l’infiniment petit de l'âme et y établissent la continuité (5). Cette théorie, qu’on à cru pouvoir rattacher à Montaigne (6), est formulée dans l’avani-propos des Nouveaux Essais sur l’entendement humain, où Leibniz rattache lui-même les petites perceptions à la loi de continuité. La théorie domine, d’ailleurs,

bre 1706 GEHR., & II p.492. T1 a également ouvert la voie à la théorie des cellules. Du Bois REYmonp, art. cité, p. 389.

1. Nouv. Ess., 1. IIT, ch. vr, $ 14. Geoffroy Saint-Hilaire devait démontrer que les monstres sont des êtres normaux. NourRissoNw, p. 468.

2. «Je sais qu'une maladie est comme une plante ou un animal, qu’elle demande une histoire à part ». Nouv. Ess., 1. IV, ch. vir, $ 29. Au xvrrre siècle, Stahl ct plusieurs médecins allemands devaient appliquer ces vues. Foucuer DE CAR&IL, Mouv. leltres, p. 434. — Stah] avoit été le correspondant de Leibniz (BoDEMANN, p. 310-15, n° 899). V. les remarques de Leibniz sur les théories médicales de Stahl. Durens, t. II, part. 2, p:131-61.

3. « Pour le corps il ne faut pas aisement user de remedes qui violentent la nature; c’est pourquoy je voudrois prendre des nourritures doucement aperitives, comme sont los pruneaux. je crois que dans les incommodités de longue haleine, la nourriture peut faire l’effect de la medecine et mieux que la medecine même ». Lettre à Th. Burnet, 20 /30 janvier 1699. GEuHR., Phil, t. III, p. 252. Aux remèdes violents, il oppose la diète, moyen naturel. Lettres à Jean Bernoulli, 2 mai ct 6 juin 1704. Com. ep. Bern., t. IT, p. 114 et 117 (Geur., Math., t. IIL2, p..749 ot 752). Cf. lettre à Papin, 17 juillet 1704. GERLAND, p. 822-3.

k. « Cest un paradoxe mais veritable qu'on peut faire d'avantage en faisant moins.Car c’est le moyen de continuer plus longtemps.» Lettre à l’'Hospital, 3/13 octobre 1697. GEnr., Math., t. LT p#328"

5. Edons, des Nouv. Ess. de BouTroux, p.14, de LacneLter, p- 35 et 51: Cf. HôrrniNG, Psychologie, p. 105 et Hist. de la Philo., p. 379-80. ‘

6. A.f. G. d. Ph., t. II, p.470-1. I s’agit du l. IT, chap. x1v, intitulé :« Comment nostre esprit s’empesche Soy-mesmes », où on peut voir plutôt le principe des indiscernables.

tout l'ouvrage comme la psychologie de Leibniz (1). Elle y explique les perceptions claires et importantes (2), aussi bien que celles qui sont obscures et plus ou moins inconscientes (3), le sommeil et les états anormaux de l’âme où elles prédominent, la mémoire et l'oubli (4), le plaisir et la douleux (5), tous nos sentiments et toutes nos habitudes (6), la présence et l'absence de déterminations réfléchies (7), la formation successive des erreurs (8), les perceptions sensibles (9), la suite de nos pensées(10) et la constitution denotre personnalité (11), le charme dela musique (12) et,en général, le goûtet le plaisir esthétique(13); ce

1. « Ce qui est remarquable doit être composé de parties qui ne le sont pas; rien ne sauroit naître tout d’un coup, la pensée non plus que le mouvement. » Nouo Ess., 1. II, ch: x, $ 18.

2. « Et tout cela fait bien juger que les perceptions remarquables viennent par degrés de celles qui sont trop petites pour être remarquées ». Plus loin, Leibniz en tire le principe des indiscernables.

3. « Sentio in confusis nostris cogitationibus multa inesse quorum consceit non sumus, quoniam confusa cogitatio ex innumeribus perceptionibus extguis, ques ob multitudinem distinguere non licet, etst earum resultatum agnoscamus ». Lettre à Ch. Wolf, 20 août 1705. GEHRARD, p. 32.

4. « Goes prescriptions insensibles marquent encore et constituent le même individu qui est caractérisé par les traces ou expressions qu’elles conservent des états précédents de cet individu, en faisant la connexion avec son état présent... elles font aussi que la mort ne saurait être qu’un sommeil ». Nouv. ÆEss., Avt-propos. V. surtout Considerations sur la doctrine d’un Esprit Unisersel Unique, 1702. GER. t. VI, p. 534. De là les conséquences mnémoniques et pédagogiques indiquées pl. haut, p. 382, n. 2 à 4.

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